PROGRÈS DE LA LIRERTÉ EN FRANCE
8 octobre 1851.
On lit dans le dernier numéro du Recueil des actes administratifs de la préfecture de Loir-et-Cher :
Aux sous-préfets, maires et capitaine Je gendarmerie du déparlement.
a Messieurs,
» Je suis informé que beaucoup d'individus voyagent sans passeports, et que d'autres, ouvriers sans ouvrage et indigents, n'ont, le plus souvent, d'auti-e titre qu'un livret, assez généralement peu régulier... Vous ne devez pas perdre de vue que la loi du 22 germinal an XI, l'arrêté du 19 frimaire an XII et la circulaire ministérielle du 10 janvier 1818, imposent à tous les citoyens l'obligation de se munir d'un passeport lorsqu'ils veulent voyager ; la possession d'un livret ne suffit pas pour mettre ces ouvriers en règle.
» L'art. 6 de la loi du 20 vendémiaire an IV permet à l'autorité d'ecrouer et de détenir administrativement , pendant vingt JOURS, les individus qui voyagent sans passeport. Cet article de loi n'a pas été abrogé; il vous arme d'un droit que je vous invile à exercer chaque fois que vous le JUGEKEZ NÉCESSAIRE, dans l'intérêt de la sécurité publique.
» Je recommande à votre plus active surveillance l'objet de la présenta circulaire. — h. sohier. »
M. Suhier est l'ancien préfel de la Creuse, protégé par M. Dufaure, qui faisait couvrir les murs de la ville de Bourganeuf d'affiches en faveur de la candidature du général (^avaignac! La candidature de M. L.-N. Bonapai'te n'avait pas d'adversaire plus déclaré et plus ardent.
M. Sùhier entend la liberté de circulation comme il entendait la liberté du vote.
Si des préfets tels que MM. Soliier et d'intolérants républicains de la veille avaient entrepris de réhabiliter la llestauration de 1815 et la Monarchie de 1830, on se demande ce qu'ils feraient de plus et de difléreni !