‹ Questions de morale pratiqueChapitre 43 sur 64 · Le Dépositaire infidèle · texte numérisé non relu

Le Dépositaire infidèle

Plutarque, mentir est chose servile, justement détestée de tous les hommes et qu'on ne peut pardonner même à des esclaves, si ce n'est de la dernière condition *. »

Montaigne, qui n'est pas, en général, un moraliste bien sévère, quelque indulgent qu'il soit pour bien des faiblesses humaines, ne l'est pas pour le mensonge. « En vérité, dit-il, le mensonge est un maudit vice. Nous ne sommes hommes et nous ne tenons les uns aux autres que par la parole. Si nous en considérions l'horreur et le poids , nous le poursuivrions à feu plus justement que d'autres crimes ^.

De la part de Corneille, le poète de l'honneur et du devoir, je ne m'étonne pas d'une condamnation non moins sévère du mensonge.

Qu'elle est éloquente, dans le Menteur, cette protestation d'Alcippe contre les mensonges où Dorante semble se complaire :

Tout homme de courage est homme de parole;

A des vices si bas il ne peut consentir,

Et fuit plus que la mort la honte de mentir.

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