‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856Chapitre 128 sur 199 · VT · texte numérisé non relu

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» L'intérêt de nombreuses familles qui vivent de leur tra- » vail à la Presse doit encore être invoqué à l'appui de la » présente protestation.

» Vingt rédacteurs, vingt-cinq employés des bureaux, » soixante-dix correcteurs et compositeurs ; vingt mécani- » ciens et margeurs, soixante porteurs, soixante-quatre » plieuses, cinq cents distributeurs se trouvent aujourd'hui » sans salaire, et attendent avec une légitime impatience » la révocation d'une mesure qui les prive de leurs moyens » d'existence.

» Cette mesure prive le Trésor public de 2,000 francs par » jour, et les fabricants de papier, d'encre et de caractères » d'imprimerie, d'une consommation journalière d'environ » 4,000 francs. »

» Par ces motifs principaux, l'assemblée décide que, par les soins de M. l'administrateur, copie du présent procèsverbal sera adressée à MM. : .

» Le président de l'Assemblée nationale,

» Le chef du pouvoir exécutif,

» Le ministre de la guerre,

» Le ministre la justice,

» Le ministre de l'intérieur,

» Le procureur général près la cour d'appel de Paris. »

PÉTITION DÉPOSÉE SUR LE BUREAU DE l'aSSEMBLÉE NATIONALE (1).

A M. le x>^'ésident de VAssemblée nationale.

« Monsieur le président , » C'est aujourd'hui mardi 25 juillet. Le journal la Presse a » été supprimé le dimanche 25 juin 1848.

(1) Indépendamment de la pi'tition ci-dessus, la pétition suivante avait 6to déposée le 10 juillet 1848, parles ouvriers et employés du journal la Prewe, entre les mains du citoyen Marie, président de l'Assemblée uatiouale :

Au citoyen Marie , président de V Assemblée nationcile.

(( Les soussignés, ouvriers et employés du joitrual la Presse, viennent

DOCUMEiNTS POUR L'HISTOIRE. 515

» II y a Ironle-et-un jours qu'elle a cessé de paraître ; il » y a trente-et-un jours que 68,000 abonués , qui ont payé » un journal pour le recevoir, ne le reçoivent plus ; il y a y> Irenle-et-un jouis qu'une propriété, fruit légitime de douze » années de travaux, valant quinze cent mille francs au » moins, unique fortune de veuves et d'orphelins mineurs, » faisant vivre près de trois cents familles, près de mille » personnes, versant dans la circulation plus de G,000 francs » par jour, est confisquée.

» Confisquée est le mot ! Bientôt il ne restera plus du jour- » nal la Presse que des engagements, des traités et des baux » onéreux, car ils auront été contractés pour une grande » exploitation florissante, et cette exploitation aura été dé- » truite, ruinée. D'un journal plein dévie il ne restera plus » que le cadavre.

» Est-ce là ce qu'a voulu le pouvoir exécutif?

» Si c'est là ce que veut le pouvoir exécutif, serait-ce » donc trop exiger que de lui demander d'avoir la franchise » de le déclarer?

» Alors l'écrivain qui a attiré sur la propriété dont il ne

vous demander de levei" l'interdit qui pèse sur ce journal depuis le 25 juin , 1848.

» Ils ont attendu jusqu'à aujourd'hui, parce qu'ils espéraient de jour en jour que cette publication allait reprendre son cours, et parce que l'administration leur avait conservé la moitié de leur traitement. Mais les paroles prononcées hier à l'Assemblée constituante, desquelles il semblerait résulter que la situation actuelle pourrait se prolonger indéfiniment, et qui viennent de faire prendre à l'administration du journal la résolution de leur supprimer leur demi-traitement à compter de lundi prochain, les mettent dans la nécessité de venir déposer entre vos mains leur protestation contre la suspension du journal la Presse, suspension qui les prive de leur salaire, et cela encore dans un moment aussi critique.

» Leur réclamation leur semble fondée en droit et en justice. La Presse est un journal qui existe depuis douze ans, qui n'a jamais prêché le désordre ni la guerre civile, qui est dans toutes les conditions de léo-alité voulues, puisqu'il a un cautionnement au Trésor.

» Ils ne peuvent s'expliquer que cette suspension ait pu être prononcée et surtout doive durer encore lorsque la tranquillité est rétablie. Ils s'expliquent encore moins qu'on réduise à la misère deux cents familles, et cela dans un moment où la détresse est si grande. Ils vous prient en conséquence de jeter vos regards sur cette situation, qui, si elle devait durer plus longtemps, réduirait au désespoir des hommes inofïensifs.

[Suioenl les sigiiatures.)

» possédait qu'une portion la foudre de la confiscation saura » quel parti il doit prendre.

» Il ne saurait rester plus longtemps dans une attente » dont il souffre, moins encore dans la conservation de sa » lortune, que dans la dignité d'une liberté qu'ilaconstam- » ment défendue.

» Que lui reproche-t-on ?

» La société , le gouvernement , la sincérité des élections, » l'indépendance de l'Assemblée nationale, attaqués de » toutes parts depuis le 24 février, ont-ils eu une sentinelle » plus vigilante, un défenseur plus énergique?

» Est-il une seule mesure imprudente qu'il ne se soit ef- » forcé de prévenir ?

» Est-il un seul de ses nombreux articles , tous signés , » dont les événements soient venus contredire la vérité et » la modération ?

» Est-il une seule circonstance grave qu'il ne se soit appli- » que à détourner?

» Est-il une seule de ses pré visons qui n'ait été dépas- » sée.

» Un seul mot coupable, un seul , s'est-il glissé sous sa » plume?

» Qu'on le lui montre, il est prêt à le racheter au prix de. » tout ce qu'il possède.

» Mais un article coupable pût-il lui être reproché, que » cela ne suffirait pas pour justifier la suppression d'un » journal, alors surtout que cette suppression a eu lieu sans » ouverture d'aucune action, sans poursuites judiciaires, » sans jugement, sans condamnation.

» Le gouvernement avait le droit défaire saisir les numé- » ros du journal ; c'était un droit que lui donnait l'article 7 » de la loi du 25 mai 1819. C'eût été pour le journal un » avertissement significatif.

^^ Le Moniteur, dans son numéro du 26 juin, s'exprime » ainsi :

« Quelques personnes ont annoncé que M. Emile de Girardiu avait été )) arrêté, et que les scellés avaient été apposés sur les presses de son jour-

- .,'ifîiilliïtîi'-

DOCrMENTS POm L'HISTOIRE. 517

» nal. Le fait est vrai, mais il faut ajouter qne dix autres journaux ont » également cessé Je paraître et que leurs presses ont été mises temporai- » rement sous scellés. Ces journaux, ainsi frappés sans acception d'opi- » nions, mais parce que leur rédaction était de nature à prolonger la lutte » qui a ensanglanté la capitale, sont : la Révolulior^, la Fraie République, » VOnjanisation du Travail, V Assemblée nationale, le Napoléoti républicain, le » Journal de la Canaille, le Lampion, la Liberté, le Père Duchéne et le Pilori.»

» Entre tous ces journaux , la Presse était le seul journal » qui donnât au gouvernement et au Trésor toutes les ga- » ranties exigées par la loi du 18 juillet 1828, rappelée dans >> la dépêche de M. le procureur-général Corne, datée du » 24 juin et insérée au Moniteur du 25. Cette loi n'exige y> qu'un cautionnement de 2.100 francs de rente (moins de » 40,000 fr.j. Le cautionnement versé par la Presse au tré- » sor public est de 100,000 francs.

» Le 24 juin 1848, il eût donc suffi, pour que les dix jour- » naux mentionnés au Moniteur fussent dans l'impossibilité » matérielle de paraître, de proclamer le rétablissement de » l'égalité devant la loi, et de les astreindre à l'accomplis- » sèment des mêmes garanties que celles données par les r> autres journaux ayant effectué le dépôt d'un cautionne- » ment.

w En agissant ainsi , c'était un retour à loi, rien de plus; » ni la Républi(iue, ni le pouvoir exécutif ne laissaient dans » l'histoire les traces d'un acte qui restera mémorable, » d'un acte réprouvé par tous les principes dont la défense » a rendu célèbres les noms d'Armand Carrel et de Gode- » froy Cavaignac, d'un acte qui est la justification de l'Etat » de siège de 1832, de la Monarchie de 1830, de la Restau- » ration et de l'Empire.

» En efï'et, que fût-il arrivé si a la lutte, » au lieu de pré- » céder le vote de la Constitution, l'eût suivi '?

)) En présence des articles formels 118, 119, 120, 121, 122, » 126 et 128 de la Conslituliun pmjetée, la suppression du » journal la Presse, déjà impossible sous les lois actuelles, » eût été plus impossible encore. Eh bien 1 de deux choses » l'une : ou le salut public exigeait impérieusement cette » suppression, ou il ne Texigeait pas.

« Si le salut public commnndait cette confiscation et que y> la Constitution l'interdît, la Constitution mettait donc en » péril la République ; si, au contraire, le salut public ne » commandait pas cette triple et grave atteinte portée à la » propriété, à la liberté de la presse, à la liberté indivi- » duelle, c'était donc une violation gratuite de tous lesprin- » cipes, un acte arbitraire ne pouvant même pas invoquer » la nécessité pour excuse.

» La question est posée, et ce dilemme inévitable se pré- » sentera sans qu'on puisse l'éluder dans le cours de la dis- » cussion de la Constitution : ou l'exercice de toutes les li- » bertés sera subordonné à l'omnipotence de l'état de siège, » ou la législation exceptionnelle de l'état de siège sera » définie, limitée. Dans ce dernier cas, ce sera la condam- » nation de l'acte par lequel le journal la Presse a été sup- » primé et son rédacteur en chef incarcéré et relâché sans » qu'on ait pu lui imputer aucun délit.

« Quel est le danger' qui, les 23, 24, 25 et 26 juin, mena- » çait la société? Quel est le danger contre lequel la garde » nationale, la garde mobile et la troupe de ligne se sontar- » niées et ont vaillamment combattu?Ledanger était celui y> qui mettait en question la propriété, qui la menaçait du » pillage.

» Eh bien ! quel est le premier acte par lequel se distin- » gue, le 26 juin, le pouvoir exécutif? C'est par un attentat » à la propriété, c'est par un acte de confiscation qui ruine » des veuves, qui ruine des orphelins, qui prive de travail » et de pain trois cents familles. Croit-on qu'un tel acte, » que rien ne justifie , ne soit pas un irréfutable argument, » un dangereux précédent fournis aux ennemis systémati- » ques de la propriété?

» Non, rien, absolument rien, ne justifie un tel acte, car » si des journaux tels que le Père Duchéiie , le Pilori, le » Journal de la Canaille sapaient la société dans ses bases, » il ne fallait pas en tolérer la publication contrairement à la » législation en vigueur ; il n'y avait, pour les empêcher de » paraître, qu'à leur appliquer le principe inattaquable de

» légalité devant la loi, qui prévoit les contraventions et rc- » prime les délits.

» Pourquoi a-t-on attendu que le sang ait coulé dans les » rues pour se rappeler qu'il existait des lois préventives et )) répressives? Pourquoi a-t-on préludé à la violence par la » faiblesse, à l'arbitraire parla complicité? Aurait-on voulu » se préparer ainsi les voies de la dictature ? Et le coup qui » a frappé le 25 juin la Presse et son rédacteur en chef » n'aurait-il visé que les dix lignes insérées dans le numéro » du 22 juin ?

» Ce qui tendrait à le faire croire, c'est l'insuffisance, » pour ne pas dire l'absence des dispositions militaires pri- » ses les 22 et 23 juin, alors que personne n'ignorait que » la dissolution des ateliers nationaux était le motif ou le » prétexte qui devait servir d'aliment à une nouvelle et re- » doutable insurrection? Le 22 juin, qui était ministre se- » crétaire d'État de la guerre ? Qui était chargé, en cette » qualité, de pourvoir à la défense de la société, à la sécu- » rite de Paris ?

» N'y avait-il rien de mieux à faire que de réprimer Tin- » surrection ? Ne pouvait-on l'empêcher d'éclater en dé- » ployant, avant le 23 juin, un appareil militaire qui étouf- » fàt dans son germe l'insurrection, qui lui montrât l'iné- » galité de ses forces et son impuissance évidente sinon » d'engager la lutte, du moins delà soutenir ?Le sang n'eût » pas coulé, la France n'aurait pas eu à déplorer la perte » de plusieurs de ses représentants, parmi lesquels de bra- » ves généraux ; le diocèse de Paris n'eût pas été privé de » son pasteur par une balle homicide ; d'innombrables fa- » milles ne seraient pas dans le deuil ; l'écrivain qui avait » averti n'eût pas été puni de sa vigilance, la liberté n'eût » pas été violée, la question de savoir si elle est possible » en France ne serait pas aujourd'hui posée dans tous les » esprits.

» M. le général Gavaignac ne se le dissimule pas, il ne peut « se dissimuler la grave responsabilité qu'il a encourue et » dont l'histoire lui demandera compte, si la tribune reste

ï* silencieuse. Aussi se prépare-t-il à faire retomber cette » responsabilité sur l'Assemblée nationale , ou du moins à » la lui faire partager en obtenant d'elle un vote approbatif » de sa conduite, un bill d'indemnité qui déclare qu'il n'a » pas excédé ses pouvoirs, et qu'il n'a fait que ce qu'exigeait » la suprême loi, la loi du salut public.

» 11 faut que l'Assemblée nationale le sache ! Il faut qu'elle » soit prévenue afin de ne pas être surprise. C'est l'objet de » cette lettre.

» S'il plaît à FAssemblée nationale d'accepter devant » l'histoire cette solidarité, du moins ce sera en connais- » sance de cause qu'elle l'acceptera.

» En l'absence de la liberté de la presse, en l'absence du » droit de discussion, qui n'existent plus que de nom dès » qu'ils sont placés sous la menace de la juridiction mili- » taire, on pourra égarer la majorité, maison n'égarera pas » la postérité qui juge, en dernier ressort , la conduite, les » actes, les intentions, les discours des assemblées délibé- » rantes.

» Empêcher que la lumière se fasse sur l'insuffisance des » précautions prises les 22 et 23 juin , tel est l'unique objet » de la prolongation de l'état qui suspend la liberté de dis- » cussion, tel a été l'unique motif pour lequel la Presse a » été supprimée le 25 juin, et son rédacteur en chef mis et » tenu pendant dix jours au secret le plus rigoureux. Yai- » nement chercherait-on une autre explication.

» En effet, M. le général Cavaignac a le plus grand intc- » rêt à ce que la vérité ne se fasse pas jour, à ce que la » presse terrorisée n'ose élever la voix, à ce que la tri- » bune désertée reste muette. M. le général Cavaignac y a » le plus grand intérêt, d'abord parce que les articles 114, » 115 et 116 du Code pénal , qui protègent la liberté indi- » viduelle, sont formels, ensuite parce que toute discussion » sérieuse qui s'engagerait mettrait en péril et la conser- » vation de sa popularité et le succès de sa candidature à » la présidence de la République.

» Si cette supposition n'est pas fondée, d'où vient donc

DOCmiENTS POUR L'HISTOIRE. 521

» que le lendemain du jour où l'insurrection a été vaincue y> et désarmée, les scellés apposés sur le matériel de la » Presse n'aient pas été levés? D'où vient donc que la liy> berté n'ait pas été rendue aux journaux d'exprimer leur » opinion en se conformant aux lois préventives et répres- » sives en vigueur?

» Si l'exercice de cette liberté est un péril public, ce » péril sera le même dans un mois qu'aujourd'hui, après » comme avant la Constitution. Alors il faut être logique et » supprimer la liberté de la presse ou rétablir la censure.

» Est-ce là ce que peut vouloir l'Assemblée nationale? » Est-ce là ce que peut vouloir la France qui s'est associée » à une révolution laite pour la liberté de réunion et contre » les lois de septembre ?

« Si ce n'est pas là ce que veulent, ce que peuvent vou- » loir l'Asseml)lée nationale et la France, le maintien de la » suppression du journal la Presse est une inconséquence ; » ce n'est pas seulement une inconséquence, c'est une in- » gratitude.

» Celui qui ne craint pas de s'exprimer ainsi, objet déjà » d'implacables haines, ne se fait aucune illusion; lisait » fort l)ien qu'il s'expose à payer de nouveau la franchise » de son indépendance par la perte de sa liberté ; mais » cette fois, après l'avoir arrêté (il attend chez lui qu'on » l'arrête), on ne pourra pas faire planer sur lui d'odieux » soupçons ; on ne pourra pas dire faussement : C'était un » agent de la réaction, c'était un agent de l'étranger; il » faudra dire : On l'a ariêté parce qu'il a eu le courage » d'articuler la vérité ; on l'a arrêté pour le contraindre au » silence, comme on bannissait à Athènes tous les cinq ans » celui dont l'absence était jugée nécessaire.

» Juger nécessaire au salut public le silence d'un écri- » vain exempt de toutes passions, observateur des lois, » soutien de tout gouvernement régulier, défenseur du » droit de discussion contre le droit d'insurrection, n'ayant » jamais conspiré, ne s'étant jamais parjuré, est un de ces » rares honneurs qu'on ne paye pas trop cher par la perle

» de sa liberté, la confiscation de sa propriété et la ruine » entière de sa fortune.

. » La vérité n'est pas ingrate, l'avenir lui appartient ; une » part de cet avenir est réservée à quiconque a noblement » souffert pour elle,

» C'est dans cette ferme conviction que le rédacteur en » chef de la Presse maintient son droit et remplit son de- » voir en vous adressant cette lettre, qu'il vous prie de » vouloir bien porter h la connaissance de Ti^ssemblée » que vous présidez.

» L'Assemblée nationale ne saurait plus longtemps pa- » raître indifférente aux faits qui viennent de lui être ex- » posés sans en assumer la responsabilité éternelle; ces » faits sont la suppression de la liberté de la presse dans » son exercice le plus restreint et le plus légitime ; la vio- » lation de la libellé individuelle sans cause et sans expli- » cation; la confiscation de la propriété au mépris de » toutes les lois.

» Le 24 juin 1848, l'Assemblée a-t-elle entendu délé- » guer seulement au chef du pouvoir exécutif tous les pou- » voirs exécutifs exclusivement nécessaires à la répression » de l'insurrection, ou bien a-t-elle entendu lui déléguer » tous les pouvoirs, môme législatifs, allant jusqu'à la sup- » pression de toutes les ]il)ertés, jusqu'à la confiscation de » toutes les garanties, jusqu'à l'anéantissement de tous les )^ droits, jusqu'à la destruction, du principe de la pro- » prié té?

» C'est ce que décidera l'accueil fait à la présente pé- » tition.

» Salut et fraternité.

» É. DE GIRARDIN

CONSULTATION POUR LES PROPRIÉTAIRES DE LA PRESSE. Le 25 juin 1848, à trois heures, un commissaire de police

DOCOIENTS POUR L'HISTOIRE. 523

se présenta dans les bureaux de la Presse^ porteur de Tordre suivant :

« Le clief du pouvoir exécutif,

» En vertu du décret de l'Assemblée nationale qui met la ville de Paris en état de siège,

» Arrête :

» Le préfet de police et tout agent de la force publique, sur le vu du présent arrêté, fera arrêter le citoyen Emile de Girariliu et puptri-MER le journal la Presse.

)) Le préfet de police fera immédiatement saisir toutes les feuilles publiques qui, par leurs publications hostiles, prolongent la lutte qui ensanglante la capitale et compromettent le salut de la République.

X Paris, 25 juin 1818.

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