FAUSSE ACCUSATION DE PESSIMISME
18 mai 1848.
On nous accuse d'être « pessimiste. »
L'accusation est injuste.
Qu'est-ce que c'est que d'être pessimiste?
C'est présager à tort que des actes qu'on blâme ou que des événements que l'on signale auront des conséquences funestes.
Mais avertir à temps un pouvoir qui s'égare des dangers auxquels il s'expose, lorsque ces prévisions s'accomplissent, est-ce là ce qu'il est juste d''api'ie\er pessimisme ?Wesl-ce pas là ce qu'il serait plus exact d'appeler prévoyance ?
Oui, cela est vrai, nous avons crié, le 26 février : Confiance ! confiance ! comme le l®"" août 1846, après les dernières élections générales, nous avons crié : Progrès ! progrès ! Qu'est-ce que cela prouve ? Cela prouve que notre premier mouvement est d'encourager, notre second d'avertir, notre dernier de contenir.
Ce n'est jamais qu'à regret que nous blâmons; aider nous plaît infiniment plus que combattre.
Aider le pouvoir, c'est presque l'exercer !
Pendant plus de quinze ans le Journal des Débats n'a-t-il pas été plus ministre que les ministres eux-mêmes ?
Mais encore faut-il que le pouvoir s'aide lui-même, car