Traité de morale
Rothschild, de Londres, aurait dû son immense fortune. Il avait quitté l'Angleterre pour suivre de près les événements de la campagne de 1815 en Belgique. Parti le soir même en toute hâte du champ de bataille de Waterloo, après avoir, malgré une tempête, traversé la mer dans une barque au risque de sa vie, il arrive à Londres où aucun autre que lui ne connaît encore la nouvelle de la défaite de Tempereur. Il affecte l'abattement, comme s'il avait eu quelque information en sens contraire; il fait même ostensiblement vendre quelques fonds, tandis que, sous main, il a des agents qui font pour lui en secret d'énormes achats à la baisse. Grâce à ce coup de bourse, il réalise des millions aux dépens de tous les autres joueurs , que non seulement il n'a pas avertis de ce que lui seul savait, mais qu'il a trompés par son abattement simulé , et par les quelques ventes ostensibles qui dissimulaient sa grande et véritable opération *.
Il peut y avoir également fraude et mensonge,
1. Revue des Deux Mondes du i5 juin 1888, article de Varigny sur les grandes fortunes en Angleterre.
quoique peut-être plus rarement, du côté des acheteurs, comme de celui des vendeurs. U y a bien des exemples d'indélicatesse dans les achats comme dans les ventes. Acheter sciemment un objet à un prix fort au-dessous de sa valeur, c'est tromper comme si on le vendait au-dessus de ce qu'il vaut. Ce serait tromper, par exemple, que d'acheter au prix ordinaire un champ oii Ton sait certainement, ce que le propriétaire ignore, qu'il y a une mine de charbon ou de métal, comme ce serait tromper d'acheter pour du cuivre et du verre ce que Ton saurait être de l'or et du diamant.
Il y a de nombreuses tromperies de la part de l'acheteur, comme du vendeur, surtout en fait d'objets d'art ou de choses rares, tels que des tableaux, des médailles, des livres, des meubles rares, des curiosités quelconques. Certains amateurs, fort honnêtes gens d'ailleurs, académiciens, bibliophiles, faiseurs de collections, ne se feront aucun scrupule d'abuser de l'ignorance d'un marchand pour acheter à vil prix un tableau de maître ou une édition rare. Non seulement ils ne s'en font pas scrupule, mais
volontiers ils en tirent vanité, comme d'une preuve de leur habileté et de leur flair.
Hélas! que de progrès n'a pas faits, depuis Cicéron, cet art de mentir et de tromper ! Sous quelles formes nouvelles et variées à Tinfini, le fraudeur de nos jours ne sait-il pas se dissimuler pour faire un plus grand nombre de dupes, tout en échappant à la loi! Combien sont dépassés tous ces anciens fraudeurs du Forum, tous ces vendeurs de mauvaise foi qu'il flétrissait, au nom de la règle immuable de l'honnête, depuis celui qui vend, sans le dire, une maison infectée de serpents, jusqu'à ce Pythias, banquier à Syracuse, qui, par une ruse grossière, persuade au trop candide chevalier romain Cassius que tous les poissons qui se mangent dans Syracuse se prennent dans les eaux de sa villa, et qui la lui vend en conséquence! Ce Pythias ne serait qu'un fourbe bien vulgaire au temps d'aujourd'hui *. Quant aux Cassius, il s'en trouve de non moins candides qui se laissent prendre en masse, d'un même coup de filet, par des ban-
1. Voir dans les Offices, livre III, paragraphe 14, le piquant récit de la fraude imaginée par Pythias.
3iO OUESnONS DE XORALE PRATIQUE
ques, des sociétés par actions, des coups de bourse, des jeux à la hausse oo à la baisse.
Une fausse noarelle habilement répandue, une nouvelle vraie connue seulement de quelques spéculateurs privilégiés, par Tindiscrétion calculée et la connivence d*une personne haut placée, suffît à faire, en quelques instants, la fortune ou la ruine d*un grand nombre. Entre les firipons d*un côté, et de l'autre la multitude des dupes, un jeu se joue où les chances ne sont pas égales, et où les mensonges par simple réticence peuvent êlre aussi nuisibles que les mensonges formels en parole ou par écrit.
Les partis et les passions politiques n'enfantent pas moins de mensonges, de tromperies de tout genre, que Tamour du gain, comme on peut le voir par les ministres, les députés, les journalistes. Ce sont de vrais mensonges professionnels que la plupart des programmes ministériels et des professions de foi des candidats à la députation ou au sénat. Cette qualification de mensonges professionnels est une satire sans doute de nos mœurs politiques, mais une satire bien méritée. Passer
en revue ces mensonges ou fausses promesses nous entraînerait beaucoup trop loîn dans les détails de la politique du jour. Je ne m'arrête qu'à un mensonge général qui en enveloppe une foule d'autres. Ce mensonge consiste à promettre ce qu'on oubliera, ce qu'on ne tiendra certainement pas, ce qu'on ne voudra pas, ou ce qu'on ne pourra pas tenir, quand on sera ministre ou député. Les élections à peine terminées , ces mêmes députés qui viennent de donner cours, dans les comités, dans les assemblées électorales, à toute leur indignation contre ceux qui n'ont pas accompli, quoique ayant la majorité et le pouvoir, telle ou telle réforme qu'ils avaient promise, qui ont, disent-ils, trahi leur mandat : une fois arrivés eux-mêmes, s'appliquent à n'en pas faire davantage, et à esquiver tous leurs engagements.
Pourquoi ce président du conseil a-t-il pris la place de son prédécesseur? Il ne l'a renversé qu'en opposant sans cesse, et avec une violence toujours croissante, ce qu'on aurait dû faire et ce qu'on n'a pas fait, ceci ou cela. Or, la place une fois prise, il met toute son influence et
toute son habileté à ne pas faire davantage ou à ne rien faire. Tout mensonge d'ailleurs leur est bon pour' abuser la multitude et prendre la place de ceux qui ne valaient pas moins qu'eux, ou qui même valaient davantage.
•Je passé* aux journalistes, Quelle grande fabrique de mensonges et sans nul chômage, que le journalisme! Uniquement placé à un point de vue moral, je laisse la politique proprwnent dite de côté; je suppose qu'il y a, ou qu'il peut y avoir, de la bonne foi chez tous, chez les républicains, comme chez les royalistes, chez les radicaux, ou même les intransigeants, comme chez les opportunistes. Mais combien cette bonne foi s'égare, l'esprit de parti et la passion s'en mêlant! Quelles appréciations contradictoires sur les événements, les choses et les hommes! Que l'histoire contemporaine est différente, faite par celui-ci ou par celui-là! Il y a une sorte de mensonge continu, presque inconscient par Thabitude, inhérent à l'esprit de parti et dont je n'ai pas la naïveté de vouloir guérir la presse, d'autant que, dans cette mauvaise foi commune, il y a
encore une sorte de bonne foi. Comment ne pas voir tous les objets de la couleur du verre qu'on s'est mis sur les yeux?
Mais s'il n'est pas possible de ranaener les partis h plus de modération, à plus d'équité dans la polémique, à un accord sur les principes et les questions politiques, peut-être pourraiton au moins leur demander, dans leur intérêt à tous, la véracité, l'exactitude, la bonne foi dans de simples questions de fait qui sont du domaine, non des opinions, mais tout simplement des yeux et des oreilles. C'est là tout au moins qu'il devrait y avoir accord; c'est là qu'il est difficile de ne pas encourir le reproche de mensonge volontaire. Or les journalistes ne sont pas plus d'accord sur le simple récit des faits qui se passent en public , aux yeux de tous, que dans la discussion des réformes à faire ou des mesures à prendre pour sauver la république. Voyez comment chaque journal rapporte à sa manière le même fait dont ses reporters ont été témoins, dans la rue, sur la place publique. Je prends l'exemple d'un attroupement, d'une manifestation quel-
conque. Je comprends les dissidences sur le but et la portée qu'ils peuvent avoir, mais non sur le fait lui-même, sur le nombre, sinon exact, au moins approximatif, des émeutiers ou des manifestants. Or, en cela même, les contradictions entre ceux de la gauche ou de la droite vont jusqu'au ridicule, si bien qu'il semble difficile de croire à la bonne foi des uns et des autres. Selon tel journal, la foule était immense; selon tel autre, il y avait peu de monde. Lequel dit la vérité? Très probablement ni Tun ni l'autre *.
S'agit-il d'un discours prononcé à la Chambre par quelque oraleur plus ou moins renommé?
Je ne m'attends pas à ce que ses idées soient, de part et d'autre, équitablement appréciées; mais il y a un fait matériel, celui des marques d'approbation ou d'improbation , qui tombe également sous les yeux et les oreilles de tous les journalistes, et qui devrait se retrouver consigné de même façon dans leurs comptes
1. Pour prendre un exemple récent, les uns ont dit qu'il y avait 200 000 hommes à la manifestation Baudin, les autres 20 000 ou même 15 000 seulement.
rendus. Cependant, tandis que je lis chez les uns, entre parenthèses : applaudissements répétés, je lis chez les autres : nombreux murmures, ou même silence glacial. Il semble même encore que, les opinions à part, tous devraient rendre hommage au talent de Torateur, s'il en a donné quelque preuve éclatante et incontestable. Or les uns vous diront que jamais il ne s'était élevé plus haut, les autres qu'il n'était jamais tombé si bas; les uns qu'il a été audessus, et les autres qu'il a été au-dessous de lui-même, etc. Que s'est-il passé à l'arrivée en telle ou telle ville du Président de la République ou de quelqu'un qui aspire à prendre sa place? Celui-ci n'a entendu que des sifflets, celui-là rien que des applaudissements.
Au moins ne devrait-il pas y avoir diverses manières de compter à l'usage de chaque parti; l'arithmétique est une, la même pour tous. Il semble cependant qu'il y en ait deux, à la façon dont vainqueurs et vaincus font, chacun de leur côté, le compte final des votes d'un scrutin.. Au dire de ceux qui triomphent, leur candidat l'emporte d'un grand nombre de voix;
selon leurs adversaires au contraire, de bien peu il s'en est fallu qu il échouât. Les uns comptent tout Texcédent des suffrages d'un parti sur l'autre parti, les autres le divisent par la moitié, moitié dont le déplacement eût changé les destinées. Tantôt ils se placent au point de vue de la majorité absolue, tantôt de la majorité relative, suivant l'avantage quils croient y avoir et l'effet qu'ils veulent produire.
La bonne foi n'est pas moins suspecte dans la plupart des nouvelles, soit du dedans et du dehors, que la presse prodigue chaque jour à ses lecteurs. Tel ou tel journal est moins préoccupé de donner des nouvelles exactes que d'en donner beaucoup, au risque d'avoir à les démentir le lendemain; il veut paraître mieux informé que ses confrères, il a le désir de faire sensation et peut-être de vendre quelques numéros de plus dans les kiosques et sur les boulevards. Cependant ces nouvelles fausses, légèrement, je ne veux pas dire sciemment accueillies et lancées dans le public, peuvent avoir de graves conséquences sur l'état des esprits, sur les fonds publics, sans compter
qu'elles contribuent singulièrement au discrédit du journalisme.
Il y a deux manières de tromper le public, soit en disant ce qui n'est pas, soit en taisant ce qui est. Tel ou tel fait sera rapporté, mais avec des omissions à dessein qui en changent plus ou moins la nature et le caractère, qui en augmentent ou en diminuent l'importance et la gravité, ainsi que l'avantage qu'en pourraient tirer les adversaires. Un peu moins de partialité, un peu plus de bonne foi, ne nuirait à aucune cause, quelle qu'elle soit.
Comment aussi ne pas suspecter la sincérité du journaliste qui, à brève distance, pour ne pas dire d'un jour à l'autre, soutient des thèses contraires, suivant les passions du jour, suivant tel ou tel nouveau ministre, ou même suivant le nouveau directeur entre les mains duquel le journal a passé? Rien de plus légitime que de prêter sa plume à telle feuille plutôt qu'à telle autre, pourvu toutefois que cette feuille soit de la même couleur, défende la même cause et soutienne les mêmes principes. Pour un journaliste qui passe d'un parti
à un autre, Topinion publique doit être plus sévère que pour Tavocat qui, du jour au lendemain, plaide, dans des affaires sans nulle importance politique ou sociale, le pour et le contre. Le Pour et Contre^ tel est, je me le rappelle,^ le titre d'un grand journal, dont Texistence n'a pas été de longue durée , publié sous Louis- Philippe. Il avait, le même jour, deux colonnes en regard, Tune pour le juste milieu, l'autre pour l'opposition. Ainsi était-il assuré de ne jamais plaire à tout le monde et de ne contenter qu'une moitié de ses lecteurs, si toutefois même ils n étaient pas tous indisposés par la colonne d'à côté. C'était un véritable sic et non politique. Le Matin^ qui se publie aujourd'hui, et qui a plus de succès, grâce au talent de ses rédacteurs, et aussi grâce au nombre de ses informations, vraies ou fausses, semble une résurrection de ce journal Pour et Contre, 11 y a seulement cette différence que le pour et le contre, au lieu d'être, pour ainsi dire, côte à côte dans un même numéro, s'y succèdent alternativement, chaque semaine, du jour au lendemain, ce qui rend la contradiction un peu
moins choquante. Un jour est au royalisme, un autre au bonapartisme, un autre à la république modérée, un autre à la république radicale. Ainsi ce journal en a-t-il pour tout le monde et pour tous les goûts. Il est à croire que ses fondateurs n'ont aucune espèce de foi politique et que leur éclectisme n'est que du scepticisme, ou plutôt une pure spéculation industrielle. Ils sont sans doute profondément indifférents au blanc et au rouge, sans nul autre souci que celui du nombre des abonnés. C'est une tribune successivement louée à tous les partis, comme telle ou telle salle de réunion dans Paris. Si ces réflexions s'appliquent à la direction du journal, elles n'atteignent en rien, il va sans dire, les rédacteurs eux-mêmes, appelés tour à tour, à tel jour de la semaine, à défendre leurs principes et leur parti. Chacun a ses opinions, ses convictions qu'il garde, et qu'il défend, avec tout son talent, et en toute liberté, sans s'inquiéter de ce qu'a dit en sens contraire son coufrère de la veille, ou de ce que dira à son tour le contradicteur du lendemain, sans autre préoccupation que de défendre sa cause le mieux pos-
siblè, et d'avoir un grand nombre de lecteurs qui achèteront le journal pour son article annoncé à Tavance. Toutefois, si j'avais Thonneur d'être l'un d'eux, il me déplairait peut-être de penser qu'à cette même place, en quelque sorte toute chaude, où j'écris aujourd'hui, le contraire sera écrit demain.
Rien de plus propre, à ce qu'il me semble, à discréditer l'autorité de la presse et à détruire, s'il en reste, les illusions sur son prétendu sacerdoce, que de voir ainsi un même journal dire alternativement oui et non, soutenir ou attaquer ministère et gouvernement, éteindre, pour ainsi dire, le feu, après l'avoir allumé, le rallumer après l'avoir éteint, et soufûer, de la même bouche, le froid et le chaud, suivant le reproche du satyre au passant son hôte, dans la fable de La Fontaine. Le satyre, qui a vu le passant souffler d'abord sur ses doigts pour les réchauffer et qui le voit ensuite souffler sur sa soupe pour la refroidir, s'irrite de ce double manège en sens contraire, et le chasse de son foyer :
Ne plaise aux Dieux que je couche Avec vous sous même toit!
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Volontiers nous ajouterons avec lui, non pas seulement à Tencontre de tel ou tel journal et de la presse, mais de tous ceux qui tiennent un double langage, c'est-à-dire de tous les menteurs :
Arrière ceux dont la bouche Souffle le chaud et le froid !
Nous arrêterons ici cette revue déjà longue, mais à laquelle il y aurait encore tant à ajouter, de toutes les altérations de la vérité que comprend le mensonge. A la défense générale de mentir, comme contraire au respect que nous devons aux autres et à nous mêmes , iLy a, nous Tavons vu, des exceptions; il y a des mensonges innocents, et même des mensonges héroïques, comme d'autres au dernier degré de la perversité et de Tignominie. Entre les deux il en est de plus ou moins blâmables ou excusables, selon les circonstances et les motifs*
Je crois avoir amplement justifié , en dépit de Kant, ces distinctions et ces exceptions, non seulement au point de vue de Futilité
sociale, mais au point de vue de la conscience elle-même.
Néanmoins j'espère, je le répète, qu'on voudra bien ne pas me ranger parmi ces casuistes relâchés dont Cicéron et Pascal ont fait justice. ■ Malgré cette part inévitable concédée au mensonge, quand il se trouve aux prises avec de plus grands devoirs, c'est la cause de la sincérité, de la franchise, de la bonne foi, et non celle des équivoques et de la dissimulation dont j'ai pris la défense contre bien des relâchements de la morale du jour. Un précepte non moins grand que celui de ne pas mentir est le précepte de ne pas tuer. Cependant ne souffre-t-il pas des exceptions, soit à la guerre, soit dans le cas de légitime défense , pour sauver sa propre vie ou celle de son semblable?
De même en est-il de la règle générale de dire la vérité : il peut être permis de l'enfreindre dans certaines circonstances, en vue d'un mal à éviter plus grand que le mal du mensonge, en vue d'un service à rendre plus grand que le bien de la vérité. Il y a du vrai dans ce dicton
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populaire, que toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire.
Loin de multiplier ces exceptions, nous avons cherché à les restreindre, et nous avons blâmé plus d*un mensonge toléré, sinon approuvé, autour de nous.
Nous l'avons dit en commençant, nous le répétons en finissant : le difficile est de marquer la limite exacte qui sépare ce qui est permis de ce qui n'est pas permis. Nous n'avons fait que donner des indications et des directions sans prétendre formuler pour tous les cas des règles précises et strictes. Dans les cas douteux et difficiles il y a lieu, si cela est possible, de consulter des personnes sages, mais surtout, comme le recommande Rousseau, de consulter sa conscience, en supposant qu'elle ne soit pas faussée par la passion ou l'intérêt. Le mieux, c'est de travailler constamment à maintenir en nous ces sentiments de dignité, d'honneur, de droiture qui sont les meilleurs guides dans la vie morale.
Que si nous nous trouvons entraînés parfois à mentir pour rendre service à autrui, setil cas
OÙ le mensonge peut être excusable, du moins ne mentons jamais par intérêt ou par lâcheté. Hors quelques exceptions, suivant nous légitimes, souvenons-nous de ces paroles de Plutarque : « Mentir est le propre d'un esclave, non d'un homme libre ».