LK PARTI DE L'AGITATION
fil luiilc liàle en jaiuioi" 1849, sous la pression niinisléiielle (le MM. Odilon Bairot, Faucher et Falloux, cl sous la pression parlementaire de MM. de Montalembert, TLiers et Mole, avait seulement fait durer ses travaux six ou sept mois de plus et les avait prolongés jusqu'en novembre ou décembre 1849, il lut arrivé ce qui suit :
Lr.F.CTION' DE LA PKÉSIUEXCE. ÉLECTION DE L" ASSEMBLÉE.
10 fli^ccmbre
mai
mai
mai
mai
mai
mai
mai
mai
ISSO
mai
10 décembre
10 décembre
10 décembre
10 décembre
10 décembre
10 décembre
10 décembre
10 décembre
10 dtcembrc'
10 décembre
Ainsi , dans celte hypothèse , la moins favorable, sept MOIS se fussent écoulés, en 1852, entre l'élection du président et l'élection de l'Assemblée législative, et les deux élections ne se fussent plus rencontrées dans la même année.
Autre hypothèse :
ÉLErrlON DE LA rRÉSIDESfE. ÉLECTION DE L'a.SSEMBLÉE.
10 décembre
10 mars
mai
10 mars
mai
10 mars
mai
10 mars
mai
10 mars
mai
10 mars
Je
mai
10 mars
mai
10 mars
mai
10 mars
mai
10 mars
40 ans. 30 ans.
Dans cette autre hypothèse, la rencontre des deux élections rivales n'aui'ait eu lieu qu'en 1856, et l'installation de la nouvelle Assemblée législative eût précédé de deux mois l'élection du nouveau président.
Rien, en 1849. n'était plus facile à faire que le calcul que
180 ISSfl.
je viens de présenter ; il dépendait donc absolument des chefs de la majorité qui a volé aveuglément, passionnément, l'amendement Rateau-Lanjuinais, de régler l'époque de la dissolution de l'Assemblée nationale, de telle sorte que les deux élections rivales ne se rencontrassent jajnaîs dans le même mois et le plus tard possible dans la même année. Lorsque la passion vous égare, est-ce que l'on calcule et prévoit rien?
Mais que du moins le parti de l'agitation renonce à rejeter sur le compte de la Constitution une responsabilité qui n'appartient qu'à lui seul. Si une double élection a lieu, en mai 1852, qu'il cesse d'en imputer injustement la faute à MM. Armand Marrast et Cormenin, et qu'il l'impute justement à ses chefs : MM. Odilon Barrot et Faucher, ministres de la justice et de l'intérieur, assistés de MM. de Falloux, de Montalembert, Berryer, Mole, Thiers, etc., etc.
Pas le plus léger doute ne peut plus subsister à cet égard. Si le commerce, si l'industrie, si la France considèrent comme une faute et comme un danger la double élection simultanée d'une assemblée nouvelle et d'un président nouveau, en mai 1852, c'est à MM. Odilon Barrot, Léon Faucher, Falloux, de Montalembert, Berryer, Mole, Thiers, et à tous ceux, enlin, qui ont provoqué, dicté, concerté, appuyé et voté l'amendement Rateau-Lanjuinais que la France, l'industrie et le commerce doivent exclusivement s'en prendre.
Encore si le parti de l'agitation n'avait commis que cette faute, s'il n'était l'auteur que de cette cause de trouble !
Mais n'est-ce pas ce même parti de l'agitation qui a provoqué, dicté, concerté, appuyé et voté la loi du 31 mai, cette loi qui a divisé la France en deux camps :
Français majeurs, libres, privilégiés, domiciliés;
Français interdits, ilotes, dépouillés, vagabonds.
Cette loi dont le Constiiutionnel a été contraint d'avouer que c'était « la maciunk l\ plus infernale? »
Oui, en eiïet, la plus infernale, car il se peut qu'elle allume, en 1852, la guerre civile dans tous les cantons et
LE PARTI DE L'A(;iTATION- 181
dans toutes les communes où il y aura une urne électorale.
Voyez déjà ce qui arrive dans trois départements :
Le département de la Dordogne,
Le département de Seine-et-Marne,
Le département de la Haute-Vienne.
En mai 1849, le nombre des électeurs inscrits, pour chacun de ces trois départements était, d'après les relevés officiels :
Pour la Dordogne 145,779
Pour Seine-et-Marne 98,983
Pour la Haute-Vienne 81,891
M. Magne, élu dans la Dordogne, n'est que l'Elu de la minorité. Que devient et que vaut alors le principe des majorités?
Combien de voix, malgré tout ce qui a été mis en œuvre, M. Pepin-Lehalleur a-t-il définitivement obtenu dans le département de Seine-et-Marne? 22,000. Dans ce même département, M. Jules de Lasteyrie était élu , en mai 1849, avec 40,625 voix.
Dans la Haute-Vienne , M. Bataille n'a pu dépasser le chiffre de 11,984 voix.
Ne sont-ce pas là des symptômes, plus que des symptômes, des faits de la nature la plus grave? Peut-on établir la moindre parité entre l'incontestable gravité de ces abstentions calculées, réfléchies, préméditées, et la prétendue gravité des élections qui eurent lieu en mars et en avril 1850 ?
En mars et en avril 1850, MM. Carnot, Vidal, de Flotte, Eugène Sue, sont régulièrement et paisiblement élus, par le libre jeu du suffrage universel. Que fait le gouvernement?—Le lendemain de l'élection du 28 avril, dont le dépouillement eut lieu le 2 mai, il annonce, dans le Moniteur du 3 mai, la formation de la fameuse Commission des dix-sept.
Le projet de loi, bâclé en quelques jours, est présenté le 8 mai 1850.
L'urgence est demandée; elle esl obtenue.
Une commission est nommée.
Les membres de cette commission sont MM. Buzo, Berryer, Boclier, Boinvilliers, de Broglie, président, Combarel de Leyval, Léon Faucher, secrétaire, Jules de Lasteyrie, de Laussat, de Lespinasse, Léon de Maleville, de Montigny, Piscatory, le générai Saint-Priest, de Vatiroesnil.
Après l'abstention significative de l'immense majorité des électeurs de la Dordogne, de Seine-et-Marne et de la Haute- Vienne, abstention qui est la condamnation, par la majorité électorale, delà majorité législative, que vont imaginer, que vont proposer MM. Baroche, Léon Faucher et Rouher ?
Ils ne peuvent plus proposer de remplacer le suffrage universel par le suffrage restreint; ils ne peuvent donc plus proposer que le suffrage supprimé.
Logiquement, ils doivent le proposer.
Vous qui avez peur de tout, de votre ombre ([uand vous marchez, de l'écho quand vous parlez, voilà où vous mènent les vaillants hommes que vous avez choisis pour vos chefs !
Ils vous ont mené à l'agitation; ils vous mènent à la révolution.
Ce sont eux qui, par l'adoption de l'amendement Bateau, sont cause qu'il y aura en 1852, dans la même année et dans le même mois, la double élection d'un nouveau président de la République et d'une nouvelle Assemblée législative!
Ce sont eu.x encore qui , par leur vote de la loi du 31 mai 1850, ont rendu honorablement et numériquement impossible toute révision de la Constitution e( fabricpié « l.v
» MACHINE L.v PLrS INFERNALE POUIl ALLUMER SLR TOLS LES » POINTS DE LA FRANCE LA GUERRE CIVILE.' »
Ce sont eux. enfin, qui, par rirrilaliou qu'ils ont seuiéc. ont fait changer le sulfrage uniNcrsel du hlauc au rouge!
En avril 1818, le sufl'rage universel écarlail .M. Sue: il le nommait eu a\ril 1850.
LE rAKTl Dh: L A(;irATlON. 183
Si une dernière illusion avail pu rester encore sur le compte des hommes qui se décorent de ces noms : « Lea » honnêtes fjens , le parti de V ordre. >^ celte dernière illusion, le rapport de M. de Tocqueville l'aurait détruite, en constatant que le prétendu pauti de l'ordre n'est que le véritable parti ue l'agitatiow.