JUIN. — ÉTAT DE SIEGE
« Un mandat d'arrêt avait été lancé contre le rédacteur en chef du Natio- » nal, Armand Carrel ; plusieurs journaux furent saisis ; le domicile des ci- » toyens les plus honorables fut brutalement violé ; les arrestations devin- » rent si nombreuses que pour transporter les prisonniers on dut mettre les » voitures publiques en réquisition. Et de quelle couleur peindre l'aspect » hideux que présentèrent, durant ces heures consacrées h la vengeance, )) les cours de la préfecture de police ! »
PROCÈS d'avril.
« Quoi! ce procès pour vous dans un temps où la .société est en proie à » un procès, par ma foi, bien autre; quand elle plie jusque dans son axe; » quand on ne sait à quel orbite doit aboutir ce monde dérouté ! Quoi , » dans cette tempête qui gronde autour de vous, vous entendez le cri d'un » journal !
)) Non, vous ne nous ferez pas croire que votre colère contre nous soit » Tunique mobile de ce procès... Vous êtes dans une mauvaise voie ! »
GODEFROI CAVAIGNAC. (T. IV, p. 69.)
« Pi c'est une guerre contre un journal seul, elle est puérile; si c'est une » guerre contre la presse, vous y périrez, »
ARMAND MARRAST. (T. IV, p. 70.)
u Quand ou nous montrait les ai'chives de police, le griuioire procé<lurler :) (l's vieux parl.'ments, le- décrets du comité de salut public et d'iuqui-i-
» tion impériale... quand ou nous disait :.I1 y a dans cette montagne de » paperasses de .quoi étouffer toutes les libertés du genre humain, tous les )) droits de la pensée , toutes les généreuîes inspirations du cœur, nous » n'avions qu'une réponse, réponse juste d'abord, mais devenue triviale, à » force d'avoir été démentie par les faits; nous disions : Ils n'oseront pas !
» Ils ont osé ! . . .
» C'est ainsi que nous avons ru l'état de siéyc dans Paris, les écricains poli- » tiques livrés à la juridiction des sergents d'infanterie, la liberté individuelle » adjugée aux caprices du dernier des agents de la force publique , la « sainteté du domicile violée. . . le secret des correspondances devenu la » matière première du réquisitoire. . . C'est ainsi que nous nous sommes » vus nous-fnême dépouillés de nos droits d'écrivains et de citoyens, frap- » pés dans notre liberté et dans notre fortune pour avoir voulu conserver » l'existence du journal d'où partit le premier appel en faveur de la dy- » nastie d'Orléans . . . (J'en demande pardon pour mon compte à la li- » berté et à mon pays.)»
ABMAKD CAKKEL. A la Chambre des pairs. (T. lY, p. 336.)