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IL NE FAUT PAS S'ENDORMIR

inséré nu Moniteur^ quedisail-on '? « Le gouvememenl pro- 0 visoiro savait que l'ordre ne pouvait pas être sérieusc- « ment troublé par ces tentatives, dont il connaissait la » RIDICULE impuissance. » (Pourquoi donc, s'il en était ainsi, M. Ledru-Rollin s'est-il tant vanté depuis, à la tribune de l'Assemblée nationale, d'avoir fait battre le rappel?) Dans cet article, qui remerciait-on? — La garde nationale? — Non. —Qui donc? « Le général Courtais, qui, au milieu » des gardes nationaux, a montré un zèle et un dévoûment » que la population entière a reconnus par des applaudis- » sements répétés. »

Le lundi 15 mai, qui a sauvé la France, l'Assemblée nationale, la Commission du pouvoir exécutif; qui les a soustraits au régime de terreur et de sang dont la première pensée et la première parole avaient été de déclarer « traîtres à la patrie tout citoyen ayant fait battre le rappel, tout représentant ayant quitté son siège ; » qui s'est emparé des factieux déjà en possession de l'Hôtel-de- Ville ; qui a réprimé l'usurpation; qui a heureusement réparé en quelques instants la coupable incurie, la criminelle imprévoyance de l'autorité laissant consommer ainsi le plus audacieux attentat; qui a tout fait, enfin? — N'est-ce pas la garde nationale ?

Le lendemain 16 mai, que fait la Commission du pouvoir exécutif? Vient-elle proposer à l'Assemblée nationale de proclamer que la garde nationale de Paris a sauvé la France et ses représentants? —Non. La Commission du pouvoir exécutif vient se décerner à elle-même des éloges, s'attribuer des actes dont elle usurpe le mérite, et demander qu'on la laisse agir en toute confiance, et en lui accordant tout le temps nécessaire pour agir !

Il faut avouer que l'Assemblée nationale aété débonnaire, car, à sa place, toute autre Assemblée eût au moins demandé qu'on mît en accusation, sauf à eux à se justifier, les membres de la Commission du pouvoir exécutif, le ministre et le préfet de police, dont les noms avaient été inscrits sur les listes saisies à l'Hôtel-de- Ville, après la chute de cegou

vernement d'une heure qui s'était intitulé : Gouvernement de la République démocratique.

Puisse l'Assemblée nationale n'avoir pas bientôt à se repentir de cet excès de faiblesse ou de crédulité !

C'était le seul moyen d'éclaircir la vérité et de s'assurer qu'aucune trahison n'avait été ourdie au sein du gouvernement contre l'Assemblée nationale.

Si MM. Ledru-Rollin, Flocon, Caussidière, n'avaient rien à craindre de la vérité, c'était leur rendre un service que de leur donner ce moyen de le prouver et d'écarter les soupçons.

Nous lisons, il est vrai, dans le Moniteur^ cette réponse altière de M. Flocon à une interpellation de M. Charamaule: « Il est vrai, des noms appartenant au gouvernement ré- » gulier ont été portés par les factieux sur leurs listes, et si » les membres du gouvernement n'ont pas cru devoir re- » pousser cette insulte à la loyauté de leur situation et à » leur honneur, c'est parce qu'ils en ont fait justice pai' le » mépris^ et qu'ils songeaient que personne ne s'y serait » trompé. »

Plus d'un souvenir récent est là pour attester quelle confiance méritent ces superbes déclarations de dédain par lesquelles on se dispense de répondre !

Si M. Albert, ex-meml)re du gouvernement provisoire, représentant du peuple, élu à Paris par 133,000 suffrages, n'avait pas été arrêté, qui garantit qu'il n'eût pas terfu exactement le même langage que M. Flocon "?

Quant à nous, nous doutons fort que le complot du 15 mai contre l'Assemblée nationale n'ait pas eu d'autres auteurs que les conjurés actuellement arrêtés. Nous avons attentivement écouté les explications échangées par l'ex-préfet de police et le ministre de la justice, le procureur de la République et le procureur-général près la cour d'appel ; ces explications, disons-le, sont loin de nous avoir donné la conviction que toutes les mesures qui auraient du être prises pour mettre l'Assenilîlée nationale à l'abri de tout attentat l'avaient été en effet. Comment expliquer d'une manière

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