ENCORE LA LIBERTÉ DE L'ENSEIGNEMENT
28 septembre 1848.
C'est une chose bien rcmarqnohie que les gens qui ont toujours à la bouche les maximes du selfgouvernment, les apôtres de cet évangile qui proclame le droit du pays à se diriger lui-même en vertu de sa seule volonté et de sa puissance souveraine, soient les plus hardis violateurs de ces maximes et de ce droit, dès qu'il s'agit de ne plus faire de phrases et d"arri\ er à la praticjue.
La Réforme api)laudit avec frénésie au \ote de l'Assemblée nationale qui a r(>fusé la liberté d'enseignement, et sail-on quel est le motif de cet enthousiasme?
« Le jour où le g )uvernement laisserait l'instruction au ') hasard, sans règle, sans conduite, sans tutelle, la France « aurait' sa seconde campagne de 1815; elle introduirait » elle-même le Cosaque et le moine d,nns ses familles; elle B livrerait plus que ses frontières, elle livrerait ses enfants. 0 c'est-à-dire ses destinées ! »
Cela veut dire, en bon français, que le pays est hors d'étal d'appréeier ce qui lui con\ ient, et que, si on le laissait agir dans la plénitude delà souveraineté qu'on lui a reconnue.... en principe, il irait tout au rebours de la direclion qu'on lient à lui imprimer.
applaudissait, elles lettres étaient inscrites au Moniteur, où chacun peut aller les lire.
Elle battait monnaiasur la place de la Révolution.
Elle guillotinait des femmes enceintes. (Voir VHistoire des Girondins par M. de Lamartine, t. vin, p. 208.)
Elle amenait la Convention en corps sur la place de la Révolution, le 21 janvier 1794, alin de voir tomber quatre têtes, et de fêler ainsi l'anniversaire de la mort de Louis XVL (Voir le Moniteur du 23 janvier I794\
Eh bien ! dans tout cela, M. Cavaignac déclare sole;inellement, spontanément, qu'il « ne trouve rien A BLAMER.»
On le voit : au fond de toutes les paroles de M. Cavaignac se retrouve sa fameuse doctrine de « ['ASCENDANT MO- RAL. »
La Terreur n'était pas autre chose : c'était le triomphe de l'ascendant moral.
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