LE PAYS
8 avril 1852.
L'article que publie M. de La Guéronnière sous ce titre : NI ALiBAUD ! NI MERKNO ! iious a rcmis en mémoire la curieuse réponse que le Pays fit le 6 juillet 1851 à la Presse^ réponse intitulée : la porte enfoncée.
La Presse avait publié la veille un article intitulé : la PORTE OUVERTE. Cet article avait éveillé les scrupules de M. de La Guéronnière ; il ne trouvait pas que la porte ouverte à deux battants au suffrage universel et à la liberté absolue respectât assez la lettre de la Constitution de 1848. Sur ce point, M. de La Guéronnière a singulièrement changé d'avis, puisque nul n'a approuvé plus ardemment que lui l'acte du 2 décembre 18ol.
M. de La Guéronnière est l'homme du lendemain ; il n'est pas l'homme de la veille ; il changera donc également d'avis si les faits viennent encore une fois de plus donner raison aux prévisions de la Presse. M, de La Guéronnière ne croit, c'est lui qui le déclare, ni aux Aiibaud ni aux Merino. En effet, Merino et Alibaud sont des personnages imaginaires ; Henri IV" n'est pas mort frappé par Ravaillac, ni Marat par Charlotte Corday. L'attentat du .3 nivôse, qui tua huit per-
564 tHS'i.
sonnes et en blessa vingl-huit grièvement, est une créalion d'Alexandre Dumas, qui lui a donné le nom de Machine infernale^ et qui a supposé que le fait s'était passé rue Saint-Nicaise, pi'ès des Tuileries, quelques minutes après le passage du premier consul. Le duc de Berry n'est pas mort assassiné par L'iuvel, et Fieschi n'a jamais existé. Tous les procès instruits par la cour des pairs, sous le règne de Louis-Plu!ipi)e, sont des romans aux détails desquels il ne faut pas croire.
Sans doute, il se peut que la conservation du nom de la Républitjuene suflise pas à abriter derrière le maintien du suffrage universel la vie du président réélu le 20 décembre I80I ; mais n'est-ce donc rien que d'avoir sa conscience pour cuirasse ? N'est-ce donc rien que de justifier le meurtrier à ses propres yeux, et que de raffermir peut-être sa main tremblante? Si c'est beaucoup d'être sans-peur, n'estce donc rien d'être sans reproche ?
Si l'acte du 2 décembre a sauvé la société, h quoi servirait l'Empire, et si l'acte du 2 décembre ne Ta pas sauvée, comment l'Empire la sauverait-il?
29 avi-il 1852.
Le Pays fait un article sous ce titre : pacifier polr gou-