ILS SE SONT RETIRÉS
agitateurs. Les iippellcroiis-nous, comme les appelait hier M. Flocon, des « agents soldés par l'étranger ou par des prétendants ? » Des agents ne se comptent pas par milliers, n'arrosent pas les pavés de leur propre sang, et des quartiers de Paris ne s'exposent pas pour eux à tous les désastres, à toutes les rigueurs de l'état de siège. Les appellerons-nous enfin « des émeut iers, des factieux, des insurgés? » Mais toute insurrection suppose un gouvernement qu'on veut détruire , un autre gouvernement qu'on veut fonder. Or, disons-le : nous nous sommes mêlé à un grand nombre de groupes , nous avons recueilli une multitude de renseignements; partout nous avons entendu parler avec mépris de l'incapacité, de l'impuissance démontrée du gouvernement issu des bureaux du National et de la Réforme, mais nulle part nous n'avons entendu dire qu'on voulût abandonner la forme républicaine pour revenir au régime monarchique. Les insensés qui plongent ainsi depuis hier matin Paris tout entier dans la terreur, la désolation, le deuil, qui achèvent sa ruine, qui aggravent toutes ses misères, qui le déshonorent, qui le livrent en pleine paix au despotisme du sabre, sont donc inexactement désignés par les noms de « turbulents, d'agitateurs , cl agents soldés, d'émeutiers, de factieux, d'insurgés ; » ce sont des créanciers inexorables qui, après avoir accordé à la République un crédit de trois mois de misère et tenu religieusement leur engagement, exigeaient à leur tour qu'il fût fait honneur aux lettres de change, sohs forme de décrets, qui leur ont été inconsidérément souscrites à l'Hôtel-de-Ville les 25 février, 1®'' et 2 mars par des prodigues auxquels quatre mois ont suffi pour tarir toutes les sources de la grandeur nationale et de la fortune publique, avilir le pouvoir, discréditer la liberté, allumer la guerre civile, désoler la France et transformer Paris en tombeau de la civilisation !
Mémorable et nouvelle leçon qui prouve qu'il ne faut jamais promettre au peuple que ce qu'on est certain de pouvoir tenir, car ce que le peuple pardonne le moins c'est qu'on lui manque de parole. II ne s'offense pas d'un refus
loyal justement motivé, il s'irrite d'une déception enfantée par la peur ; il honore la fermeté, il méprise la faiblesse !
Si les improvisateurs de la République avaient eu à l'Hôtelde-Ville le courage de parler au peuple le langage que nous avons eu la franchise de lui parler dans ce journal, tout le sang versé depuis hier n'eût pas coulé !
Imprudents signataires de décrets que vous ne deviez pas signer, et que vous avez laissé protester, c'est donc sur vous, et sur vous seuls, que retombera et que doit retomber toute la responsabilité de ces deux lugubres journées.
Que parlez-vous, qu'osez-vous parler « de la sédition cri- » minelle de quelques ouvriers égarés? » N'est-ce donc pas vous qui, le P"" mars, les avez égarés en leur disant, dans un décret : « Il est temps de mettre un terme aux longues » et IMQUES souffrances des travailleurs ? » N'est-ce donc pas vous qui, le lendemain 2 mars, diminuiez intempestivement d'une heure la journée de travail en alléguant ce motif : « Un travail manuel trop prolongé, non-seulement » ruine la sanlé du travailleur, mais encore, en l'empêchant » de cultiver son intelligence, porte atteinte à la dignité de » l'homme? »
Si avant le 24 février, alors que le travail était abondant, et que cette abondance mênje exerçait sur le taux des salaires une heureuse influence; si, à cette époque, les souffrances des travailleurs étaient réelles et vous paraissaient iniques, combien ne sont-elles pas plus réelles et ne doivent-elles pas leur paraître plus iniques aujourd'hui que tout travail a cessé et que vous avez éveillé en eux tant d'illusions si cruellement déçues !
Ayez donc au moins la pudeur de garder le silence ! Laissez à d'autres qui n'auront pas trompé le peuple le soin et le devoir de lui faire entendre la vérité. C'est un droit que vous n'avez plus.
JOURNAL DTiN JOURNALISTE AU SECRET.
" Il est bon qu'il se rencontre des citoyens courageux prêts a prendre sur eux une responsabilité hasardée, de ces hommes qu'on appelle mauvaises têtes, mais qui rendent au pays le service de le préserver de révolutions violentes. Sans eux, sans les obstacles continuels qu'ils opposent au pouvoir, celui-ci, libre dans sa marche envahissante, s'avancerait rapidement jusqu'à un point où le besoiif d'une catastrophe apparaitiait de nouveau. »
oDiLos BAEROT. Proccs du Nationul, 1S32.
" II est plus aisé de décréter l'arbitraire que d'en user. »
NATIONAL, 12 juin 1852.
"I Ceux-là. qui veulent la dictature, qui rêvent la destruction de la presse, ne >ont pas seulement de mauvais citoyens, te sont bonnement des imbéciles. Tribunaux politiques, dictature, censure, n'ont jamais sauvé les pouvoirs conâaraués ! »
NATiosAi., 30 septembre 1841.
Prison de la Conciergerie. Dimanche 2 juillet 1848.
Au premier rang 'des libertés publiques se placent incontestablement la liberté individuelle et la liberté de la presse.
Je viens dénoncer à la France le plus faj-ouche, le plus invraisemblable, le plus inqualifiable, le plus incroyable attentat à ces deu.x libertés, pour le triomphe desquelles cependant nous en sommes à notre troisième révolution!
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V'ainemeui clierclierait-on l'explication de cet attentat dans ma conduite et dans mon langage avant et après le 24 février 1848, conduite et langage que je suis forcé de rappeler.
Député, apercevant une révolution venir et m'efforçant de la conjurer, j'avais écrit le 8 février 1848 à M. Odilon Barrot, chef de l'opposition, une lettre dans laquelle j'insistais pour que l'opposition protestât par le nombre imposant de ses démissions contre la flétrissure que lui imprimaient les termes d'une adresse imprudente. Ma pensée était de contraindre ainsi le cabinet à se retirer et en tout cas d'échapper par la fièvre électorale à la fièvre révolutionnaire, d'étendre le danger sur toute la surface de la France, afin de l'affaiblir à Paris.
Seul, et résistant à toutes les instances qui me furent faites pour m'en détourner, je donnai le 14 février 1848 ma démission motivée.
Le 24 février 1848, dès huit heures du matin, j'étais accouru près du chef de l'État pour l'informer de la gravité de la situation, dont il ne semblait pas (fu'on se doutât autour de lui ; trois heures après j'étais le premier à lui présenter le projet suivant de proclamation où chaque mot était un acte :
« Abdication du roi ;
» Régence de M™® la duchesse d'Orléans ;
» Dissolution de la Chambre';
» Amnistie générale.»
Mais, faute de moyens de donner à cette proclamation une immense, rapide et authentique publicité, ce dernier effort de mon dévouement à un gouvernement auquel j'avais juré d'être fidèle demeura stérile.
J'avais rempli jusqu'au bout ce que mon patriotisme avait considéré comme un devoir, car, à la Chambre des députés, bien que je n'en fisse plus partie, je n'avais quitté M'"® la duchesse d'Orléans et ses enfants qu'après avoir concouru à assurer leur retraite.
Je n'étais pas républicain, non pas que mes idées ne fus-
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sent point profondément démocratiques, mais uniquement par dédain pour ce qui n'est que pures formes de gouvernement. J'étais et je suis plus que jamais de l'avis de Mirabeau ainsi exprimé : « Je crois qu'il n'appartient qii'à un » ordre d'idées vagues et confuses de vouloir chercher les » différents caractères des gouvernements. Tous les bons » gouvernements ont des principes communs, ils ne diffè- ') rent que par la distribution des pouvoirs. Les républi- » f/ues, en un certain sens, sont monarchiques ; les monar- » chies. en un certain sens, sont républiques. Il n'y a de » mauvais gouvernements que deux gouvernements : c'est » le despotisme et l'anarchie; mais je vous demande par- » don, ce ne sont pas là des gouvernements, c'est l'absence » de gouvernement. «
Mais après le 24 février 1848, sondant d'un regard tous les dangers, tous les désastres, toutes les conséquences sociales d'une guerre civile, je n'hésitai pas et je fus le premier à faire entendre ce cri : Confiance ! confiance ! qui retentit dans toute la France, écarta la peur des esprits et y fit entrer l'espérance et la concorde.
Une telle conduite empreinte d'autant de franchise que de décision devait assurément me mettre à tout jamais à l'abri du soupçon.
Je le croyais !
Cette conduite, cependant, ne me valut que les attaques du National, attaques marquées au coin de misérables petits ressentiments que l'ouragan d'une révolution n'avait pas été assez fort pour balayer, quoiqu'il eût été assez violent pour briser un trône.
Député depuis 1834, homme d'organisation, c'est-à-dire de gouvernement et d'ordre, jamais la liberté ne m'avait trouvé dans les rangs qui lui étaient opposés. En 1835, j'avais voté contre les lois de septembre restrictives de la liberté de la presse.
Ecrivain, j'avais pris parti, en 1840 , pour M. Lamennais, contre les deux ministres qui s'étaient succédé : M. Thiers et M. Guizot; je m'étais élevé contre la doctrine de la com-
plicité morale, et je n'avais pas hésité à donner raison à M. Dupoty contre M. Hébert (1).
J'avais constamment suivi une ligne droite au milieu des partis; en aucune circonstance, ne sacrifiant à aucune considération, à aucune sympathie, à aucune relation d'intimité, ce que je croyais devoir être l'intérêt de mon pays, l'intérêt de la vérité, l'intérêt de l'avenir.
Peu m'importait que mon indépendance m'isolât et donnât lieu à des calomnies! Des calomnies se multipliant, l'une contredisait l'autre.
Ce que j'avais été sous le gouvernement monarchique, je continuai de l'être sous le gouvernement républicain. Les caractères ^de la trempe du mien ne changent pas avec les événements.
J'avais toujours eu la haine violente de l'arbitraire : après comme avant le 24 février, je la conservai. Je mourrai avec elle.
Ce que j'eusse énergiquement blâmé de la part de M. Duchâtel, je le blâmai sévèrement de la part de M. Ledru- Rollin.
Pourquoi donc eussé-je ménagé M. Ledru-Rollin, alors que je n'avais pas ménagé M. Duchâtel, malgré des rapports d'idées assez nombreux, et des liens d'intimité assez étroits?
Quand M. Ledru-Rollin fit paraître ses célèbres circulaires et ses fameux bulletins ; quand il investit de pouvoirs illimités dans les départements des hommes inexpérimentés, inconsidérés, déconsidérés, des repris de justice et jusqu'à des meurtriers; quand la faux de la destitution se promena impitoyablement et aveuglément sur toute la France ; quand Paris donna le spectacle de la plus scandaleuse cu-
(t) Ce sont des faits que le National, dans son numéro du 20 septembre 1841, a reconnus en ces termes :
K <iuels qti'iiicnt été, quels que puissent être à l'avenir nos débats avec la Presse, nous devons lui rendre la justice de dire qu'elle n'a du moins jamais provoqué ni excusé les violences ni les provocations du pouvoir contre les journaux. Elle n'a jamais non plus approuvé ou défendu les lois de septembre. »
rée aux places, et des vanités les plus risibles, cela est vrai; je criai : Résistance ! résistance !
Entre le cri Confiance ! s'appliquant à la République, et le cri Résistance! s'adressant aux républicains intolérants, entre ces deux cris, poussés à vingt jours de distance, s'il y eut contradiction, cette contradiction provenait-elle de mon fait?
Qui a lu les cinquante articles que j'ai publiés du 25 février au 2 avril 1848 jugera !
Le 29 mars 1848, une bande stipendiée vint menacer de briser mes presses si je persistais à user de mon droit de dire librement ma pensée.
Pendant trois jours, l'émeute soldée stationna devant les portes des bureaux de la Presse.
Elle ne réussit, ni à me décontenancer, ni à me faire taire. Elle en fut pour ses frais !
Des intérêts, plus timides qu'éclairés, vinrent me supplier de ne pas affaiblir par mes censures, si justes et si modérées qu'elles fussent, un gouvernement qui n'était que provisoire, et qu'ils considéraient comme étant le meilleur qu'il fût alors possible de former ; ils vinrent me faire de mon silence une question de patriotisme.
Hésitai-je?
Peut-être n'a-t-on pas encore oublié la conduite empreinte d'abnégation personnelle que je tins jusqu'au 4 mai 1848, jour où se réunit l'Assemblée nationale.
Ni la calomnie, ni les fausses interprétations, qui, cette fois encore, se démentaient elles-mêmes, n'eurent le pouvoir de me faire sortir de la réserve que je m'étais imposée. Tous les sacrifices sont faciles à mon patriotisme sincère, mais peu démonstratif. Je hais les phrases qui n'ont pas les actes pour caution.
Je l'ai dit : je n'étais pas républicain de la veille; conséquemment, je ne crus pas que je dusse aller au-devant de l'élection; je trouvai juste qu'elle me préférât ceux que la nécessité de la possession d'un cens avait pu tenir longtemps écartés de la représentation nationale: je n'opposai
donc absolument aucune défense , aucune résistance aux manœuvres de tous genres qui furent employées pour m'empêcher d'être élu dans le département de la Creuse,
Deux mille voix me manquèrent pour que mon nom sortît utilement le septième ; il ne sortit que le dixième.
Tandis que j'avais, le 28 avril 1848, dans la Creuse, 13,500 voix, 24,000 suffrages m'étaient spontanément donnés à Paris, sans aucune démarche de ma part.
De 24,000 suffrages, le 28 avril, ce nombre s'éleva, le 8 juin 1848, à 70,000; j'ai lieu de croire que si n'eussent été la fraude et l'intimidation exercées dans le dépouillement du scrutin, fraude et intimidation dont j'ai les aveux écrits, mon nom fût sorti l'un des onze premiers de l'urne centrale de l'hôtel de ville.
Mais, s'il en eût été ainsi, l'inviolabilité attachée au titre de représentant du peuple m'eût protégé, et l'inexplicable attentat qui s'est consommé sur ma personne le 25 juin 1848 n'aurait pas pu s'accomplir.
J'en avais reçu l'avertissement ; mais quand on ne redoute point se^ ennemis, on se résout difficilement à s'en défier !
Me cacher m'eût paru une calomnie contre eux, une injure à mon temps, c'est-à-dire un anachronisme, une insulte surtout à l'Assemblée nationale.
Pourquoi me cacher?
Mes paroles ne s'étaient-elles pas toutes vérifiées ?
Mes intentions n'étaient-elles pas droites ?
La liberté de la presse n'existait-elle pas, par delà même les limites de lois non encore abrogées, journellement, ouvertement violées avec la complicité du pouvoir?
Et si j'excédais les limites invisibles de cette liberté indéterminée, la justice n'élait-elle pas encore debout pour les faire respecter?
Ce que les républicainsdo la vieille souche avaientsi véhémenlomentréprouvé,enjuin 1832, lors de la mise de Paris en état de siège, assurément, pensais-je. ils ne le tenteront
pas en juin 1848, alors (ju'ils sont en présence d'une assemblée (le neuf cents représentants qui doivent leur mandat au suffrage universel !
Moi aussi je répétai ces paroles mémorables (1) : Ils ne » Poseront pas ! »
Et comment ne serais-je pas tombé dans cette illusion, quand le chef du pouvoir exécutif était le frère de Godefroi Cavaignac, qui, en 1833, s'était exprimé ainsi : « Quoi! ce » procès pour vous dans un temps où la société est en proie » à un procès, par ma foi, bien autre ; quand elle plie jus- » que dans son axe ; ijuand on ne sait à quel orbite doit » aboutir ce monde dérouté; quoi! dans cette tempête qui » gronde autour de vous, vous entendez le cri d'unjour- » npl ! »
Quand le maire de Paris était l'ancien rédacteur en chef de la Tribune^ M. Armand Marrast, qui avait prononcé ces paroles de bronze marquées au millésime de 1833 : « Si c'est » une guerre contre un seul journal, elle est puérile ; si » c'est une guerre contre la presse, vous y périrez ! »
En d'autres circonstances moins graves que celles où se trouvait Paris le 2o juin 1848, j'eusse suivi ce précepte : « Le mandat de dépôt sous prétexte de flagrant délit ne » peut être décerné légalement contre les écrivains de la » presse périodique, et tout écrivain pénétré de la dignité » de citoyen opposera la loi à VillégaUté^ et la force à la » force. C'est un devoir ; advienne que pourra ! (2) »
Ce fut le conseil que me donnèrent les travailleurs de la Presse, très résolus à opposer la force à la force, ce qui eût été une victoire sans péril, sinon un triomphe sans gloire, car ils étaient en nombre très supérieur aux agents du conmiissaire de police chargé de procéder à mon arrestation et de mettre les scellés sur les presses du journal.
Ce conseil, je refusai de le suivre.
{\] Armand Cin-iel iï la Chambre des pair.-. Ilisloirc Je dir ans, \>ni Louis IVanc-, t. IV, p. 330.
^2) Avmanil Carrel ; jnir. 18.';2. IILloire th J/.r fins-, t. III, p. 312.
A des calamités publiques, je ne voulus pas mêler réclat d'une résistance individuelle.
D'ailleurs, je ne doutais pas qu'un échange d'explications soit avec le préfet de police, soit avec le magistrat compétent, ne fît tout de suite rapporter l'acte que je dus croire avoir été surpris au chef du pouvoir exécutif.
Le 29 mars 1848, je le répète, n'avait-il pas suffi qu'on fît naître un scrupule dans mon esprit pour que de moi-même je me condamnasse à une réserve qui, depuis, m'a été reprochée par ceux-là-mémes à qui j'en avais fait la concession!
Par ce fait, ne donnais-je pas toute garantie de mes sentiments d'abnégation et de patriotisme?
Le commissaire de police chargé de m'arrêter, et qu[ apportait dans l'accomplissement de cet ordre une irrréprochable urbanité, n'en paraissait pas douter.
Arrivé à la préfecture de police, je demandai à parler à •M. Trouvé-Chauvel.
La réponse qu'il me fit fut celle-ci :
« Tous les pouvoirs sont délégués à l'autorité militaire ; » c'est par ses ordres que vous avez été arrêté ; je ne puis' » moi-même qu'y déférer, et je ne saurais vous donner au- » cune autre explication. »
Il ne me restait plus qu'à m'incliner ; c'est ce -que je fis sans insister, après avoir écrit en toute hâte cette seule ligne à ma femme :
« Ma chère amie, je viens d'être arrêté et conduit à la » préfecture de police ; demande une permission pour ve- » nir me voir.