‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 5)Chapitre 70 sur 231 · INFAILLIBILITÉ DU PAPE · texte numérisé non relu

INFAILLIBILITÉ DU PAPE

» La lecture des versions faites par des hérésiarques n'est permise à personne.

» Les hommes doctes et pieux pourront lire la Bible de Yatable.

» L'expérience a^-ant prouvé que si la lecture des livres sacrés en langue vulgaire est permise à tous, il en résultera, par suite de la témérité des hommes, plus de mal que de bien, l'évêque et l'inquisiteur décideront, sur le rapport du curé ou du confesseur, quels sont ceux auxquels la lecture des livres sacrés, traduits en langue vulgaire, pouira être permise. Cette autorisation ne devra être accordée qu'aux personnes qu'on croira devoir retirer de cette lecture non pas un scandale, mais une augmentation de foi et de piété. L'autorisation devra en être donnée par écrit.

» Quiconque, sans cette autorisation, se permettra délire ou de posséder ces livres, ne pourra obtenir l'absolution de ses péchés qu'après les avoir rendus à l'Ordinaire.

» Les libraires qui auront vendu la Bible en langue vulgaire à quiconque ne sera pas muni de l'autorisation susdite, ou qui les auront cédés à quelque titre que ce soit, perdront le prix de leurs livres, qui sera employé par l'évêque en œuvres pies. Les libraires seront ensuite soumis à d'autres peines, au jugement de l'évêque, suivant l'importance du délit.

» Les religieux ne pourront ni lire ni acheter ces livres sans avoir obtenu l'autorisatiou des prélats. »

VUnivers commencerail-il à croire qu'il ne réussira pas k faire reculer la France de trois siècles, à la ramener à 1545?

18 août 185L

VUnivers veut qu'on le croie sur parole ; VUnivers avait formellement nié que Galilée eût été condamné parce qu'il avait soutenu que la terre tournait; il a fallu lui fermer la bouche en lui collant sur les lèvres le texte même de la sentence.

Ce n'est pas tout : VUnivers avait affirmé que l'ouvrage de Galilée, mis à l'index en 1634, avait été effacé de l'index en 1826; eh bien! celle seconde ;if(irmalion de VUnivers n'est pas mieux fondée que la première.

C'est ce qui résulte de la citation qu'on va lire :

CalaloQuc des ouvrages mis à V index contenant le nom de tous les livres condamnéspar la cour de Home, depuis Vimention de V imprimerie jusqu'enlii25.,

avec la date de leur condamnation. 2^ édition. Paris, L. Garnot, 1826, petit in-8o.

On lit page 134 de cet ouvrage {Index librorum prohibiforum], ligne 15 :

« Galilei Galileo. Dialogo iopra i due mansimi sislemi del inondo Tolemako I Copernicano. Decr. 23 augusti 1634. »

Et quand il affirme, VUnivers veut qu'on le croie! — Non.

COMPTONS-iNOUS.

8 juillet 1851.

Je lis dans un article de VAssemblée nationale cette ligne à mon adresse :

a II faudra dire comme M. de Girardin : « Battons-nous. »

Je dis précisément le contraire ; je dis : Ne nous battons pas ; comptons-nous.

Mais comptons-nous tous.

Mais comptons-nous exactement.

' Avec l'exactitude rigoureuse de la Banque de France dressant chaque semaine son bilan.

Qu'à cet effet, le suffrage universel acquière la précision du litre, du mètre, du kilogramme, du franc, de la balance, de la boussole, du chronomètre, du thermomètre, du baromètre, etc.; qu'il devienne véritablement, enfin, ce qu'il doit être, un véritable pèse-opinion d'une incontestable justesse.

C'est ce que demande la Presse, c'est ce que je demande.

C'est précisément ce que repousse Y Assemblée nationale., ce que repousse M. Guizot, qui ne veut pas du suffrage universel.

C'est donc VAssemblée nationale et ses rédacteurs pseudonymes qui veulent qu'on se balte et qu'on ne se compte pas.

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