‹ Questions de philosophie précédées des règles de la dissertation philosophique et suivies des sujets donnés aux concours, à la licence et au baccalauréat es lettresChapitre 110 sur 192 · I, XIII · texte numérisé non relu

I, XIII

3° Est-il légitime d’en inférer, comme on l’a fait souvent, qu’il n’y a rien d 'absolu, que tout est relatif , dans les opinions des hommes? L’affirmer, n’est-ce pas professer le scepticisme? Ne doit-on pas plutôt conclure que, parmi ces croyances, les unes ont leur racine dans la nature humaine et dans la raison, tandis que les autres n'en sont que des formes passagères? — Est-il vrai que cette méthode ait pour effet de supprimer le libre examen et d’immobiliser la science, en faisant sans cesse appel à l’autorité et en invoquant la tradition, que toute opinion ancienne ou consacrée sera ainsi condamnée a priori ? N'est-ce pas confondre l’abus de cette méthode avec son emploi éclairé et libéral ?

On discutera chacun de ces points et on conclura que cette méthode, en effet, demande à être employée avec beaucoup de réserve. Elle ne s’applique qu’à un petit nombre de vérités appartenant surtout à l’ordre moral, d’une appréciation facile, ou qui n'ont pas besoin d’être appréciées pour être reconnues. Loin de supprimer leur examen et leur analyse, elle appelle au contraire sur elles une attention plus sérieuse et plus approfondie, llnes’agit nullement du corps de la science, mais des bases, sans lesquelles aucune science n’est possible. En tout cas, la preuve du consentement général n’est qu’une preuve indirecte qui ne peut remplacer les preuves directes. En un mot, la raison ne perd jamais ses droits, mais elle se contredirait elle-même si elle venait à renverser ses propres principes et à se mettre en opposition directe avec le sens commun. (V. Précis, 155, 541, 604, 670, 675.)

QUESTION XII

Des causes principales du scepticisme et des moyens de s'en préserver.

Le scepticisme n’est pas seulement un système, c’est une maladie de l'esprit. Il ne suffit donc pas d’avoir réfuté ses arguments, il est utile de connaître les causes qui l'engendrent, afin d’en tirer les moyens de s'en préserver ou de s’en guérir.

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