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Les Deux Maîtres de l'enfance, Vinstituteur et le prêtre

3. « Soleo enim et in aliéna castra transire, non tanquam transfuga, sed tanquam explorator. » (Epist., ii.)

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anglais Maudsley, positiviste et non moins libre penseur que M. Hovelacque lui-même, du Conseil municipal de Paris? Or c'est lui qui a écrit cette page, qui mérite d'être citée tout entière, sur rinsuffisance de la science toute seule pour le progrès véritable et le salut social :

« La science n'est pas nécessairement bonne, elle est une puissance pour le mal comme* pour le bien. Une fraternité fondée sur la science seule serait un édifice sans ciment. Ceux qui en sont enthousiastes et la jugent un si grand bien devraient s'occuper de démontrer au monde qu'il est plus moral de voyager à cinquante milles à l'heure derrière une locomotive que de faire dix milles dans une diligence. Les grands progrès dans les arts, les sciences, l'industrie, dans tous les genres du progrès matériel, ont eu pour effet d'engendrer beaucoup de désirs égoïstes nouveaux dont la satisfaction immédiate est une source de corruption. La science a-t-elle fait beaucoup, ou même quoi que ce soit, pour compenser le développement de l'égoïsme? N'a-t-elle pas affaibli la religion, cette grande force de contrôle, qui tenait autre-

fois Tégoïsme en échec, sans mettre aucune force abstraite à sa place? Il serait malaisé de prouver qu'il y a avantage d'accumuler des richesses, si l'humanité décline ; d'avoir de beaux vêtements et de belles manières, de remplacer de tranquilles villages par d'interminables faubourgs de nos villes. Les gens qui habitent ces faubourgs monotones sont-ils en réalité plus nobles et meilleurs que les simples habitants qu'ils ont remplacés.... Après tout, un acte héroïque de sacrifice est quelque chose de plus noble, -de plus civilisateur que l'envoi en quelques secondes d'une dépêche de Londres à Hongkong. » Il dit plus loin, de même que Leibniz : « La civilisation peut faire des brutes plus brutes et surtout plus dangereuses qu'à l'état de nature ».

Maudsley a raison. Malheur à la nation, si nos législateurs persévèrent dans leur théophobie insensée, s'il ne sort plus de nos écoles qu'une génération avec l'ardeur de toutes les convoitises, sans frein moral ni religieux I Maudite soit même l'instruction populaire, si, comme dit Sénèque, on cesse d'être bon à mesure qu'on

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devient plus savant : Si poslquam docti prodierint, boni desunt * !

Platon dans sa République y Plutarque dans son Traité de V éducation de la jeunesse, veulent que les gardiens de l'État ou les pères de famille veillent à ce que rien ne corrompe l'éducation des enfants. Ils doivent, d'après Platon, aspirer par tous les pores le beau et le bien. Que nous sommes loin de cet idéal dans notre république ! Ne semble-t-il pas que nos gardiens de TÉtat aient pour but de leur faire aspirer tout le contraire du beau et du bien? Leur unique souci est de leur faire apprendre à écrire, à compter, à détester la France d'avant 89, à admirer les crimes de la Révolution et à fouler aux pieds le catéchisme. Quant à les rendre meilleurs, nul n'y songe. Nos pédagogues officiels sont satisfaits s'ils ont réussi, non à les former aux bonnes mœurs, mais à déraciner les pieux enseignements de la mère, à les détacher des croyances religieuses qui sont la plus efficace, sinon la seule garantie, de leur mo-

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