‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856 (volume 5)Chapitre 95 sur 231 · TROIS QUESTIONS · texte numérisé non relu

TROIS QUESTIONS

De In part (run lionimo aussi éminent que M. Guizot , comme orateur et comme historien, une telle contradiction de conduite et de langage n'est-elle pas le plus rude coup qui puisse être porté à la vieille société chancelante qu'il s'efforce d'étayer?

Mais si M. Guizot est inconséquent et en contradiction avec lui-même sur la ((uestion de la révision de la Constitution, il est une question sur laquelle il demeure parfaitement conséquent et d'accord avec lui-même, c'est sur la question du maintien do la loi du 31 mai; ce maintien, il le conseille, il l'impose.

Ah! c'est bien là le même homme qui, pour maintenir, le 24 février 1848, une loi contraire à l'exercice du droit de réunion, a renversé un trône, sous lequel il est lui-même tombé.

L'expérience ne lui a rien appris.

11 veut le maintien de la loi du 31 mai. Mais si un tiers des mandants révoqués par leurs mandataires insiste pour voter, comment les en empêchera-t-on ?

Tirera-t-on dessus ? — On ne tire pas sur un million d'hommes.

Les cmprisonnera-t-on ? — On n'emprisonne pas un million de citoyens.

Les jugera-t-on?— On ne juge pas un million de prévenus.

Que VAssemblée nationale s'explique à cet égard; je l'en défie.

Je la défie de répondre à ces trois questions.

Cette impuissance manifeste des défenseurs de la loi du 31 mai est précisément ce qui fait la force invincible de ses adversaires.

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