OU L'ON NOUS MENE
11 juin 1848.
Tous les journaux font enl(Midre la même plainte, tous demandent que « Von gouverne ! »
Gouverner est donc une chose bien difficile?
Oui et non.
Oui, en s'y prenant comme on s'y prend.
Non, en s'y prenant comme on devrait s'y prendre.
Comment faire?
En faisant le contraire de ce qu'on fait; c'est ce que nous répétons depuis quinze ans sous toutes les formes : livres, brochures et articles de journaux.
On divise l'autorité ;
On concentre le travail ;
Il faut :
Concentrer l'autorité ;
Diviser le travail.
Nous l'avons dit, en 1839, au ministère du 15 avril, présidé par M. Mole;
Nous l'avons dit, de 1840 à 1847, au ministère du 29 octobre, dirigé par MM. Duchâtel et Guizot;
Nous l'avons dit et redit, en février et mars 1848, à M. de Lamartine et à ses collègues du Gouvernement provisoire;
Toujours aussi vainement sous un cabinet que sous l'autre, sous le régime réi)ui)iicnin que sous le régime monarchique.
Certes, on ne peut plus se plaindi'c qu'on n'ait pas changé les hommes !
On les a changé tous : roi, ministres, fonclionnaii'cs.
Eh bien! les choses vont-elles mieux?
Non, au contraire, elles n'ont jamais été si mal.
Qu'en faut-il donc conclure?
Que c'étaient les choses et non les honmies qu'il lallail changer.
C'est ce que nous n'avons cessé de dire, c'est ce que nous sommes las de répéter.
Combien de temps serons-nous donc condamnés à ce supplice de tourner toujoui's une meule qui ne moud rien . de tout prévoir sans rien prévenir?
Est-ce que les expériences faites depuis trois mois : Abolition du cens électoral et d'éligibilité, suffrage universel, élection au chef-lieu du département par scrutin de liste, représentants salariés. Assemblée nationale composée de 900 membres, .etc., etc.; est-ce que toutes les expériences tentées ne sont pas concluantes ? Est-ce qu'elles n'ont pas prouvé qu'on a fait ce qu'on ne devait pas faire et qu'on n'a pas fait ce qu'on devait faire ?
Où nous mène-t-on ?
La Démocratie pacifique publie un article intitulé : petits