‹ Questions de philosophie morale et sociale [microform]Chapitre 9 sur 13 · II · texte numérisé non relu

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et nombre d'autres rites ou sacrements expiatoires ou rédempteurs qui sont trop connus pour qu'il soit nécessaire d'en faire ici l'énumération. Je ne conteste pas toutefois à la magie — non plus qu'à la suggestion, qui d'ailleurs en fait partie — une action, qui peut être morale par ses effets, bien que ses agents soient d'un autre ordre. Ainsi les sacrements peuvent donner àTàme coupable une certaine paix, principalement grâce à sa foi dans Tefficacité des rites, mais cette paix factice n'est pas la véritable purification. Elle peut être un calme somnolent pour l'âme, elle n'est pas son relèvement. Celui qui se croit investi du don ou du ministère magique de purifier l'âme par sa seule parole peut bien dire au pécheur: « tes péchés te sont remis », et celui-ci peut y ajouter foi et s'en aller tranquillisé : mais en est-il rendu plus pur pour cela ? Au contraire, peut-être, son inclination au mal devant s'accroître de la facilité qu'il rencontre à soulager sa conscience.

Je me plais à donner place ici à l'opinion exprimée dans le passage suivant du Dictionnaire de Larousse, article Repentir :

« Les philosophes nous enseignent qu'il y a plusieurs sanctions à la loi morale ; parmi elles ils comptent la sanction de la conscience, la satisfaction d'avoir bien fait comme récompense, et le remords qui suit le crime comme châtiment. Mais cette sanction suffit-elle? « La question », dit M. François Pillon, « n'est pas de savoir s'il y a

'( des joies et des tristesses de conscience ; l'ex- (( périence le constate ; soit. Mais ces joies et ces (1 tristesses sont-elles, chez toutes les personnes, u en rapport exact, en proportion rigoureuse, quant à la durée et à l'intensité, avec la valeur morale des actes dont elles sont la conséquence? « L'expérience ne nous apprend-elle pas que ce « sont des plantes fort délicates et qu'étouffent « facilement et rapidement celles qui puisent leur « sève dans notre nature passionnelle ; qu'elles (( varient singulièrement chez différentes person- <( nés, et chez une môme personne en des temps « différents ; que l'homme a inventé bien des « moyens de se donner une injuste sécurité et « d'injustes satisfactions de conscience? sont-ils (( donc si rares, au temps où nous vivons, les « gens qui boivent l'iniquité comme l'eau, et qui « paraissent se fortifier par ce breuvage ? » D'où il suit que le repentir est une sanction insuffisante. 11 est nécessaire pour que Thomme coupable soit lavé de son crime, mais il ne saurait tout seul opérer la réhabilitation de cet homme ; il faut qu'il soit la source d'une longue suite d'actes vertueux, et que ces actes deviennent la preuve visible d'une moralité lentement reconstituée et consolidée. »

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