‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856Chapitre 33 sur 199 · tS · texte numérisé non relu

tS

Liquider le passé ; l'amnistier, et non l'accuser. Amnistier, c'est prouver sa force ; accuser, c'est trahir sa faiblesse.

Arrêter court toutes les dépenses inutiles ou exagérées. S'il y a cent quatre-vingt millions de dépenses à supprimer ou à réduire, — c'est le moins, — chaque semaine est une perte pour l'État et un surcroît de charges pour le contribuable de 3,300,000 francs. Pour cela, le minisire des finances n'a qu'à dire à ses collègues : Votre budget est limité à telle somme ; arrangez-vous pour vous renfermer dans cette limite. Toute nécessité impérieuse est ingénieuse.

Objections contre ce qui précède :

— Tout ce qui vient d'être énuméré est bien facile à écrire.

Nous répondons :

— Cela n'est pas difficile à faire au lendemain d'une révolution. Dans six mois, cela sera impossible ;

Ou l'ordre sera rétabli, ou l'égoïsme aura reconquis sa force de résistance et son aveuglement ;

Ou l'anarchie nous entraînera à la guerre et à la banqueroute ; alors l'anarchie aura tout discrédité, tout avili.

C'est ce qu'il importe de prévenir.

Comment?

Nous allons le dire :

En nous convertissant en rentiers sur l'Etat, en fondant ainsi une véritable assurance mutuelle ;

En nous demandant notre argent ;

En nous donnant contre notre argent, à notre choix :

Soit des rentes trois pour cent à 50 francs; (intérêt à 6 0/0 et probabilité de doubler son capital.)

Soit des billets h rente h 3 fr. 65 c. par an, un centime par jour (meilleure forme donnée aux lions du Trésor) ; plus 1 fr. 35 c. servant à constituer des lots, comme pour les obligations de la ville de Paris. Ensemble, 5 0/0.

Les rentes 3 0/0 serviraient aux placements :

Page 1