‹ Questions de mon temps, 1836 à 1856Chapitre 60 sur 199 · UN MOIS DE TREVE · texte numérisé non relu

UN MOIS DE TREVE

2 mai 1848.

Aujourd'hui 2 mai 1848, le gouvernement provisoire a-t-il plus de force, plus d'autorité, plus de prestige qu'il n"en avait, il y a juste un mois, le 2 avril, le jour où nous nous sommes à peu près condamnés au silence, à la demande réitérée de députalions du commerce et de la garde nationale, qui prétendaient que notre opposition, en « affaiblis- » sant le pouvoir,^^ empêchait la confiance de reprendre, le crédit de renaître, les transactions de se renouer?

Nous avons observé notre parole; nous nous sommes abstenu de tout avertissement, et notre blâme s'est borné au blâme des actes par l'enregistrement des faits. Eh bien! la confiance éteinte s'est-elle ranimée? le crédit interrompu a-t-il repris son cours? les transactions sont-elles devenues moins nulles ?

Les élections sont présentement une œuvre accomphe; l'Assemblée nationale, dans laquelle tout ce qui souffre a mis candidement toutes ses espérances, va enfin, dans quelques heures, ouvrir l'ère nouvelle si impatiemment attendue, et que le Gouvernement provisoire aurait pu si facilement dater du 24 mars au lieu de la dater du 4 mai, 40 jours de dictature dont il a été fait le triste emploi attesté par le Moniteur et que jugera Thisloire.

Nous reprenons notre liberté.

Est-il besoin de dire que, tout en en usant, nous n'en abuserons pas ?

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