SOCIÉTÉS SECRÈTES ET RÉVOLUTIONS PÉRIODIQUES
9 avril 1852.
Le Constitutionnel et VUnion se livrent aux mêmes réflexions à l'occasion de la condamnation du parricide Richer, affilié à une société secrète.
Tout criminel est un démagogue.
Tout démagogue est un démocrate.
Tout démocrate est un républicain.
Telle est la conclusion de ces deux journaux.
La nôtre est différente ; nous disons :
Tout criminel est un criminel ;
Tout démagogue est un démagogue;
Tout démocrate est un démocrate;
Tout républicain est un républicain.
C'est parce que nous avons toujours été hautement contre les sociétés secrètes que conséquemment nous avons toujours été pour le droit public de discussion et de réunion.
En 1849, 1850 et I80I , on a supprimé la liberté de réunion : a-t-on supprimé les sociétés secrètes ?
14 avril 1852.
Le Pays publie le programme de la ligue américaine pour révolutionner VEurope, programme déjà réimprimé par le Constitutionnel. Assez et trop de programmes de ce geni'e ont été rédigés et distribués. On ferait mieux d'en publier moins et d'étudier plus, afin de n'être pas de nouveau exposé au risque de ne savoir comment, le lendemain, diriger la révolution qu'on a déchaînée la veille. L'expérience l'atteste : ceux qui poussent ainsi aux révolutions ne travaillent point pour la délivrance des peujjles éclairés ; ils travaillent pour le raffermissement des gouvernements ébranlés.
3 juillet 1852.
Tout complot est une tentative que le mot stupide peut seul qualifier exactement. Tout complot, quelle qu'en soit l'origine, ne peut être, en effet, qu'un complot contre-démocratique. Quel est le complot dont la Liberté n'ait pas payé les frais? Pauvre et chère Liberté, tu payes pour tout le monde! Tu payes pour les fautes de tous les pouvoirs et pour les écarts de toutes les révolutions! Tu payes pour ceux qui te repoussent sans te connaître et pour ceux qui t'invoquent sans te comprendre !
18 avril 1852.
Avant tout, il faut être conséquent. Après l'acte du 2 décembre 1831, il n'y avait, en matière de presse périodique, qu'une seule loi juste et possible, réparatrice et non révolutionnaire, à rédiger; c'était le décret suivant :
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Tous les journaux français assujétis au cautionnement cesseront d'exister.
Ils sont expropriés pour cause d'utilité publique.
A ce titre, le prix de la propriété en sera remboursé et payé à raison de dix fois le revenu moyen, calculé sur les dernières années, en i-emontant, s'il y a lieu, jusqu'à la quatrième année, et authentiquement établi par des livres de commerce réguliers.