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populaire ; (.-"osl le bieu-èlre populaire, sans lequel leiuNeau de l'éducation démocratique ne saurait s'élever; ce que nous voulons, enfin, c'est fermera jamais Tère de la violence, et le seul moyen de lermer celle-ci, c'est d'ouvrir l'ère de l'intelligence.
Si \ouloir tout cela c'est pousser au renversement de la République, le A'(///o/ia/ règne et gouverne : qu'il nous envoie un commissaire de police qui mette encore une fois les scellés sur nos presses, cela lui ôlera la difficulté de nous repondre.
11 iiovenibre 1848.
Le National s'élonne que nous ayons la prétention d'élre |)lus l'épublicain que lui.
(lel etonnement nous l'appelle celui qu'exprimait l'année dernière, à cette époque, le Joui-nal des Débats quand nous soutenions que nous étions plus monarchique en coml)attant l'optimisme nn'nistériel que ne Téliiit cette feuille, en le soutenant et en le partageant. Avions-nous tort?
Il est une manière d'être l'ami sincère de tontes les formes de gouvernement, c'est d'être l'ennemi déclaré des abus sous tous les régimes.
15 octobre 1848.
Les situations nettes font les politiques fortes ; les situations faibles font les politiques indécises.
La première loi de la solidité de tout édifice, c'est de reposer d'aplomb sur ses assises.
Plus le sol est mouvant, plus les assises doivent être fermes ; plus les circonstances sont graves, plus les principes doivent être absolus.
Opposer à la logique des situations l'inconséquence des conduites, c'est échapper à l'ornière pour rouler dans l'abîme.
C'est ce qui est arrivé à la royauté de 1830.
Parla Coalition de 1839 s'explique la Révolution de 1848. L'une a été l'abîme, l'autre l'ornière.
Le ministère du 12 mai 1839 fut une faute grave ; il est l'origine, il est le germe detous'les événements qui se sont accomplis.
Après le triomphe de la Coalition, ce fut une faute, une grande faute d'exclure du nouveau ministère et M. Thiers et i\l. Guizot; en 1840 (le l'^'" mars et le 29 octobre), ce fut une faute non moins grave de séparer ces deux hommes, que la Coalition, ;\ tort ou à raison, avait unis, et de rompre ainsi une solidarité qu'il fallait ou habilement prévenir ou sagement maintenir.
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De ce jour, la Royauté courut à sa perte, car elle ne niaicha plus qu'au hasard ; de ce jour, on put en entrevoir la chute, car elle avait brisé les échelons ffui devaient l'aider à descendre ou à monter sans péril réchelle des combinaisons ministérielles ; de ce jour, un grand désastre fut à craindre, car la locomotive avait quitté le rail ; de ce jour, enfin, il n'y eut plus un caractère qui fût dans la vérité de son rôle et dans la logique de son passé.
A quoi sert l'expérience '? Vainement les régimes changent, les mêmes fautes se renouvellent.
Après les trois votes (jui ont eu lieu, le 16 septembre 1848, à l'occasion de l'envoi de commissaires dans les départements ; le 9 octobre, sur le mode d'élection du président de la République ; le 11 octobre, sur la suspension des journaux ; après ces trois échecs significatifs, la politique, cette logique des événements, ce trait-d'union entre le passé et l'avenir, voulait que le président du conseil se retirât avec les membres de son cabinet.
Qu'a fait M. le général Cavaignac ? Ce que M. Guizot avait eu le tort de faire en mai 1847, lorsqu'il fit porter à MM. Lacas e-Laplagne, de Mackau et de Saint- Yon une responsabilité qu'il devait s'imputer, tout au inoins partager.
Ce que nous avons énergiquement bliimé en mai 1847, sous la royauté, nous ne saurions complaisamment l'approuver en octobre 1848. sous la République.
On a vu où cette conduite a mené M..(juizot ; on verra où cette conduite mènera M. le général Cavaignac, si l'élection pai' le suffrage universel du jnésident de la République n'arrive pas assez tôt pour le soustraire à ces deux conséquences, de la modification ministérielle (|ui a fait sortir du cabinet M.M. Senard, Rccurt et Vaulabelle, pour y faire entrer MM. Freslon, Vivien et Dufaure : au dedans ducabinet division, au dehors coalition.
M. le général Cavaignac, se retirant avec tous les membres du cabinet dont il était le président, mettait en demeure par le fait M. Dufaure et ses amis d'exercer l'intérim du pouvoir et de former un ministère homogène. Ou M. Dufaure y
parvenait ou il n'y parvenait j)a.s. Dans l'un comme dans l'autre cas, la situation était nette. Si M. Dufaure n'y parvenait pas, M. le général Cavaignac revenait plus fort de toute la faiblesse constatée de ses héritiers présomptifs ; si, au contraire, M. Dufaure y parvenait, bien des incertitudes disparaissaient, bien des nuages s'éclaircissaient, bien des difficultés s'aplanissaient, bien des dangers s'affaiblissaient !
Au contraire, dit-on, c'était aggraver le péril, car c'était partager 1" Assemblée en deux camps ennemis, et jeler à la rue un imprudent défi.
S'abuserait-on, par hasard, jusqu'à ce poinl de croire qu'une lutte ouverte ou souterraine ne va pas s'engager entre les deux tendances opposées, et qu'un j)rofond déchirement n'aura pas lieu ?
Eh bien! si cette lutte et ce déchirement sont inévitables, n'était-il pas préférable qu'ils fussent décisifs ? N'était-il pas préférable de ne pas attendre le moment où les rigueurs du froiil seront venues irriter encore les angoisses de la faim et exaspérer les désespoirs de la misère ?
La misère ! la misère ! c'est le goufl're où tout menace de s'engloutir. Il y a assez longtemps que nous le répétons, car c'est le cri que nous avons fait ententire avant même que les pavés des baiTicades de février eussent été remis à leur place. La misère ! la misère ! Il n'y avait qu'un moyen efficace d'en soulager Jes tortures et d'en arrêter les progrès : c'était de sortir au plus vite du provisoire et de l'inconnu, c'était de relever sans retard le travail par le crédit, et le crédit par l'économie. Eh bien ! qu'a-t-on fait depuis huit mois? Au lieu d'utiliser un temps précieux, on l'a gaspillé. Au lieu de diminuer les dépenses, on lésa augmentées. Que feront, que pourront faire ■MM. Dufaure et Vivien dans un cabinet où sont M.M. Goudchaux et Bastide : M. Goudchaux, dont on a pu apprécier les idées en matière de crédit; M. Bastide, dont on a pu juger l'habileté à dénouer les complications de la politique extérieure?
Aux grands maux les grands remèdes, disent, les nations
dans leur sagesse. Le mal qui nous dévore est grand ; c'est ce que personne ne contestera ; le remède qui nous est apporté est-il proportionné au mal ? C'est ce dont tout le monde doutera.
Or, c'est précisément ce doute qu'un changement de ministère devait avoir pour effet de détruire, car c'est ce doute fiévreux qui empêche la con(iaiK.'e de renaître, suspend toutes les transactions, écrase à la Bourse les cours des fonds publics, vide le portefeuille de la Banque de France, et réduit tous les revenus à l'état de problèmes.
Selon nous, M. Dufaure avait à remplir un rôle plus important et plus utile que celui qu'il a accepté ; il avait à dénouer un nœud difficile ; au lieu de le dénouer, il va le resserrer. Il a cru qu'il n'avait qu'à se dévouer ; sa modestie, sa conscience l'ont trompé : il avait plus que cela à faire, il avait à nous sauver !