‹ Questions de morale pratiqueChapitre 20 sur 64 · Il nè^fa/f^^^^^^^s ^e Turnus · texte numérisé non relu

Il nè^fa/f^^^^^^^s ^e Turnus

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Esl-ce à «lire cu^. « î «'jt u*t va |»a^ Jans l'humanité c-'»iif •riii»^rn* dî à un {♦p»;rrafi:ifi^ tracé dVn haut, t-'Ul y al'!*- au Lavar-] • Il ùV a pas de sv^-^îr-m^ d»- jhll ••^ t'*-^^ *^^ W.Wvfir*' qui pui>>** s^ varjî*-r d sv.-ir •:•-'. '.uv^rî <-rf- pr-»gTammo divin et i^ l'av .> r^^v*- ^ au fij-n'î^-: mais, à défaut à*T /•-::•- *- !*-r.''^ îrrr^ra-'r*-. il y a une hisl'âre j h- !■•--■::.* :'J*- u. -ai^ ^:/:/A':*'U^'. mais plus ^ùre f-i d ^r-*- a' : il ô:I l j'^:^ i:\!<r a rinteIli:r*^noe et à la jrévl^,' n ^î*- îa *LJt*r d^^ faits. Otîe LiM'-îre *^*i:.-t /•r"a-'r-^> V.:*-- rfn pas a //r*>'r/. ni «5*- 3 -!:•-* •!*- c\.^^';^^ ;-in [féconçu atlriîiué a la jr'.'-v.' :-:-'-- ::-*j.'*^ d-*" î*-»j^ expérimfTjt l'^r*" f*-:.:*:'^* ----r J'^*<^nî!' -fj J^-* faits, comro^ î-^ !.-■* •-- !a j* >-;:.'- 'u de la chimie. La i\5^î*z. *: *-î ç/-.--*^-v \r^^iA»u\ pas le méoje '. ar^* '*-?*- '•r '-r .* . :-- a ' *i'j*rf- -j^rinlerrenîÎMn d-r 2a ^^>-r-f. -: ■:- -. --* f4- J;.ment robw-ri-a:I«n d'^'j :!'-^ rr-:.^ f- r;.;r^ ^.faits, à trav^r* 1*- S:/-;»*» -t 1-*;^ *-. d^r:* di« verses c-»n!ré^ ^\ ':.-z ; -^^ ,'* r.i [ : ^,

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Wl QUESTIONS DE MORALE PRATIQUE

lion du retour à Tavenir d'un même fait social ou politique qui n'aurait été constaté qu'une seule fois, chez tel ou tel peuple et en tel ou tel temps. Toute généralisation historique fondée sur la série des causes qui produisent tels ou tels effets, tel ou tel mode de gouvernenaent, tel ou tel changement dans les états et la vie des peuples, doit reposer, pour avoir quelque valeur, sur une suite plus ou moins longue d'observations et de comparaisons. Encore faut-il toujours tenir compte des différences qui subsistent au sein des événements les plus semblables en apparence et qui ont échappé à plus d'un historien.

Des généralisations de ce genre, de plus ou moins de portée et d'exactitude, se rencontrent chez la plupart des historiens anciens et modernes, chez tous ceux du moins qui n'ont pas été de simples chroniqueurs. De laces maximes générales, et dont quelques-unes sont devenues presque proverbiales, sur la succession des gouvernements, sur les conséquences de tel ou tel régime politique ou social, sur les causes des révolutions, de la grandeur ou de la

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chute des empires, sur rinfluenee du climat, des races, des institutious et des mœurs. Telle est la seule vraie science philosophique de l'histoire , celle que j»* trouva* dans Plalou , dans Arislote, dans Thucydi»Ie. dans PoKhe et Tacite, chez les anci»-n^. ».-t. parmi les ra^deme-i. dans Voltaire, dans MonN.-*qiiieii. dansTur:."»!. dans Condurcel. daus Guizot. [Kiur ne pas riler les vivants.

Les plu-* Liij*»r* ?én»fran*a *!'/»-* '-xj/friffi^ntaies, voila don»; en qfjvî r:/>nsj**.e uni'jij^-ni^-nt la vraie pL-!vr;:h.'e 'l^ Y\.Wh\t*'. si Y*fU vt-ut cons^r%'*^r ^e nv:.! é ;'îî»'>';»je. ni r-îo^ ni uvriu^

que la phU-^çMe 4k la cL^f/jîV, ,!<; IIW.*At«; naturelle, du dr-r^I'., *-*/%

Parmi t» ■->* '>* ^rr^-^r^ei.'*^ .' r-f ?.î**^/ri«;-;r*. la plus hi-'-*-'- la j 1 -♦ ^'^^^:r,^^^^^•r^t hiuÂ^-. e<i san* c^ô:-'r-':\* 'ir .'-- d* j.r''.^r»r*. M^.* •! tous, ou â :- ■- ' rr^. "^ ^ o- * '-r/ a vîr;.-:**;.: ^r'".; Irii du {fvji':-:* *■, ::.:/,':'% y,-, v.r/. d i'^,. • 1 ♦ .la fa-/ rj 'i-: .-:.>;,:,♦•' *:*. * .f v» r.^' .?•: r;.- . •

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sorte d'idole devant laquelle ils s'inclinent et à laquelle même ils offriraient volontiers des hécatombes humaines. Ils n'écrivent même son nom, dans leur respect superstitieux, qu'avec une leltre majuscule, comme si c'était celui de Dieu lui-même.

Pour savoir ce que nous avons à faire, ce que nous avons à craindre ou à espérer, pour conjurer les dangers qui nous menacent, il importe de bien nous rendre compte de la nature, des conditions et des limites du progrès, d'analyser les divers éléments dont il se compose, et de montrer les rapports de ces éléments les uns avec les autres.

De tous les progrès, celui qui nous importe le plus, qui d'ailleurs est le soutien, comme nous le verrons, de tous les autres, le seul qui les préserve de la corruption, c'est le progrès moral.

Sommes-nous pires, ou devenons-nous meilleurs, ce qui ne veut pas dire sommes-nous plus instruits, plus industrieux, plus habiles et avisés, mais sommes-nous plus honnêtes, plus vertueux? voilà ce dont il importe, avant tout, de nous rendre compte. Pascal a bien

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distingué ces deux ordres de progrès : « Les inventions des hommes, dit-il, vont toujours en augmentant, mais la bonté et la malice restent les mêmes ».

Sainte-Beuve cite celle pensée de Pascal dans son Histoire de Port-Royal \ puis il ajoute, avec sa pénétration ordinaire : « C'est là un correctif essentiel que je voudrais voir placé en tète de toutes les grandes théories du progrès ». Pour ma part, s'il m'est permis de me citer, je crois pouvoir me ranger au nombre des moralistes qui, dans leurs théories du progrès, n'ont pas négligé ce correctif essentiel. Il y a déjà un certain nombre d'années, j'ai consacré tout un livre, Morale et Progrès^ à démontrer que bonté et malice, pour parler comme Pascal, ne se comportent pas de la même manière que les inventions dans les développements de l'humanité. Il est certain que les inventions vont en augmentant; quant à la bonté, il se peut qu'elle n'augmente pas , ou même qu'elle diminue.

Nous mettrons ces deux ordres de choses en

h Liv. ni, chaii. m.

parallèle, et nous ferons voir de quelle façon différente ils se comportent, tout en étant dans une étroite relation Tun avec l'autre .

Pour tous les gens sensés, les appréhensions que je manifestais sur Tavenir, il y a quinze ou vingt ans, et les périls que je signalais, dans Touvrage que je viens de rappeler, n'ont fait qu'augmenter par Taveuglement fanatique de ceux qui nous gouvernent, par le progrès de l'œuvre détestable, au point de vue moral et religieux, qu'ils poursuivent sans relâche dans toutes les branches de l'éducation nationale, et principalement dans l'instruction primaire.

Qu'arriverait-il de toute notre civilisation si, au lieu de diminuer ou de rester la même, la mali-ce allait en croissant? Quel fondement est à faire sur la civilisation sans la morale, et quel fondement sur la morale elle-même sans l'élément religieux? C'est faute des distinctions nécessaires qu'il y a eu, et qu'il y a encore, tant de débats contradictoires et passionnés sur cette question du progrès, entre des adversaires d'égale bonne foi, entre ceux qui le nient d'une manière absolue, ou ne Tadmeltent que sous

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même de Thomme dans ce qu'elle a d'essentiel, quels que soient d'ailleurs ses divers degrés de culture et de développement. De sauvage, de barbare, riiomme peut devenir civilisé et changer de mœurs; d'ignorant qu'il était, il peut devenir un lettré, un savant. Sans doute l'homme d'aujourd'hui, à bien des égards, n'est pas le même que Fhomme d'il y a mille ans, ni celui d'il y a mille ans que l'homme de temps plus anciens. Mais, quels que soient ces changements, une ressemblance fondamentale subsiste, celle de sa nature, c'est-à-dire de la nature humaine elle-même. L'homme est resté, et il restera le même dans les traits constitutifs de sa conformation physique, intellectuelle et morale ; il no lui poussera pas des ailes pour voler, il ne deviendra pas un ange, en dépit de tous les processus, comme on dit aujourd'hui, ou de toutes les évolutions; il n'aura pas une faculté, pas une passion de plus, il n'en aura pas une de moins. Le degré et la forme du développement des facultés varient, mais non les facultés elles-mêmes. Les méthodes, les machines, les inventions, les ressources de tout genre ont augmenté à l'in-

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fini, mais rien ne prouve que se soit accrue la vigueur naturelle des esprits. Quelque grande que soit la différence entre un sauvage et Descartes, la différence, comme Ta dit Descartes lui-même, n'est pas dans le nombre des facultés, mais dans la culture, dans la méthode, dans la force de l'attention et de la réflexion.

Il en est du cœur humain comme de Tesprit.

Les mêmes sentiments, variables aussi dans leurs formes et leurs manifestations, délicats ou grossiers , nobles ou vils, se retrouvent dans la nature humaine de tous les lieux.

Dans les drames imaginaires du théâtre, comme dans les drames de la vie réelle, partout ce sont les mêmes ressorts qui font vibrer le cœur humain. Si haut que vous remontiez dans rhistoire, et jusque dans les premières légendes du monde, vous voyez les hommes agir en vertu des mêmes passions. Le premier fratricide a eu pour mobile Fenvie ou la jalousie, qui n ont pas péri, et même il a été l'objet d'une non moins vive réprobation que les fratricides d'aujourd'hui. Caïn, qu'as-tu fait de ton frère ? La même voix depuis le commencement

a retenti dans les consciences de tous les assassins.

« Les dehors de Thomme changent, a bien dit Fontenelle, mais les cœurs ne changent pas. » Or si le cœur n'est pas tout Thomme, il en est certainement une bien grande part.

Voltaire n'a pas dit avec moins de vérité :

« L'homme, considéré dans sa nature en général, a toujours été ce qu'il est; il a toujours le même instinct qui le porte à s'aimer lui-même dans sa compagne, dans ses enfants ».

Quelle n'est pas la naïveté de ces réformateurs visionnaires qui ont imaginé que l'homme transformé revêtirait un jour quelque nature nouvelle, qu'il renoncerait à la famille, à la propriété, qu'il mettrait tout en commun, qu'il ferait le bien sans effort, qu'il n'aurait plus à souffrir ni à combattre, et que la mort, si elle n'était supprimée, serait au moins indéfiniment reculée!

Laissons donc la nature humaine, qui ne comporte pas en elle-même de changement, pour considérer les résultats de notre activité et de nos facultés, de nos idées et de nos œuvres en qui seuls sont la matière et le champ du progrès.

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