LE SILENCE DE LA PRESSE
" Une loi d'Argleterre passée sons Henri VIII de'elarait coupables de liante trahison tous ceux qu> prédiraient la mort du rui. Cette loi était bien vague. Le despolis)ne est si terrible qu'd se tourne même contre ceux qui l'exercent. Dans la dernière maladie de ce roi, les médecins n'osèrent jamais dire qu'il fût en danger, et ils agirent sans doute en conséquence. »
MONTESQUIEU. Esprit des Lois, Viv. xii, ch. 10.
23 janvier 1853.
Le silence impassible gardé par la presse subordonnant ses devoirs à ses intérêts et abandonnant sans défense, à elle-même, la liberté individuelle, a été parfaitement expliqué ainsi :
M En France, où Ton se montre si jaloux de tout ce qui touclie à l'égalité et à l'honneur national, on ne s'attache pas religieusement à la liberté individuelle. Qu'on trouble la tranquillité des citoyens, qu'on viole leur domicile, qu'on leur fasse subir pendant des mois entiers un emprisonnement préventif, enfin, qu'on méprise les garanties individuelles, quelques hommes généreux élèveront la voix, mais l'opinion publique restera calme et impassible, tant que vous n'éveillerez pas une passion politique.
» Là gît la plus grande raison de la violence du pouvoir : il peut être arbitraire parce qu'il ne trouve pas de frein qui l'arrête. En Angleterre, au contraire, les passions politiques cessent devant une violation du droit commun. C'est que l'Angleterre e=t un pays légal, et que la France no l'est pas encore devenue ; c'est que l'Angleterre est un pays fortement constitué, tandis que la France lutte tour à tour depuis quarante ans contre les révolutions et les contre-révolutions, et que la religion des principes y est à créer, n
1,.-N. BONAPARTE. WfM flopo/pon/CflMP?. t. III, p. 269,