SECTION III
QUESTION I
Des bornes do la Logique. — Peut-on admettre sans restrldtlon ta proposition suivante : « Il ne faut pas enfermer la Logique dans la Logique; elle n'est faite que pour servir d'instrument aux autres sciences. » ( Log . du Porl-ftoyal.)
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Les logiciens de Port-Royal ayant à se justifier d’avoir mêlé à la logique des matières qui appartiennent à la physique et aux mathématiques, à la morale, à la rhétorique et à la théologie, s’expriment en ces termes: « C’est une chose entièrement ridicule que les gênes que se donnent certains auteurs, qui prennent autant de peines pour borner les juridictions de chaque science, et faire qu’elles n’entreprennent pas les unes sur les autres, que l’on en prend pour marquer les limites des royaumes et régler les ressorts des parlements. » (1er Disc, prél.) Il ne faut pas enfermer la logique dans la logique; elle n’est faiteque pour servir d’instrument aux autres sciences. 11 ne faut donc pas tant l’en séparer, afin que l’on voie à la fois les règles et la pratique, que l’on apprenne à juger les sciences par la logique et à retenir la logique par les sciences. (2' Disc.)
Tout en reconnaissant ce qu’il y a de vrai dans ces réflexions, on examinera si la thèse qu’elles appuient et qui s’étend à toutes les sciences peut être admise d’une manière absolue. — 1* Le soin que l'on prend à délimiter une science est-il en réalité inutile? N’y a t-il pas des inconvénients à confondre les questions qu’elle agite avec celles des autres sciences? La confusion des objets n’entraîne-t-elle pas celle des méthodes, etc.? Quels seraient en particulier les effets
d’une telle liberté accordée à la logique? — 2° Est-il vrai que celle-ci ait un caractère purement pratique et ne soit faite que pour servir d’instrument aux autres sciences? — 3“ Ce qui est permis dans un ouvrage didactique le serait-il dans un exposé théorique et scientifique? — On pèsera, et on discutera ces motifs; on en conclura la nécessité de maintenir à chaque science et à lia logique en particulier ses limites et sa juridiction sans méconnaître ses rapports avec les autres sciences et les emprunts qu’elle peut leur faire pour l’explication de ses règles.
QUESTION U
Rapport» <U la Logique avec lea autres parties de la Philosophie.
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Chaque science a son domaine et ses limites. En cela, etle est indépendante. Doit-elle pour cela s’isoler? L'indépendance absolue ne lui serait-elle pas funeste? On le démontrera, pour la logique, en faisant ressortir ses rapporta avec les autres sciences philosophiques.
1° Psychologie. — En quoices deuxsciences se ressemblent et en quoi elles diffèrent. Leur manière diverse d’envisager le môme objet, l’esprit humain ou la pensée. — Comment la logique présuppose la psychologie. Ce que la psychologie à son tour doit à la logique. — Objection : la logique qui. étudie les formes abstraites de la pensée a-t-ello à se préoccuper des diverses théories des facultés de l’àme? — Non* mais peut-elle rester indifférente à la théorie de la connaissance humaine? Le critérium du vrai peut-il s’établir sans l’analyse de nos facultés?
2° Rapports avec la morale. — Qu'y a-t-il de commun entre la science des lois abstraites do la pensée et celle qui; donne des règles à la volonté?— - Montrerlesrapports. —Pour bien penser, il faut bien vouloir. Pour vouloir toujours le bien, ne faut-il pas penser avec justesse etsavoirce que l’on veut?
3° Rapports avec la mélap hysigue et la théodicée . — Mais la logique ne peut-elle se passer de la métaphysique ? Qu’ont de commun les problèmes sur la nature et la destinée des