ANGLETERRE ET FRANGE
5 juin 1848.
Le 4 mars 1848, — douze jours après la révolution du 24 février, — nous adressant aux membres du Gouvernement provisoire, nous leur disions :
« Vous êtes intervenus sans droit entre l'ouvrier et le y> maître pour réduire le nombre des heures de la journée » de travail et modifier des usages établis, bons ou mau- » vais. Ce n'est pas là de la liberté, c'est de l'oppression. » Vous avez protégé les forts contre les faibles; il y avait. » convenez-en, peu de mérite. Vous avez abrégé la durée » de la journée de travail en déclarant : « Qu'un travail » manuel ti'op prolongé, non-seulement ruine la santé du » travailleur, mais encore, en l'empêchant de cultiver son » intelligence , porte atteinte à la dignité de l'homme. » « Réduire le nombre des heures de la journée de travail » était facile, mais si, par suite, la consommation se ralentit » et si le travail manque, que ferez-vous pour en donner à » qui vous demandera du travail ou du pain? encore un » coup pareil porté à notre commerce extérieur, et VAngle- » terre ne se bornera pas à reconnaître la République fran- » ffl/se, elle lui élèvera des colonnes et des statues sur les » squares de Londres^ de Birmingham et de Liverpool. La » question du travail, nous ne saurions trop le répéter, ne » peut se résoudre isolément; vouloir la résoudre ainsi, ce