‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 5)Chapitre 163 sur 231 · VERNER · texte numérisé non relu

VERNER

Excellent titre ! Pourquoi ne pouvons-nous pas dire : Excellent article! C'est que dans cet article il n'y a que des mots creux et sonores.

Pacifier^ c'est faire disparaître les causes ou les prétextes de guerre ; c'est régler'd'accord un dillérend. Ce n'est pas là ce que le Pays a voulu dire ; il a voulu dire pardonner.

Pardonner quoi ?

Il y a quatre régimes :

La foi, qui croit ;

Vexamen, qui dispute;

La force, qui impose ;

La science, qui déuionli'o.

Auquel de ces régimes jtppni'lienl le Pays, pour condamner ou pour absoudre ses adversaires ?

Que de choses qui, depuis 1789, sont réputées des vérités, et qui, avant 1789, étaient réputées des erreurs !

10 mai 1852.

Le Paijs. qui avait besoin d'un titre pour faii'e un article, oppose les villes aux campagnes.

Dans cet article, intitulé les villes et les campagnes, il dit que l'opinion, dans les départements, lui paraît obéir à une double impulsion; qu'elle est, sous bien des rapports, opposante cl révolutionnaire dans les villes, et puissamment conserrati'ice dans les campagnes.

Le Pays, surnommé le Journal des Titres, n'oublie qu'un détail, c'est qu'en décembre dernier, il n'a éclaté de soulèvement que dans les campagnes, et aucun dans les villes ; cela a été surtout remarquable dans les villes de fabrique, où il existait d'immenses agglomérations d'ouvriers.

Le Pays ajoute que Vinstinct conservateur s^est déplacé, et qu'il est maintenant dans les masses.

S'il en est ainsi, de quel danger sérieux !a France étaitelle donc menacée et de quel péril a-l-elle été sauvée?

Le seul danger sérieux que la France ait couru, c'est celui auquel l'avait exposée la loi du 31 mai 1850, abrogée le 2 décembre 1851.

30 mai 1852.

Les articles de M. de La Guéronnière sont des bulles d'encre au bout d'une plume. Quand il veut faire un article, il souffle dans sa plume comme l'enfant dans un chalu-

meau de paille; l'encre dont il se sert a la vertu du savon. L'article qu'il publie h l'adresse de M. de Cassagnac et du Constitutionnel est inlituté : la presse gouvernementale.

Une manque à cet article, écritavec talent, qu'une chose : de la consistance.

Le vrai titre de cet article eût clé ; la presse idéale.

Sous tous les gouvernements et sous tous les ministères qui se sont succédé en France depuis soixante années, on a entrepris de résoudre le problème d'une presse gouvernementale, et sous tous les gouvernements on a échoué.

On a échoué sous l'Empire.

On a échoué sous la Restauration.

On a échoué sous la Monaichie de 1830.

On a échoué sous le ministère Villèle.

On a échoué sous le ministère Guizot.

On a toujours échoué; on échouera toujours.

— Pourquoi ?

C'est que la presse vit de liberté comme l'homme vit d'air. Supprimez l'air à l'homme , il s'éteint asphyxié ; supprimez la liberté à la presse, elle a le même sort et la même fin.

Mais est-ce h dire que la presse ne peut être a la fois libre et gouvernementale ? Oui et non.

Oui, la presse peut être à la fois libre et gouvernementale, mais à la condition qu'il y aura ou qu'il pourra y avoir une presse qui sera libre de n'être pas gouvernementale.

Non, il ne peut pas y avoir de presse à la fois gouvernementale et libre, si la liberté d'attaquer tous les actes du gouvernement n'existe pas.

Une presse officielle est encore possible ; une presse gouvernementale ne l'est déjà plus.

Cela crève les yeux de qui regarde. M. de La Guéronnière ne lirait-il donc jamais le journal qu'il dirige et rédige?

Peut-il y en avoir une preuve plus convaincante que le journal le Pays ?

En(re des efforts lenlés et des difficultés vaincues, il y a toute; la distance qui existe entre lo ballon fpii s'enlève et

LA PRESSE SANS LA LIliEIlTE. o67

\e i);illon qu'on jispii'e à diriger. M. de La Guéronnière, en matière de presse gouvernementale, en est encore où l'on en est en matière de navigation aérienne.

C'est le Pélin de la presse aérienne ; je me trompe, je voulais dire de la presse gouvernementale.

l"juin 1852.

Le /'oî/.s continue son cours. Sa première leçon avait pour titre : la presse golyernememale; sa seconde leçon est intitulée : LA GRANDE ET LA PETITE OPPOSITION. Il flétrit la petite opposition lorsque la grande a élé rendue impossible. Le vrai tilie aurait donc dû être : Plus d'opposition!

Mais quand le Pays n'aurait pas de contradicteurs, en aurait-il plus d'idées? C'est toujours la question de l'abbé Maury disant à ceux qvù criaient : A la lanterne ! Quand vous m"y aurez pendu, y verrez-vous plus clair?

Il n'y a pour tout pouvoir, quel qu'il soit, d'opposition redoutable que celle qu'il se fait à lui-même. Ce qu'il doit craindre, ce ne sont pas les critiques injustes, ce sont les fautes inévitables, car la responsabilité augmente comme 4 quand le pouvoir croît comme l.

C'est la différence de la progression géométrique à la progression arithmétique. Donc, le moyen de durer plus longtemps, c'est de prendre le moins de pouvoir possible. On en a toujours trop pour ce qu'on en sait faire.

2 juin 1852.

Le Pays discute le projet de loi qui a pour but d'autoriser l'administration d'interdire à certains individus de séjour-

ncr cUms le dépiulement de la Seine el dans les comaïunes de l'agglDmération lyonnaise. C'est trop ou trop peu. Le grand tort de ce temps-ci, c'est de toucher à tout et de n'aller au fond de rien, de s'en prendre aux effets au lieu de s'en prendre aux causes. Sous ce rapport, il faut convenir que si les ministi'cs sont faibles, les publicisles ne sont pas plus forts, et qu'à cet égard docteurs royalistes et docteurs iépul)licains sont, ceux-ci relativement h ceux-là. comme 0 est à 0.

11 juin 1852.

La vérité se fait jour au travers des plus épais l'ideaux. Le Pays, sans qu'il s'en soit rendu compte, dunne pleinement raison à la Presse. Parlant des élections de Belgique, il dit :

j La tentative inipolitique et avortée de Risquons Tout ne souleva dans ce pays qu'une réprobation générale. Pourquoi cela ? Pourquoi cette tranquillité au milieu des commotions universelles ? C'est que la Belgique possédait à cette époque toutes les libertés, tous les droits politiques que d'autres peuples revendiquaient encore les armes à la main. C"est que l'insurrection qui a toujours besoin d'une cause juste ou d'un préteste spécieux pour lui servir de drapeau, n'en trouvait point dans ce pays, où, grâce à l'abaissement extrême du cens électoral, on peut considérer le suffrage universel comme fonctionnant en fait, quoique non écrit dans la loi. En cet état, quel but pouvait être donné à une révolution? Quel principe aurait à réclamer ou à défendre le parti républicain? La suppression du trône? C'est beaucoup sans doute nominalement; mais lorsqu'une royauté s'appuie aussi évidemment que la Belgiqne sur des institutions démocratiques, lorsqu'elle donne en progrès plus que ne lui en donnerait une République, le.s révolutionnaires trouvent peu d'écho dans les masses pour l'attaquer et la détruire. C'est ce qui a eu lieu en effet. »

Logiciens de la presse gnuvernemenlale, concluez donc! Répétez donc au président de la l{éj)ul)!ique ce (jue déjà nous lui avons dit :

« Le niDyen d'cMiipècher la Rcsl.uirali ii aînée, le moyen y> d'empêcher la Hestauralion cadelle. c'esl (|(> constiluer » un pouvoir dural)le, inébranlable, c'est de faire que la

LA PRESSE SA.'SS LA LIIJERTÉ. o69

» France nait h envier à la Belgique aucune des liherlés » dont jouit celle-ci et aux(iuelks elle doit d'èlre inacces- » sible aux révolutions! »

Vin.

11 août 1H52.

Aujourd'liui, par exception, le Paijs n'est pas satisfait. Il est mécontent de la presse britannique et particulièrement du Times. Ce mécontentement s'exprime en ces termes comminatoires :

« Certes , nous ne désirons pas voir restreindre la liberté dont la presse jouit dans plusieurs grands Etats de l'Europe; mais lorsqu'elle use du droit illimité qui lui est départi pour calomnier des gouvernements et des peuples amis, à défaut de la loi impuissante, il faut au moins que la conscience publique se révolte et proteste. A'oiw ne potivom permettre que, lorsque, pour la troisième fois, le peuple tout entier, dans toute sa spontanéité et dans la liberté do son omnipotence, vient de constituer sa représentation départementale, le Tinies^ auquel sa position commanderait plus de réserve, rabaisse en termci méprisants la manifestation de ce grand acte de souveraineté, en l'appeliuit une farce à laquelle aucun homme honoraire ne peut se soumettre iinlced no mari of emincnce or rc>:jic-ctability wo'ild submit lo thc farce of au élection on sin-li ternis).

» Xous ne laisserons pas insulter à la dignité des conseils généraux, que

l'on représente comme dégradés des fonctions qu'ils ont remplies depuis

■ 1848. {Tlie se provincial bodies ichich hare acqu'red considérable indépendance

and importance especialhj since 1848, are noie dcgraded, into niere tools of tlie

central executive.)

» Nous ne laisserons pas renouveler contre le gouvernement de la France des outrages que l'on aurait à peine compris à l'époque de nos guerres internationales, et dont , comme autrefois , la Corse est le thème favori. »

Un mot h MM. les rédacteui's du Paijs : Comment vous y prendrez-vous, messieurs , pour empêcher ce que vous dites : a Ne pouvoir pas permettre ? « Déclarerez-vous la guerre à l'Angleterre pour vous venger du Times ? Emprunterez-vous au général Changarnier son fameux projet de débarqueiuent avec 10,000 hommes d'élite transformés en 10,000 incendiaires de la ville de Londres? — Non ; vous

vous boniorez a faire ce (jue vous faites, ii conli'edire ce que dit le Times^ à nier ce qu'il affiiine. Eh bien ! pourquoi donc ne pas universaliser celle loi naturelle de la presse périodique, pourquoi la fausser? Pourquoi ne pas admettre Je droit de tout dire naturellement limilé, réciproquement contenu par le droit de ^oî/i contredire? Pourquoi ne pas admettre pour tous et contre tous le droit exercé par le Pays contre le Times ? Nous faut-il donc rappeler à iMM. de La Guéronnière et Cohen en quels termes M. de Chateaubriand s'exprimait, le 11 juillet 1828, à latribune de la Chambre des pairs, où se discutait une nouvelle loi sur la presse?

M. DE CHATEAiiBiîiAND : « L'ou e^t forcé de convenir que tous les crimes, que toutes les corruptions dont on accuse la liberté de la presse ne sont point le fait de cette liberté; car l'imprimerie ne peut pas être coupable de ce qui s'est passé dans le monde avant qu'elle fût découverte, et, depuis sa dccouvei-te en 1438 jusqu'à 1789, elle n'a jamais été à même de produire les crimes qu'on lui impute, puisqu'elle n'a jamais été libre. Si l'on répondait que tous les crimes, que toutes les corruptions du dernier siècle et des deux siècles précédents sont l'œuvre de l'imprimerie, qui s'est fait jour malgré les lois répressives, les tribunaux, les supplices et la censure, le noble pair s'emparerait de l'objection.

» A quoi bon, dirait-il, les mesures coërcitives, puisque le gibet, le carcan, les galères, le donjon de Vincennes, la Bar-tille, la censure et le pouvoir absolu n'ont pu arrêter l'essor delà pensée , puisque, en condamnant au feu le chevalier de la Barre, on n'a point épouvanté l'impiété ? Essayons de la liberté de la presse, ne fût-ce que comme un remède, puisque l'inefficacité de l'oppression pour étouffer l'indépendance de l'esjirit de l'homme est reconnue.

» Les actes des martyrs ne sont que le recueil des procès intentes au ciel par la terre, le catalogue des condamnations prononcées contre la liberté de la pensée et de la conscience... Non, le christianisme ne cherche point l'obscurité ; il n'a pas besoin de pactiser avec l'ignorance ; craindre pour lui la liberté de la presse, c'est lui faire injure, c'est n'avoir aucune idée de sa grandeur, c'est méconnaître sa puissance. »

Le 31 mai de la même année, à l'occasion de la même loi, M. de Martignac, ministre de l'intérieur, parlait ainsi au nom du gouvernement :

M. DE M AnTlGSAC, ministre de Vitilcricur : » Dans l'état de notre société, dans un gouvernement comme le nôtre, où tous les citoyens prennent part aux affaires publiques, cette revue journalière des actes de l'autorité

est un besoin que je reconnais. Cette publicité menaçante empêche les abus, contient les fonctionnaires dans les limites de leurs devoirs; elle éclaire le prince, elle avertit l'autorité supérieure.

» Les journaux sont donc un besoin, et par les journaux j'entends les journaux libres. »

En 1852, après deux révolu lions nouvelles, celle de 1830 et celle de 1848, sous le gouvernemenl de la République et d'un président élu par le sulïïage universel, en sommesnous où la France et la presse en étaient en 1828, sous le gouvernement de la Restauration et d'un roi héréditaire? L'examen journalier des actes de l'autorité est-il libre?

La question vaut la peine que le Pays y réponde. Et lorsque nous posons cette question, nous sommes assurément de ceux qu'elle intéresse le moins, car nous trouvons parfaitement logique, parfaitement juste, par exemple, que. MM. Rocher, Odilon Barrot, Chasseloup-Laubat, etc., soient atteints par le régime dont ils ont préparé et assuré le triomphe. Ils se sont défiés de la Hberté ; la liberté a cessé de les protéger. Réciprocité. De décembre 1848 à décembre 1851, VAsseinblée nationale et le Constitutionnel n'ont cessé d'adresser les plus pathétiques invocations à la faux qui ne discute pas avec l'ivraie : leurs invocations ont été écoutées, leurs vœux ont été exaucés ; eh bien ! que sont devenus le Constitutionnel et V Assemblée nationale ? — Ils sont devenus ce que deviennent dans le cimetière les pierres tumulaires envahies par la ronce et la mousse, celte rouille végétale.

21 août 1852.

L'ancien rédacteur en chef de VEpoque, le transfuge du Constitutionnel^ M. Granier de Cassagnac, prend possession du journal le Pays par un premier article qu'il nous est intordfl de discuter, mais qu'il ne nous est pas interdit de conserver. Ce sera un article non moins curieux à relire que les articles frénétiques dans lesquels VEpoque^

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en 1847. portait i\u\ nues la politique immobile du roi Louis-Philippe et du président de son conseil. M. Guizol. A peine un an s"étail-il écoulé depiuis la publication de ces fameux articles de M. Granier de Cassagnac, que le trône « inébranlable « du roi Louis-Philippe était emporté par le nuage de poudre d'un coup de fusil tiré, on ne sait encore ni par qui ni comment, et (jue M. Guizol, contraint de se cacher, ne sortait de sa cachette que pour s'enfuir à Londres. Preuve que ce n'est pas par les flatteries qu'un gouvernement s'affermit, c'est par ses œuvres!

Beaucoup d'œuvros fécondes et point de flatteries stériles : — telle est la condition d'existence de tout gouvernement qui veut durer. Beaucoup de flatteries stériles et peu d'œuvres fécondes : — telle est la condition de mort de tout gouvernement qui cherche à s'abuser.

Nous avions annoncé que le Pays, dans les douleurs d'enfantement de la montagne, accoucherait d'une souris. Le malheureux n'est pas même accouché d'une souris. De quoi donc a accouché le Pays ."^ — If a accouché de douze compartiments. Il aui'ait pu élever à quarante-huit le nombre de ses compartiments. Cela ne lui aurait coûté qu'une dépense de filets et de titres. C'est un suicide ridicule. Et voilà ce que ces messieurs, (jui n'ont pas LVorgueil, appellent a ranimer la presse expirante, légénéier la ])resse dégénc- » rée et accomplir dans le jou)-na!isme français une nou- « velle révolution. » 0 conservateurs ! vous vous êtes calomniés! non, vous n'êtes pas des révolulioiuiaires.

2<) août 1852.

M. Amédée de Céséna, qui est, avec M. de La Guéronnière et M. Gi'anier de Cassagnac, l'un des trois consuls qui président au\ destinées du Pays, y dénonce à toute l'indignalion des honnêtes gens ce qu'il a|)pellc c. l'infamie de la contrefaçon étrangère. »

Si l(<ul ce que dil M. Aniédéo de Céséna est vrai, alors il faut cjue la France renonce au plus lot, sous peine d'infamie, à la contrefaçon des livres anglais et espagnols qu'elle réimprime sur une assez grande échelle, car ce qu'il est mal de faire en Belgique, il ne peut être bien de le faire en France. Mais peut-être y a-t-il un peu d'exagération dans l'article de M. Amédée de Céséna ; on sait qu'il y est enclin. N'y avait-il pas un peu d'exagération dans cette lettre enthousiaste qu'il adressait, le 13 mai 1848, au Représentant du Peuple^ et qui se terminait ainsi?

« La Banque, d'échange, dont le possibilisme égale le simplisme, reste pure de toute violence, de toute contrainte, de toute injustice et de toute spoliation. Elle détrône le capital. Mais, en détrônant le capital, elle ne vole pas les capitalistes, ni avec, ni sans la complicité de la loi. Elle ne fait qu'écarter du chemin de l'industrie une douane devenue un obstacle à la circulation de la richesse publique. ,

» Il est vrai qu'en écartant cette douane, elle supprime le commissionnaire et le banquier. Mais ce sont là deux parasites du commerce. I.a création de la lettre de change ruinera leur empire. C'est la loi du talion appliquée aux juifs, ces vrais rois de l'époque. Je ne sache pas que personne, sous quelque drapeau d'ailleurs qu'on marche, puisse pleurer la chute de l'agiotage.

» Avec la banque d'échange,

» La concurrence se règle ;

» La liberté se développe ;

» Le mouvement d'expansion de la société s'étend ;

» L'impôt diminue ;

» Vadministraiion du pays se siniplijie;

» La production augmente;

» La qualité s'améliore ;

» Le prix baisse;

B La consommation s'accroît ;

» La condition du citoyen s'égalise ;

» La réciprocité réalise le dogme de la fraternité ;

» Le despotisme devient impossible ;

» Le gouvernement devient facile.

» Ce vase-là ne ressemble pas aux vases du Socialisme, qui sont miel au bord, lie au fond.

« Et voilà pourquoi il est utile de répandre la liqueur qu'il contient sur les plaies du peuple des travailleuri.

» Salut et fraternité. » AMÉDÉE de céséna. »

Cette lettre de M. Amédée de Céséna n'était peui-ètre

pas inutile à rappeler, parce qu'elle prouve une fois de plus qu'il y a socialisme et socialisme, comme religion et religion, monarchie et monarchie, république et république.

Le socialisme qui a toujours été le nôtre est celui que M. de Céséna confessait si chaleureusement en 1848, et qui se définissait ainsi : échange des services, des produits et DES idées.

La loi d'échange, c'est la loi de réciprocité ; la loi de réciprocité, c'est la loi de liberté suivant naturellement son cours comme le fleuve prend naturellement le sien.

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