‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 5)Chapitre 151 sur 231 · X. Si · texte numérisé non relu

X. Si

» Et les salutations aux marchés, et d'être appelés des liommes : Notre maitre 1 notre mailre !

T) Mais pour vous ne soyez point appelés : Notre maitre. . . vous^êtes tous frères.

» Quiconque s'élèvera sera abaissé, et quiconque s'abaissera sera élevé.

)) Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, car vous dévorez les maisons des veuves, même sous le prétexte de faire de longues prières; c'est pourquoi vous en recevrez une plus grande condamnation.

» Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, car vous courez la mer et la terre pour faire un prosélyte, et après qu'il l'est devenu, vous le rendez fils de la géhenne deux fois plus que vous.

» Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, car vous payez la dîme de la menthe, de l'aneth et du cumin, et vous laissez les choses les plus importantes de la loi, c'est-à-dire le jugement, la miséricorde et la fidélité; il fallait faire ces choses-ci et ne laisser point celles-là.

» Malheur à vous. Scribes et Pharisiens hypociùtes, car vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, mais le dedans est plein de rapines et d'intempérances.

» Ainsi, vous parais^-ez justes par dehors aux hommes, mais au dedans vous êtes pleins d'hypocrisie et d'iniquités. »

Ces paroles, que nous venons de citer, se sont ofl'erles d'elles-mêmes à notre mémoire, en lisant l'article que VUnion publie à l'adresse de M. Guizot. L'auteur de Tarticle est M. de Riancey ; il s'exprime ainsi sur M. Guizot :

« Evidemment, pour l'observateur réfléchi, le protestant est ébranlé; le réformé se prend à douter de la Réforme; peut-être encore ne veut-il pas se l'avouer à lui-même : il ne l'avoue pas à ses coreligionnaires. Bien plus, il cherche en quelque façon à se rattacher et à se reprendre à ses premières opinions. Et en même temps, il s'essaie à capituler, il tente de se tromper par la magie des mots et par le vague et l'illusion du langage. Nous avons été singulièrement frappés de cette remarque, en écoutant, à l'Académie française, la réponse à M. de Montfilembert. Comment concilier des professions de foi protestantes, si persévéramment renouvelées, des contrastes sur lesquels l'orateur insistait jusqu'à vouloir donner des leçons à l'illustre récipiendaire; comment les concilier avec les éloges magnifiques prodigués à l'Eglise catholique? Et .'^urtout comment expliquer l'étrange persistance avec laquelle, malgré les faits et malgré Ihistoire, cet esprit si net, si érudit, prenait à tâche d'associer toujours, sous le même nom d'Eglise chrétienne, et les gloires du clergé catholique et les œuvres de Luther et de Calvin? A leur escient ou sans le savoir, les apôtres de la réformation n'ont-ils pas été les pères et les maîtres de tous les révolutionnaires? Y a-t-il une idée, une théorie, une passion de nos jours qui ne se reconnaisse dans Luther, dans Calvin, dans Zwingle, dans Mun-

cor, dans Cromwell? Sans cloute î\l. Guizot a vu et a senti ce faible; et c'est pour cela qu'il veut y échapper en se réfugiant dans le vaste cercle qu'il trace, dans cette Église où il rassemble toutes les sectes et toutes les écoles qui n'ont pas encore rejeté, je ne dis pas la divinité, mais le nom sacré du Christ. Eh bien ! qu'il nous permette de l'exprimer en toute sincérité ; c'est là un artifice de langage et une illusion de paroles qui n'abuse personne, ni l'auditoire, ni le lecteur, ni l'illustre écrivain lui-même. Au fond, cette grande vérité que redit la voix des siècles : à savoir, que la seule digue à toutes les erreurs c'est l'Église catholique ; que le seul remède à toutes les misères de l'àme c'e^t la morale et la pratique de l'Évangile tel que le catholicisme le prêche, l'enseigne et le pratique; qu'enfin, hors de l'Église romaine il n'y a ni repos potir les consciences, ni calme pour le cœur, ni satisfaction pour les besoins impérieux de la nature humaine ; cette grande vérité, M. Guizot la pressent. Non, il n'est pas possible que son œil ferme et sincère ne l'ait pas entrevue à la clarté de la réflexion, à la lumière des événements et de l'histoire. Assurément, les dernières obscurités, les dernières hésitations ne tiendront pas : un esprit de sa trempe ne peut s'accommoder longtemps de ce combat et de cette incertitude. »

Que M. de Riancey y melle un peu de patience ; celui qui a renié puJ3liquement, en 1852, la révolution de 1789, n'attend, pour renier solennellement la religion de sa mère, que l'entrée de Henri V à Paris. Alors il dira du Pouvoir ce que Henri IV a dit de Paris : Le Pouvoir vaut bien une messe.

9 mai 1852.

VAssemblée nationale n'est contente de rien : elle se plaint qu'on la qualifie de feuille factieuse !

Préfère-t-elle donc qu'on l'appelle feuille républicaine?

Ce qu'elle désire, n'esl-ce pas le renversement de la République ?

La République, n'est-ce pas la l'orme du gouvernement existant?

L'Élu du 10 décembre 1848 n'a-t-il pas déclaré, le 2 décembre 1851, que son decoir était de la maintenir?

L'Élu du 20 décembre 1831 n'a-l-il pas dit, le 29 mars 1852 : « Conservons la République? »

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