‹ Questions de philosophie précédées des règles de la dissertation philosophique et suivies des sujets donnés aux concours, à la licence et au baccalauréat es lettresChapitre 117 sur 192 · II. A la notion du hasard se rattachent des problèmes dont · texte numérisé non relu

II. A la notion du hasard se rattachent des problèmes dont

il suffit d’indiquer les principaux. Le premier est celui-ci : Peut-on soumettre au calcul les effets du hasard î La science répond affirmativement. C'est l’objet du calcul des probabilités dont les bases sont certaines, quoique, parmi les résultats, les uns soient probables les autres assurés. (V. Laplace, Cournot, Stuart Mill.)

D'autres questions font partie de la religion naturelle. Le monde est-il l'effet du hasard? Il est clair que le hasard étant un mot, un pur néant, la phrase revient à celle-ci : Le monde est-il un effet sans cause? De même, le hasard étant une coïncidence aveugle et fortuite, se demander si l’ordre de l’univers est l’effet du hasard est un non-sens. Le système d’Epicure et de Démocrite qui explique ainsi la naissance et la formation de l’univers par la rencontre fortuite des atomes est tout simplement absurde. Du désordre ne peut naître l’ordre, de l’irrégularité la loi. C'est faire le hasard intelligent, dit Fénelon (Exisi.de Dieu, 1). Le hasard n’arrange rien, ne combine rien. Un dessein n'en peut sortir. (V. Causes finales.) Il n’y a plus qu'à recourir à des lois éternelles ; mais que sont ces lois? La raison elle-même, ou l’ordre visible.

Quelle part doit' être faite au hasard dans la vie humaine? Si on le) prend dans le second sens, cette part est énorme. Nous naissons et notre vie s'écoule tout entière au milieu de circonstancesque nous n’avons pas faites. Naissance, tempérament, hérédité, éducation, richesse, position sociale, etc. , résultent d’une infinité de causes générales et particulières, la plupart indépendantes entre elles comme de notre choix et de notre volonté. L’homme qui personnifie tout a inventé une divinité, la Fortune, qui dispense à chacun d'une façon aveugle et capricieuse les biens et les maux dont sa vie est remplie (1). Nos le, nos facimus, forluna, Deain. (J u vénal.) Une conception plus élevée est celle de la providence qui veille sur. l’ensemble de l’univers et préside à la destinée des individus. — Nous n'avions ici qu’à poser, non à traiter ces questions.

Une opinion qui tend à s'accréditer dans la science est re-

(1) Et qui» sæpè latent cauaæ, fortuna vocatur. (Ovide.)

Page 1