URU-ROLLIN, ARAGO
nelle. Plus la persécution a été basse, et moins il nous en coûte de nous élever au dessus d'elfe, par l'oubli de toute rancune poussé jusqu'à l'oubli même de la grave atteinte, irréparable peut-être, portée à une grande exploitation. déjà profondément frappée, depuis le 24 févriei', dans l'une de ses deux branches de produits.
Arrière donc le passé ! ne voyons que le pt'ésent, interi'ogeons l'avenir!
Ea gravité des circonstances ne s'est pas affaiblie : « aux » périls ont survécu les difficultés; » elles subsistent tout entières. La guerre n'est plus dans les rues, mais la paix est-elle dans les esprits? Les bras sont désarmés, mais les passions sont irritées; les défiances s'étendent; les ressentiments s'exaltent; les plaies s'enveniment; plus que jamais nous sommes à la merci d'une faute, d'une erreur, d'une surprise, d'une complication, d'un incident. Le pouvoir existant a pour lui la force qui veille, mais il a contre lui la misère qui déborde. Le gouvernement de 1830, lui aussi, eut ses journées d'avril, de juin et de mai, dont il sortit trois fois victorieux, ce qui ne l'empêcha pas, le 24 février, de succomber à la quatrième épreuve. Trois fois déjà la République a échappé miraculeusement aux tentatives d'avril, de mai et de juin ; la quatrième fois, la République sera-l-elle aussi heureuse? Il faut le souhaiter, mais il n'y faut pas trop compter, afin de ne point s'endoirnir dans un dangereux optimisme, afin de ne se point retrancher derrière un égoïsme funeste ! Le seul moyen d'échapper aux conséquences terribles d'un ^4 fé%Tier du régime nouveau, lequel 24 février serait la victoire du drapeau rouge, c'est de se conduire comme si cette victoire était imminente et inévitable ; c'est de ne rien épargner pour la conjurer, afin de n'avoir, quoiqu'il arrive, rien à se reprocher.
Nous donnerons l'exemple.
Anmistierle pouvoir exécutif, d!;nt le premiei" acte a été de nous frapper dans notre liberté et dans notre fortune, l'aider de tous nos efforts à triompher des graves difficultés contre lesfiuelles il se débat péniblement, sera la seule ven-
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geance que nous tirerons du mal qui nous a été fait, du mal plus grand dont on avait peut-être conçu la pensée et Tespoir, de l'immense dommage enfin qui nous a été causé, et que nous n'eussions pas rappelé s'il ne se fût pas étendu autour de nous à plus de trois cents familles n'ayant d'autres moyens de vivre que leur travail.
EGALITE DEVAXT LA LOL
7 août 1843.
Le Moniteur publie l'arrêté suivant :
« Le président du conseil, chargé du pouvoir exécutif,
B Arrête :
» Est levée à compter de ce jour la suspension prononcée par l'arrêté du 27 juin 1848 contre les journaux la Bécolution^ la Troie République^ YOrganisation du travail, la Presse, l'Assemblée nalionale, le A'aj»o/eon réintblicain, le Journal de la Canaille, le Père Duchêne, le Pilori, la Liberté et le LampioH.
» Art. 2. Les scellés apposés en exécution de l'arrêté du 27 juin 1848 sur les presses servant à imprimer les journaux susdésignés, seront levés par les fonctionnaires qui ont procédé à leur apposition.
» La prohibition d'imprimer lesdits journaux et tous engagements pris parles imprimeurs relativement à cette prohibition sont considérés pour l'avenir comme non avenus.
» Art. 4. Le préfet de police est chargé de l'exécution du présent arrêté.
» Fait à Paris, le 6 août 1848.
» E. CAVAIG>"AC. »
En enregistrant eet arrêté tUi 6 août, nous renou\elonsde la manière la plus formelle et la plus énergique notre protestation contre Tarrèté du 2o juin 1848, qui a supprimé ou suspendu onze journaux.
Le pouvoir exécutif n'avait pas ce droit.
L'Assemblée nationale ne le lui avait pas conféré (Ij, et le lui eût-elle donné que la fidélité aux principes, l'honneur de la République, le scrupule de Thistoire et le respect de l'avenir eussent dû l'empêcher d'accepter un tel flroit.
Le président du conseil avait le droit de faire saisir les journaux et le pouvoir de les faire, poursuivre. La preuve qu'il avait ce droit et ce pouvoir, c'est qu'il en a usé à l'égard de la Gazette de France, dont les numéros viennent d'être saisis et dont le gérant est poursuivi ; déjà il en avait usé à l'égard du Peuple constituant et de son gérant.
C'est donc à tort que M. le général Cavaignac s'est exprimé en ces termes dans la séance du 8 juillet 1848 :
« J'ai dit qu'à l'époque où nous nous sentirions suffisamment armés contre les hostilités de certains journaux, nous ne ferions plus dépendre la l'éapparition des jouTnaux du maintien de l'état de siège. »
Après le vote des deux décrets à l'ordre du jour, sur les cautionnements de journaux et sur les crimes et les délits de la presse, le gouvernement ne sera ni plus ni moins