LES PAROLES DTN VOYANT
28 mars 1848.
Il y a un an, lorsque nous insistions pour que le gouvernement sortît de sa coupable inuiiobilité et gagnât de vitesse, par des réformes, la Révolution dont nous lui signalions la marche avec autant de précision que M. Leverrier avait signalé Tapparition de la planète qui a illustré son nom, à quels sarcasmes, à quelles calomnies ne fûmes-nous pas en butte? Les plus indulgents nous traitaient « cVesprit inquiet. » Adjoindre les capacités, étendre les incompatibilités, disaient-ils. c'était jeter la perturbation dans le pays! c'était aller au-devant de l'anarchie. Réduire Tarmée, c'était enlever au trône son plus solide appui ! Réformer le budget, reviser toutes les taxes, modifier l'assiette de l'impôt, chercher les moyens d'en alléger le poids sans en affaiblir le produit, supprimer les dépenses inutiles, diminuer les dépenses exagérées; c'était, sous les noms d'améliorations et de progrès, ébranler ce qu'il fallait affermir. Tous les progrès réels, tous les progrès désirables devaient se résumer, affirmait-on, dans ce seul mot : « La durée! »
La durée ! répondions-nous, c'est le port ; il y faut revenir^mais il n'y faut pas rester toujours ; les vaisseaux qui n'en sortent jamais y pourrissent.
A peine avions-nous fait entendre ces paroles, que la durée d'un ministère aveugle coûtait à la royauté aveuglée la