L'INFLUENCE RELIGIEUSE
l"inai 1851.
Je n'ai jamais été et je ne suis pas de ceux qui prennent ombrage de l'influence religieuse.
Lorsque M. Tliiers et ses amis attaquaient, en 1847, à la tribune les jésuites et contraignaient M. Guizot de faire fermer leurs établissements, je les défendais intrépidement contre le Constitutionnel^ le Journal des Débats, le National et toute la presse unanime à les attaquer, moins les feuilles religieuses et légitimistes. Je revendiquais, en faveur des jésuites, le droit de la liberté.
Ce que je faisais en 1847, je suis prêt encore à le faire, .sous la réserve qu'il n'y aura pas, en sens contraire, deux poids et deux mesures, que les adversaires des jésuites jouiront de la même liberté que les jésuites eux-mêmes, qu'on n'interdira pas M. Jacques et qu'on ne destituera pas M. Michelet. Que l'Université attaque les jésuites; que les jésuites attaquent l'Université, et que de cette lutte sorte le triomphe do la vérité! voilà comment je comprends la liberté, voilà comment je l'ai toujours comprise. La tolérance qui n'est pas la même pour tous a un nom : elle s'appelle partialité.
VUnivers, ne pouvant me reprocher de vouloir limiter rinfluence religieuse, m'accuse de la nier.