Combat contre le vice, Revue des Deux MondeSy 1" avril
DE l'irréligion DANS L'ÉDUCATION 167
pris la place du catéchisme et de Tévangile.
Où s'arrêtera ce progrès dans le crime, dans l'immoralité et la perversité ?
La neutralité inscrite dans la loi, fùt-elle sérieuse, serait déjà, je l'ai dit ailleurs *, un grand mal, mais le masque est partout jeté, et, au lieu de cette neutralité hypocrite, nous avons le mépris non dissimulé ou même la guerre ouverte et acharnée contre toutes les idées religieuses et tous les cultes, contre tout ce qui entretient, développe et fortifie Télément moral. On ne saurait trop le redire, même après tant de voix plus autorisées que la mienne : sans la moralité, rinstruction ne fait qu'augmenter les tentations, en même temps que les moyens de mal faire.
Elle donnera un degré d'astuce et de méchanceté dont un ignorant, un illettré ne serait pas capable. L'ignorance est un mal, mais une mauvaise instruction est un mal plus grand encore : « Un méchant européen, a dit Leibniz, est plus méchant qu'un sauvage ; il raffine dans le mal. »
1. Nouvelles Études familières, etc., Du fanatisme irréligieux.
. Sur les dangers de cette instruction à Tu sage des écoles publiques je n'invoquerai, pas plus que tout à Theure, des témoignages qui pourraient être suspects de parti pris et de partialité à* cause de la robe ou de la foi de leurs auteurs. Je ne citerai pas les mandements de Mgr Perraud ou de Tarchevêque de Paris, ni les excellents livres de M. Tabbé de Broglie * ou de M. Tabbé Sicard ', ni même le discours de M. le duc de Broglie à la réception de M. Gréard, ou l'Athéisme et le Code civil de M. Duverger; je ne citerai pas même les témoignages, d'ailleurs si souvent reproduits, de Villemain, Guizot, Cousin, Saint-Marc Girardin et Thiers. J'irai prendre mes autorités dans un camp tout opposé, comme Sénèque, qui passe de temps à autre dans le camp d'Épicure pour lui emprunter des maximes qui viennent à Tappui de celles de Zenon ^ Comment tenir pour suspect, par exemple, le témoignage du philosophe