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or with contorsions of the body. Ilence,
« 2. To use great efforts ; to labor hard : to strive ; to contend ; as to struggle, to save life ; to stniggle with the waves ; to struggle agaiiîst the stream ; to Hvuggle with adversity.
c 3. To labor in pain or anguish ; to be in agony ; to labor in any kind of difficulty or distress.
f Tis wisdom to beware,
And better shun Ihe bail than struggle in Ihe snare. Dryden ».
Le substantif S//*ugr/7/e, qui vient après, est ainsi défini :
« 1. Great labor; forcible etfort to obtain un object, or to avoid an evil ; properly, a violent effort with contorsions of the body. — 2. Contest ; contention ; strife. »
On voit par ce texte que le sens primitif et le plus usuel de struggle est l'effort pour se tirer d'affaire, et que ce n'est que secondairement et exceptionnellement qu'il signifie lutte.
Mme Clémence Royer, premier traducteur français de Darwin, a rendu Struggle for life par concurrence vitale. Cette traduction est encore inexacte. Quand un homme qui se noie fait des efforts désespérés pour gagner la terre, il fait du struggle for life au premier chef, et certes ce n'est pas là de la concurrence ; ce n'est pas non plus de la lutte, il suffit pour s'en convaincre, d'ouvrir Littré à ce mot. 11 en donne les définitions suivantes : « 1» Sorte d'exercice où l'on cherche à se terrasser, en se prenant corps à corps ; 2° rixe dans laquelle on se prend corps à corps; 3», fig., guerre, dispute, controverse, conflit ; 40, fig., de haute lutte, par force, par autorité ; 5o dans un style léger et même un peu libre : la lutte amoureuse, les ébats et les plaisirs de l'amour ; 6» accouplement des béliers avec les
brebis. » . i *
L'impuissance de notre vocabulaire à fournir l'équivalent exact de l'expression de Darwin peut avoir aggravé dans l'esprit des Français ce qui, dans l'hypothèse darwinienne, froisse le sens moral.
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Vient ensuite la conception complémentaire de Darwin. Celle-ci (telle qu'elle est aujourd'hui universellement comprise, sinon exactement telle qu'elle se forma dans le cerveau de son auteur), de tous ces frères de la grande famille biologique fait autant d'ennemis mortels les uns pour les autres, acharnés à s'entre-détruire ; c'est-à-dire autant de féroces concurrents à la vie, se disputant des subsistances insuffisantes dans une lutte implacable, qui naturellement doit aboutir à la victoire des forts et à l'écrasement des faibles. Cette vision du drame de la nature vivante peut se traduire par le Va? victis des anciens.
Et dire que le darwinisme a été acclamé avec transport, comme un allié providentiel, par le parti de l'égalité et de la fraternité humaines ! On ne pouvait s'abuser plus cruellement.
L' « anthropo -sociologie » n'a heureusement pas tardé à venir mettre un terme à cette erreur radicale. A notre socialisme égalitaire et humanitaire elle est venue démontrer que, pour être darwinistc conséquent, il doit abjurer l'égalité et l'humanité, et que ce sont les principes diamétralement opposés qu'il faut donner pour base à la réforme sociale.
Le chef de la nouvelle école, un esprit puissant et un puits de science, est on ne peut plus catégorique et formel sur ce point. Voici ce qu'il déclare
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dans la remarquable préface qu'il a donnée à sa traduction du médiocre ouvrage d'Ernest Hœckel, le Monisme : « A la formule célèbre qui résume le christianisme laïcisé de la Révolution : Liberté, Égalité, Fraternité, nous répondrons : Déterminisme, Inégalité, Sélection ! » (1)
Cet antisocialisme a été exposé dans un certain nombre d'ouvrages fort savants et abondamment documentés, qui ne laissent pas que d'être fort instructifs et fort suggestifs, malgré tout ce qu'il y a de pure fantaisie dans leurs conclusions et la quantité d'ingénieux paradoxes qui les émaillent. Cette doctrine, hardie autant que peu sympathique, a rencontré un adversaire de la taille de ses champions. Qu'on lise les écrits de M. de Lapouge, de M. Otto Ammon (2), de M. Colson, de M. Mufîang, etc., et puis qu'on passe k la réfutation — si serrée, si topique — qu'en a faite le D' Manouvrier (3), et le lecteur n'aura pas perdu son temps.
(1) Le monisme, lien entre la religion et la science, profession de foi d'un naturaliste, par Ernest Haeckel, professeur à l'Université* d'Iéna. Préface et traduction de G. Vacher de Lapouge, broch. grand in-8, Paris, 1891, C. Reinwald, éditeur, p. 2.
Faisons remarquer que l'auteur se méprend quand il oppose le déterminisme à la liberté telle qu'elle est entendue dans la devise révolutionnaire. Ici par liberté il ne s'agit aucunement de libre arbitre, c'est-à-dire du pouvoir de vouloir ce qu'on ne ▼eut pas, mais de liberté matérielle, ou pouvoir de faire ce que
l'on veut.
(2) G. de Lapouge, Les sélections sociales, Paris, 1896 ; 0. Ammon, L'Ordre social et ses bases naturelles, trad. franc., chez Fontemoing, 1899.
(3) D' Manouvrier, Llndiee céphalique^ in Revue de l'Ecole d'Anthropologie de Paris, numéro du 15 novembre 1899.
Entrer dans cette discussion nous mènerait trop loin. Ici je veux me borner à montrer de mon mieux, en peu de mots, que les conséquences morales et sociales que comporte rigoureusement le darwinisme ne sont pastout à fait celles que les apparences semblent tout d'abord mettre à sa
charge.
En jetant les yeux sur cet ensemble confus des espèces vivantes que nous nommons collectivement l'Animalité ou le Règne Animal, nous constatons sans peine que les individus d'espèces différentes qui le composent ne sont unis entre eux, d'une espèce à l'autre, par aucun lien coopératif ou syndical, par aucune association et par aucune organisation collective, et que, loin de grouper leurs énergies en une action harmonique et en vue d'un résultat général commun et utile à tous, ils sont tous en conflit mutuel et tendent à se contrarier, à se nuire et à se supprimer réciproquement.
Portons maintenant nos regards sur chacun des organismes animaux offerts par ces diverses espèces : c'est un spectacle tout autre qui se présente à notre vue. Ici nous sommes en présence d'un autre ensemble de parties composantes; mais ces parties, cette fois, au lieu d'être incohérentes et éparses et de ne se rencontrer que pour se heurter et se combattre, sont réunies en un
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tout systématique et participent toutes à un travail commun, où chacune, ayant son emploi propre, qui complète celui de toutes les autres, reçoit, pour prix de sa coopération, sa juste part d'entretien.
Bref, l'individualisme incohérent, divergent, antisynergique et antagonique, le struggle for life en un mot, est le caractère propre et l'essence des agglomérations confuses, des assemblao-es non organisés ; c'est un mal inhérent au manque d'organisation, c'est la manifestation du
Désordre (1).
Le collectivisme harmonique, c'est-à-dire le groupement systématique des parties et leur synergie concordante dans l'œuvre d'utilité commune, c'est-à-dire l'antithèse du struggle for life, voilà le caractère distinctif des ensembles organisés, soit naturels, soit artificiels. C'est l'expression parfaite de l'Ordre (2).
Comme l'Animalité, l'Humanité a été jusqu'ici une arène de lutte sauvage et de subversion. Cependant si nous la suivons d'un œil clairvoyant à travers les étapes de sa douloureuse histoire,
(1) La cause du Mal est déficiente et non efficiente^ dit Leibniz avec les scolastiques, et ils ont raison profondément. Le mal consiste dans le multiple non systématisé, dans la nonorganisation, dans le non-ordre.
(2) J'ai traité ce point dans mes Aperçus de taxinomie gênéraie. Voir p. 264. [Voir aussi appendice II à la Gn du volume,
ote de l'éditeur).]
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nous sommes frappés de voir que, dès son début, elle marche dans une voie d'organisation progressive ; qu'elle avance, bien que lentement et avec bien des reculs temporaires et de nombreux zigzags, vers sa constitution en un organisme complet et parfait dont tous les organes seront solidaires, concordants et harmoniquement unis. Et nous constatons qu'à mesure qu'elle grandit en puissance scientiiique, en puissance industrielle et en puissance économique de toute sorte, ce progrès est marqué par une atténuation de l'incohérence et de l'antagonisme individualistes et par un accroissement de cohésion, d'union et de concert entre les éléments sociaux. Le struggle for life y règne toujours sans doute, mais c'est de plus en plus entre masses organisées, et de moins en moins d'homme à homme : d'où accroissement continu du collectivisme amical et décroissance de l'individualisme hostile.
Dans l'humanité intégralement organisée, le struggle for life ne sévira pas plus qu'il ne sévit dans le corps humain entre ses organes sains, entre le cerveau et le cœur, entre le foie et l'estomac, entre les reins et la vessie.
Le struggle-for-life a dû naturellement régner sur une humanité embryonnaire, ignorante et misérable, où les individus, pour vivre, ne savaient mieux faire que de se disputer les fruits sauvages et insuffisants d'une nature avare. 11 n'aura que faire dans l'Humanité future, où les hommes
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