‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 5)Chapitre 149 sur 231 · SS · texte numérisé non relu

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pas à celui d'hier. Celle aUenle u été trompée. Le Moniteur n'avait rien promis, il a tout tenu. II n'y a de plus que 72fr. de moins (40 fr. au lieu de 112 francs).

Mais qu'y a-t-il dans la presse officieuse de plus que dans la presse officielle ?

Lisez la Patrie!

Lisez le Pays!

Rien de plus, sauf quelques adulations stéréotypées à l'usage de tous les pouvoirs et de tous les ministres qui se succèdent. Aussi, désormais, qui voudra payer la Patrie et le Pays plus cher que ce que coûte maintenant le Moniteur universel ? — Personne.

Donc, avant peu de temps, il n'y aura plus que la presse officielle et que la presse indépendante ; la presse officieuse aura disparu.

Curieuse expérience que celle à laquelle assiste, en ce moment, la France !

Encore, si celle expérience était instructive! Mais que peut-elle nous apprendre de plus que ce que nous devions parfaitement savoir, en 1848, après les épreuves si concluantes de la République aînée, du Directoire, du Consulat, de l'Empire, de la Restauration de 1814 el de la Monarchie de 1830?

XUl.

21 août 1852.

On juge de l'arhre par ses fruits. Nous jugeons d'un gouvernement par la liberté. Le moins bon est celui qui la restreint; le meilleur est celui qui l'étend. C'est à celle mesure que nous avons juge tous les gouvernements el tous les mininistères qui se sont succédé en France dejuiis que nous tenons une plume. Jamais celte mesure ne nous a trompé. Jamais nous n'avons subordonné la liberté à aucune considération, à aufuine circonstance, à aucune néces-

site : qu'il s'agisse de l'attentat Fieschi et des lois de sepleml)re 1835; qu'il s'agisse dos jésuites et de la feiiuoture de leuis établissements; qu"il s'agisse des légitimistes et de leur visite à Belgrave-Square ! Toujours nous avons subor^ donné à la liberté toutes les considérations, toutes les circonstances, toutes les nécessités. C'est là un fait attesté par tous les votes de quinze années de vie parlementaire et par tous les travaux de quinze années de presse périodique. Or, Pascal l'a dit : « Rien n'est brutal comme un fait. » Il faut donc que l'Assemblée nationale en prenne son parti.

Ce n'est pas notre faute, à nous, si, le 24 février 1848, la royauté de 1830 s'est laissée choir plus misérablement encore que, le 27 juillet 1830. la royauté de 1814! Les fautes que commettent les gouvernementsies regardent; nousn'en sommes pas, nous n'en saurions être responsable. Nous sommes au service de la liberté. Nous ne sommes pas au leur. Jamais la politique ne nous a trouvé ni dans les rangs des optimistes qui creusent l'ornière, ni dans les rangs des pessimistes qui creusent le goutlre. Jamais nous n'avons conspiré, toujours nous avons averti, et toujours à temps. Estce faux ? Nous posons la question à nos ennemis comme à nos amis, et nous l'appliqifNis au présent et à l'avenir aussi bien qu'au passé.

Est-il, dans toute la presse parisienne, un autre journal qui pourrait interpeller en ces termes tous ses contradicteurs, en leur portant le défi d'y répondre catégoriquement ?

La preuve de la justesse de nos idées par l'application du contraire était peut-être encore nécessaire. L'expérience a lieu, et, si cher qu'elle nous coûte, nous ne nous plaindrons pas qu'elle nous ait coûté trop cher, si cette expérience est définitive.

Le régime actuel de la presse périodique est celui qu'ont réclamé VAsseniblée nationale, le ConslitutionneU le Journal des Débats, la Patrie, le Pays, le Siècle, VUinon, VUnivers; c'est celui de la liberté réglementée par l'infaillibilité présumée. Eh bien ! nous le demandons : A .quoi servent ces

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