ANGLETERRE ET FRANCE
» serait imiter le prodigue qui uhat l'arl^re pour eu eueillir » les fruits. »
Nos prévisions n'ont niallieureusement pas tardé à se vérifier !
Toutes les lettres que nous reeevons de Londres s'accordent dans la description qu'elles nous l'ont du prodigieux élan de prospérité dont l'industrie et le commerce britanniques sont redevables à toutes les fausses mesures qui depuis le 24 février 1848 ont porté en France de si rudes coups à notre industrie, à notre commerce, ;i notre crédit!
S'en relèveront-ils ?
Comment?
Quand?
Ce qui est arrivé en sens inverse des deux côtés du détroit,—au-delà prospérité, en deçà détresse, —était bien facile à prévoir, et nous n'avons pas eu grand mérite à le prédire. Aucun des membres du Gouvernement provisoire n'avait-il donc lu le compte-rendu de la mémorable discussion soulevée par la motion itérativement présentée par lord Astley, opiniâtrement combattue par sir Robert Peel, et finalement rejetée par le Parlement anglais ?
Si un seul des membivs du Gouvernement provisoire avait lu le compte-rendu de cette discussion, quelle force n'eùt-il pas puisée dans les arguments présentés par sir Robert Peel contre la réduction d'une heure sur la journée du travail, par sir Roliert Peel , dont cet tes on ne pouvait pas dire que c'était un esprit timoré et opposé aux réformes !
Sir Robert Peel, en combattant à outrance la réduction d'une heure sur la journée de travail, en même temps qu'il abolissait toutes les taxes sur les produits consommés par les classes ouvrières, sir Robert Peel, en agissant ainsi, ne dissimulait pas le but qu'il se proposait d'atteindre. Ce but était celui-ci : assurer universellement à l'Angleterre la suprématie industrielle, commerciale et maritime; anéantir toute rivalité possible; convertir en monopole de fait la concurrence de droit.
Loin de commettre une inconséquence, ainsi que le lui ont reproché de prétendus philanthropes, sir Robert Peel demeurait, au contraire, parfaitement conséquent avec lui-même.
En ne divisant pas ce qui devait rester uni , sir Robert Peel était, en réalité, plus philanthrope que ceux qui l'accusaient de ne l'être qu'à demi.
Ce qui se passe sous nos yeux depuis trois mois le démontre clairement.
Avant tout, que doit faire un gouvernement éclairé, vigilant?—Ce qu'il doit faire? il doit se placer dans des conditions telles que le travail ne manque pas aux travailleurs. Mieux vaut qu'ils en aient trop que pas assez, mieux vaut encore qu'ils travaillent onze heures par jour que d'implorer en vain une heure de travail à la porte d'ateliers fermés, de fabriques ruinées; mieux vaut enfin fléchir sous la fatigue qu'expirer sous la faim !
Ce n'est pas là peut-être de la politique mise à la portée de la philanthropie, mais c'est de la philanthropie élevée à la hauteur de la politique.
Dans les conditions actuelles de rivalités des peuples entre eux, aussi longtemps que ces conditions n'auront pas été modifiées par un congrès européen, par une Assemblée sociale. Tempire du monde, l'empire des mers, le monopole du commerce appartiendront au bon marché, c'est-à-dire au peuple qui produira, fabriquera, transportera, exportera à meilleur compte. '
C'est ce que sir Robert Peel et l'Angleterre ont admirablement compris.
Point de fausse humanité !
Avec le système contraire, l'ouvrier anglais gagnerait moins et souffrirait plus.
Voyez à quelles conséquences, ou plutôt à quelles mconséquences conduit l'humanité mal entendue!
Le 25 février, le Gouvernement provisoire, sous l'inspiration de M. Louis Blanc :
« S'engage à garantir l'existence de l'ouvrier par le travail, et à garantir du travail à tous les citoyens. »