JORET
» Représentant du peuple. »
La lettre qu'on vient de lire prouve avec quelle effrayante vitesse on glisse sur la pente de la Liberté limitée., dont le vrai nom est V Arbitraire illimité !
Mon collègue et mon ami M. Joret, qui me reprochait souvent, il y a quelques douze mois, dans l'intimité de nos discussions, d'être absolu, reconnaît-il maintenant que je n'avais pas tort, lorsque j'annonçais, dès le mois de janvier 1849, que par la logique des choses, plus forte que la volonté des hommes, on en aiTiverait où l'on est déjà arrivé?
On ne s'arrêtera pas là.
On ira plus loin encore.
On peut abattre l'arbitraire ; on n(> peut pas Tai lèlei'.
Plus on a fait d'arbitraire et plus il est certain que Ton en fera.
11 y a un an, c'étaient MM. Dain et Hennequin, candidats à la représentation, qu'on empêchait de se mettre en communication avec les électeurs ; cette année, c'est M. Joret qui est sur le point d'être arrêté, M. Joret à qui un mot, un foit, un principe douteux ne sauraient été i-eprochés; dans quelques mois, ce sera M. Dufaure, ce sera M. Cavaignac. ce sera M. Changamier qui sait oii et devant qui s'arrêteront Texcès de la défiance, la témérité de la peur, l'audace de l'arbitraire ? Nul ne le sait et ne peut le savoir, car ce qui caractérise particulièrement la liberté réglementée, c'est de n'avoir aucune règle.