L'OPTIMISME REPUBLICAIN
République ; la Presse^ au lieu de se mettre du eôté de l'intrigue, s'est mise, sans hésiter, du côté de la logique. La Presse ne s'est pas enquis si elle blessait des idées reçues, mais si elle satisfaisait des idées justes, si la majorité lui donnait tort, mais si l'avenir lui donnait raison. El connue ses opinions ne changent pas au gré d'un vole, le vole qui a rejeté Tamendemenl Grévy à la majorité de 643 contre 158 voix, n'a aucunement entamé sa conviction profonde que ce système était le seul qui pût fonder en France la République. C'est bien h tort que l'on a confondu entr'eux des modes de constituer le pouvoir exécutif qui n'avaielit rien de commun. L'élection par rAsseml)lée nationale d'un président du conseil qui eût formé comme il l'eùl voulu son cabinet, el qui eût gardé le pouvoir aussi longtemps qu'il aurait conservé la majorité, ne ressemblait en rien aux pouvoirs exécutifs imaginés par les Constitutions de 1793 el de 1795, rouages défectueux et compliqués.
Dans la Constitution de 1793, le pouvoir était exercé par un conseil exécutif composé de vingt-quatre metnlires, et choisi sur une liste de candidats présentés par l'assemblée électorale de chaque département ; dans la Constitution de 1795, le pouvoir exécutif était délégué ii un directoire de cinq membres, nommés par le Corps législatif, faisant les fonctions d'assemblée électorale au nom de la nation.
Dans Tune comme dans Tautredeces deux combinaisons, le pouvoir était disséminé, les membres étaient égaux et solidaires entre eux ; aucun ne pouvait avoir une volonté (prelle ne dépendît d'une autre volonté; c'était la doctrine (lu communisn)e appli(piée non pas à la propriété, mais à l'autorité.
Rien de pareil dans l'élcctidn d'un président du conseil nommé par PAsscmblée natiunal<\ connue s'il eût été nouimé par un souNcrain couronné formant, modilianl (tu révoquant il son gré, et selon les circonstances, le persoimel de son aduiinistralion.
Ce mode si simple tranchait la qu(»stion pendante entre le sufl'rage universel el l'élection du second degré : il lais-
sait à l'cccirt tous les prétendants; il n'excluait aucune supériorité, aucune notabilité; il convertissait le provisoire en définitif; il dissipait toute crainte de guerre civile; il no donnait à aucun parti la victoire sur un autre, quel qu'il fût .
Mais ce mode avait trop d'a^'antages pour avoir aucune chance.
Pourquoi ?
Demandez au \'ésuve pourquoi il \ erse des torrents de lave.
L'avenir montrera, tlu National et de la Presse^ qui, cette fois encore, a le mieux compris et défendu en cette dernière occurrence l'existence et l'affermissement de la République !
Que le président de la Républi(|ue soit nommé par le suffrage universel au lieu de l'être par l'Assemblée nationale, ou bien qu'il l'eût été par l'Assemblée nationale au lieu de l'être par le suffrage universel, dès que le président de la République est incommutabic, il fera ce ({ue fait une roue d'engrenage qui s'arrête lorsque l'autre roue continue de tourner : la plus forte brise la plus faible et paralyse le jeu de tout l'appareil.
Le National n'a vu que le fait, nous avons vu le principe ; le National n'a considéré que le présent, nous avons considéré Tavenir.
Que le National ne (.lise donc pa^ que notre but secret est le renversement de la République ; c'est aussi ce que disait \ Epoque quand nous somnn'ons M. Guizot, en avril 1847, de tenir les promesses (Taoùl 1846; quand, le 27 mars 1847, nous n;»us séparions de lui uniijuement parce qu'il s"élait séparé de son progiannne de Lisieux.
Peu nous importe la f:)rme du gouvernement !
Ce (pie nous voulons; — c'est la sécurité, sans laquelle il n'y a pas de liberté ; c'est la liberté, sans laquelle il n'y a pas de progrès ; c'est le progrès, sans lequel il n'y a pas d'ordre durable; c'est l'ordre, sans lequel il n"y a pas de confiance ; c'est la confiance, sans laquelle il n'y a pas de travail ; c'est le travail, sans lequel il n'y a pas de bien-êtrç