L^ÉCOLE DU PASSE
4 mai 1852.
L'un des travers des gens de ce temps, où tout ce qui s'élève est fils de ses œuvres, c'est de vouloir être, non le fils de son père, mais le fils de son trisaïeul. Peut-être estce une manière de se faire accroire à soi-même qu'on a eu des ancêtres? On saute ainsi à pieds joints par-dessus trois générations ; on se vieillit d'un siècle ; on se transporte en 1744, époque à laquelle M"® Poisson, fille d'un boucher des Invalides, devint, par la grâce du roi, marquise de Pompa dour. Tentures, étoffes, meubles, toilette, porcelaines, cadres, tableaux, miroirs, vaisselle, enfin tout ce qu'on a, tout ce dont on se sert, est du plus pur Louis XV. Ces parvenus du passé ne supportent et ne trouvent bien que ce qui date de ce bienheureux règne, où le roi et la cour spéculaient sur la famine et la faim du peuple. Ces marquis de l'anachronisme n'ont pas d'assez gros mots contre la liberté et point d'assez joyeux propos contre le progrès. Qu'est-ce que c'est que cela?... Le Progrès! la Liberté!! Cela n'existe pas, mon cher, ou, si cela existe, cela ne doit plus exister.
Le plus spirituel de ces anachronismes vivants est assuiément M. Nestor Roqueplan, directeur de l'Académie nationale de Musique et Tun dos chels de V École du passé.
Mais pourquoi, ici, le non) de M. Nestor Roqueplan? — C'est que ce grand nciratciir du progrès \\o\\l d'éciire et de