‹ Questions de philosophie précédées des règles de la dissertation philosophique et suivies des sujets donnés aux concours, à la licence et au baccalauréat es lettresChapitre 109 sur 192 · DU CONSENTEMENT GÉNÉRAL £(M · texte numérisé non relu

DU CONSENTEMENT GÉNÉRAL £(M

scepticisme seul peut en recueillir les fruits. (V. rrécis, p. 269.)

QUESTION XI

Quelle est la valeur de l’argument tiré du consentement général dans les discussions philosophiques?

PROGRAMME

Un écrivain célèbre (Lamennais) a fait du consentement général le principe de toute certitude et le critérium universel de la vérité. Ce système est facile à réfuter. (V. Précis, 279.) Mais, comme tout système, ne contient-il pas une part de vérité? Il s’agit en particulier ici de déterminer la valeur de l’argument que l’on tire du consentement général dans les discussions philosophiques.

1° Le consentement général n’est pas une preuve directe de la vérité; mais s’il ne dispense pas des autres preuves, ne peut-il servir à les confirmer? N’en est-il pas ainsi, surtout dans les questions qui touchent à l’ordre moral, comme la spiritualité de l’àrue, l’existence de Dieu, le libre arbitre, etc.? Quand il est réellement établi qu’il existe, ne doit-il pas être regardé comme une loi de notre nature (1)? Sous ce rapport, c’est un fait grave qui doit être interprété et appelle l’attention du philosophe.

2° Le consentement général se confond avec le sens commun en ce qui touche aux vérités premières, aux axiomes et aux principes de la morale.

Distinguer les faits ou les principes d'une appréciation facile des faits ou des vérités que le vulgaire ne peut apprécier et qui sont l’objet propre de la science.

Distinguer aussi la croyance vraiment universelle de certains préjugés en apparence universels qui ont changé et n’ont pas les mêmes caractères de généralité et de perpétuité. Exemples : l’esclavage, les haines nationales, etc. La science et la philosophie les détruisent tous les jours, et ils disparaissent devant les progrès de la raison humaine.

(l)Consentio omnium gentium lex nature» putanda est. (Cic., Tuse.,

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