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21 novembre 1851.
Sous ce titre : le vote des ciénéraux, le Constitutionnel piililie un nrticlc duquel il résulte que, dans le vote du 17 novenibi-e I80I, sur vingt-cinq ofiicicrsqui y ont pris part, il y en a huit qui ont volé pour la proposi4ion des questeurs, et que sur ces huit il y en a quatre qui ont tenu une conduite diamétralement contraire à la conviction que leur dernier vole semblait indiquer.
Je laisse parler le Constitutionnel :
« Ni M. Cavaignac, ni M. de Lamoricicre , ni M. Changarnier, n'ont voulu admettre en pi-atique que le président de l'Assemblée ou un de ses délégués eût le droit de requérir directement les troupes.
B Parlons d'aboi-d de M. Cavaignac. Dans les jours qui suivirent le 15 mai, BI. Baraguey-d'Hilliers avait été nommé commandant des troupes chargées de veiller sur la sûreté de l'Assemblée. Peu de jours après, il vient donner sa démission devant l'Assemblée. Pourquoi ? Parce que M. le général Cavaignac, alors ministre de la guerre, avait voulu concentrer le commandement entre ses mainfs, et refusait au général Baragueyd'Hilliers le droit de réquisition directe. C'était alors le militaire qui agissait. Dans la séance d'avant-hier, c'est l'homme de parti qui a voté.
» Passons à M. le général de Lamoricière. — M. le général Lebreton avait été nommé par l'Assemblée pour veiller à sa défense. A peine en fonctions, il vient également offrir sa démission à l'Assemblée. Pourquoi ? Parce que ]\I. le général de Lamoricière, alors ministre de la guerre, avait refusé de reconnaître aux questeurs de l'Assemblée le droit de réquisition directe, et était venu lui-même, dijns un jour d'agitation, s'établir, avec sou état-major, dans l'intérieur de l'Assemblée pour y assurer l'unité du commandement et prévenir ainsi la contrariété des ordres. — Quand le général de Lamoricière procédait ainsi, c'était le militaire qui agissait. Dans la séance d'avant-hier, c'est l'homme de parti qu' a voté.
» Arrivons enfin àrM. le général Changarnier. — Mais les faits sont trop connus. On sait que M. le général Forest désobéit à la réquisition directe de M. Marrast qui lui demandait deux bataillons ; que cette désobéissance lui était commandée par son général en chef; que M. Changarnier avait même intimé cet ordre de désobéissance au général Forest, dans une lettre restée célèbre par l'irrévérence de ses termes envers celui à qui la Constituante avait plusieurs fois déféré l'honneur de la présider, et qui la présidait fort bien. Ainsi, non-seulement M. Changarniin- méprisait le
décret de 1848, mais il exprimait ce mépris avec des formes peu convenables à l'égard d'un représentant qui, comme président de l'Assemblée, était au moins son égal par la position, et qui lui était supérieur par l'esprit. Mais l'inconvenance des formes n'est ici qu'un accessoire. Reste que le général Changarnier regardait la réquisition directe comme un principe mortel pour l'armée, et il se conduisait en conséquence de cette opinion. Alors c'était le militaire qui agissait, on pourrait même dire l'homme de corps de garde qui écrivait. Dans la séance d'avant-hier, c'est l'homme de parti qui a voté.
» ^Quant au général Letlô, il a remplacé dans la questure M. le général Lebreton, parce que ce dernier avait voulu soutenir le di'oit de réquisition directe. M. le général Leflô était donc alors contre ce droit. Mais c'était comme militaire. Dans la séance d'avant-hier, c'est aussi l'homme de parti qui a voté. »
Le Constitutionnel fait remarquer avec raison que le vole politique de MM. Cavaignac, Changarnier et Leflô est en contradiction avec leur conduite militaire; mais, pour être impartial, le Constitutionnel aurait dû faire remarquer que la même contradiction, en sens contraire, existe de la part de MM. Baraguey-d'Hilliers et Lebreton.
Pour être conséquents les uns et les autres, MM. Baraguey-d'Hilliers et Lebreton auraient dû voler pour la proposition des questeurs, et MM. Leflô, Changarnier et Cavaignac auraient dû voter contre.
De cette double inconséquence, en sens opposé, je tire cet enseignement : qu'il ne faut jamais sacrifier les principes aux considérations
Le 17 novembre 1851 , ce sont les considérati(nis qui ont été sacrifiées aux principes.
Si le principe a triomphé, ce triomphe est dû à l'Opposition, qui s'est montrée, en cette circonstance, gouvernementale et démocratique.
Nous avons cité le discours prononcé, le 20 mai 18i8, par M. le général Cavaignac; nous complétons celte revue ré-
trospective par les deux citations qu'on va lire : la première relative au général Changarnier, la seconde relative au général de Lamoricière.
Le 10 mai 1849, M. Armand Marrasl. président de l'Assemblée constituante, expose en ces termes a l'Assemblée que le droit de réquisition directe a été nié aux questeurs par le général Changarnier :
« i,E CITOYEN pkésident: Ainsi quejel'annonçais tout à l'heure à l'Assemblée, je suis obligé de l'entretenir d'un fait d'une nature gravu dont elle doit avoir connaissance. Hier, pendant la séance, sur la demande d'un grand nombre de représentants, j'ai cru devoir requérir le général commandant la brigade des Invalides de renforcer la garde de l'Assemblée nationale de deux bataillons. J'avais prié M. le général Lebreîon de faire cette réquisition en mon nom.
» M. le général Lebreton adressa, en effet, immédiatement à ce général la réquisition suivante :
" En vertu du décret du 11 mai lSi8 et de l'arrêté pris le 29 janvier dernier pur le président de l'Assemblée nationale, conformément aux articles 85 et 86 de son règlement,
» Le général Lebreton, questeur de 1 Assemblée nationale, invite M. le général Forest à mettre 'a sa disposition deux bataillons de troupe» placés sous ses ordres.
)i Au palais de l'Assemblée nationale, ce 9 mai 1819.
» Le général questeur de l'Assemblée nationale,