‹ Questions de philosophie précédées des règles de la dissertation philosophique et suivies des sujets donnés aux concours, à la licence et au baccalauréat es lettresChapitre 106 sur 192 · DES RAPPORTS DE LA LOGIQUE · texte numérisé non relu

DES RAPPORTS DE LA LOGIQUE

ôtres, sur Y âme, !a matière et Dieu, etc., avec les formes de la pensée et du raisonnement ou les règles de la méthode? — Montrer combien cette opinion est superficielle. 1° La logique n’empiunte-t-elle pas à la métaphysique scs catégories? 2® Le problème de la certitude et du critérium de la vérité domine toute la logique, et la critique de la raison ne peut lui être indifférente. 3° Quant aux questions supérieures sur l’âme et la substance des êtres, sur Dieu, etc., un examen plus approfondi fait voir que la logique elle-même change de face, ou est conçue dans un tout autre esprit, selon que l'on donne telle ou telle réponse à ces problèmes? (V. Précis, 250, 493, 454, 596.)

On pourra montrer aussi le lien qui unit la logique à d’autres parties de la philosophie, à la grammaire générale et à la philosophie (lu langage en particulier. Tout en maintenant la distinction de ces sciences, on fera voir leur étroite . solidarité et leur réciprocité.

QUESTION III

Du critérium cartésien (de l'évidence de la raison). — Bst-il vrai qu'il suppose un. autre critérium et qu'il n’ait qu'une valeur personnelle?

PROGRAMME

Le principe de Y évidence de la raison posé par Descartes a été souvent attaqué.

Voici comment s’exprime à ce sujet Helvétius : « Des- « cartes n’ayant point mis, si je peux m’exprimer ainsi, « d’enseigne à l’hôtellerie de l'évidence, chacun se croit en « droit d'y loger son opinion. Quiconque ne se rendrait réel- « lementqu'à L’évidence ne serait guère assuré que de sapro- « pie évidence. »

1“ On fera voir qu’Helvétius s’est trompé en demandant une garantie de l 'évidence de la raison qui implique cette évidence elle-même. Quelle sera cette garantie ? L’c.rp^rience sensible ou le témoignagne des sens? Ceux-ci ne doivent-ils pas être contrôlés, et rectifiés ? Qui distinguera l’illusion de la réalité? Ce principe substitué à l’évidence de la

raison est un cercle vicieux où l’on recule à l’infini, ce qui équivaut au scepticisme.

2" L’auteur confond l’opinion, variable et personnelle, avec la certitude qui s'attache aux vérités premières ou à celles que la science elle-même a démontrées? — La science est impersonnelle. — Donner des exemples.

3» Est-il vrai que l’évidence ne donne qu’une certitude purement subjective ? N’a -t-elle rien d’absolu - La thèse que l’on soutient n’est-elle pas au fond celle du scepticisme? (V. Précis, 268, 278, 284.)

QUESTION IV

De l’empirisme des sens. — Examen et discussion du système qui ralt de l’expérience sensible ou de la sensation le oritértum do tout© vérité .

PROGRAMME

L’école sensualiste, matérialiste ou positiviste (Démocrite, Epicure, Condillac, Helvétius) donne, comme on sait, pour origine à toutes nos connaissances la sensation. Celle-ci doit fournir aussi à la logique le critérium de la vérité. L’expérience sensible est proclamée le seul moyen légitime de connaître. Tout jugement, tout raisonnement qui ne peut être vérifié et contrôlé par les sens est incertain, et ne peut qu’engendrer l’erreur. La science tout entière doit sortir de la sensation. — L’observation des sens est le principe de la méthode des sciences physiques. L'induction s’appuie sur l’expérimentation, qui elle-même se ramène à la consultation exacte et fidèle des sens. — Il en est de même de la démonstration dans les sciences exactes. Les vérités premières, les axiomes mathématiques eux-mêmes ne sont que des faits sensibles généralisés. - La vérité morale comme la vérité physique et mathématique s’obtient et se ven e de la même manière. Les faits moraux et les vérités morales doivent seTamener à des faits sensibles, ou rien n est certain dans ces sciences. (V . Positivisme.)

Tel est le système qui apparaît à toutes les époques de ta philosophie. Platon le réfute déjà dans le Théélèle, e l ses arguments n'ont rien perdu de leur force ; il est facile

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