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LA LIBERTE

3 mars 1843.

Le journal coiisercateu)' de la République française de 1848 n'a rien à rélracler du langage qu'il a constamment tenu, alors qu'il était vraiment le seul journal conservateur du Gouvernement représentatif àc 1830.

C'est que la Presse a toujours été le journal du progrès.

C'est qu'il est un moyen infaillible de n"étre pas inconséquent, c'est de demeurer indépendant.

C'est que les convictions sont à l'esprit ce qu'est au vaisseau Pancre qui le retient dans le port, le protège contre les courants, le préserve du naufrage.

C'est à la fermeté de nos convictions que nous avons dû .notre lucidité, cette lucidité qui, depuis deux ans, nous a donné l'avantage de tout prévoir et de tout prédire; stérile avantage cependant, puisqu'il a été impuissant pour tirer de leur funeste aveuglement les hommes qui, de si haut, viennent de tomber si bas !

A nos yeux, aux yeux de l'Histoire, leur crime sera celui d'un père en démence, possédant une grande fortune, et laissant ses fils atteindre à leur majorité, sans avoir pris soin de leur donner aucune instruction.

Si, depuis dix-sept ans, tous les cabinets qui se sont succédé se fusse proposé pour tâche ou pour but de répandre gratuitement linstruclion dans le peuple, d'accroître son

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