‹ Questions de philosophie précédées des règles de la dissertation philosophique et suivies des sujets donnés aux concours, à la licence et au baccalauréat es lettresChapitre 12 sur 192 · DU PLAN OU DE LA DIVISION · texte numérisé non relu

DU PLAN OU DE LA DIVISION

indiqué; vous n’avez le droit ni de l’intervertir ni de le modifier. Vous devez supposeTqu’il n’est pas arbitraire; en le modifiant, vous risquez de changer la question ou de n'en pas comprendre l’esprit. Ce n’est pas tout : un plan ne consiste pas seulement dans la juxtaposition des parties, ni même leur disposition, mais aussi dans la proportion et l'importance à donner àchacune cTeilesetà l’ensemble. Cela s’appelle organiser un sujet, et c’est ce qu’il faut avoir fait d’avance, si on ne veuts’exposer à développer outre mesure oertaines parties etàen négligerou enécourter d’autres. Toute oeuvre de l’esprit doit être ainsi organisée, ou elle manque d’unité. Cela est vrai d’une dissertation comme d'un discours ou d’un drame. Pour y arriver, outre ce qui a été dit plus haut des limites imposées au sujet par sa nature même et sa forme, il faut savoir distinguer le point principal, la maîtresse partie qui doit servir de centre et de but, vers laquelle toutes les autres doivent tendre. 11 faut aussi tenir compte de la nature de votre travail et des conditions de son exécution.

Il est clair qu’une dissertation d’élève, n’étant ni une thèse ni un livre, doit être renfermée dans des limites étroites, même quand , on traite les sujets les plus vastes. Mais il y a toujours un point spécial qui doit être approfondi et développé. Dans de telles questions, n’essayez donc pas de traiter également toutes les parties, n’en choisissez pas non plus une à votre fantaisie pour vous y étendre avec complaisance. Cette licence no vous est pas permise. Il est facile de reconnaître le point principal et d’y subordonner tout le reste. Vous obtiendrez ainsi ('unité et votre travail y gagnera en force et en intérêt. C’est le vrai mérite d’une composition philosophique. La pensée n’aime pas à se disperser sur plusieurs objets dans un temps limité ; la raison n’est satisfaite que quand la diversité est ramenée à l’unité. Ce point bien éclniré doit éclairer tous les autres ; tâchez donc de le dégager et d’y relier les parties diverses de la question proposée; c’est le moyen de ménager vos forces et votre temps, de restreindre un sujet peut-être trop étendu et de le ramener aux proportions d’une simple dissertation élémentaire.

Caractères de la Certitude; facultés qui la donnent ; discuter les opinions des philosophes sur la certitude , en suivre les conséquences théoriques et pratiques. Ilesteertain qu’une pareille question, donnée au concours général (1838), eût pu aussi bien être proposée par l’Académie des sciences morales pour être traitée en trois ans. Vous n’avez que quelques

XVI UE LA DISSERTATION PHILOSOPHIQUE

heures. C’est un devoir d’élève, non un mémoire qui vous est demandé, et vous n’êtes pas les concurrents d’une Académie. Les données, d’ailleurs, vous manquent. Un élève ne peut connaître que très-superficiellement les opinions des philosophes, il ne peut les discuter en si peu d’espace et de temps, ni les suivre longuement dans leurs conséquences. Mais le premier point et le second qui le complète sont fort à sa portée. Le reste peut servir à vérifier et à confirmer ce qui aura été dit du caractère de la certitude et des facultés qui la donnent. Il suffira d’indiquer, en les discutant brièvement, les principales opinions sur la certitude et de signaler leurs conséquences théoriques et pratiques. Autrement, à force de vouloir vous conformer au programme, vous glisserez sur chaque point, vous n’approfondirez rien, vous ne pourrez soigner aucun détail. — Voici un autre sujet du même genre (1839) : Ce qu’on entend par la Pensée et la Parole; leurs rapports ; action de f étude des langues, surtout des langues anciennes, sur le développement de la pensée. Comment se former un cadre avec une question aussi vaste et aussi complexe? Vouloir traiter également tous ces points est une entreprise impossible, ou votre travail, superficiel et négligé, manquera à la fois de solidité, d’originalité, d’intérêt et d’unité. Demandez-vous donc s’il n’y a pas un point particulier en vue duquel la question paraît avoir été donnée : l'étude des langues anciennes et son action sur le développement de la pensée. Attachez-vous à ce point et faites-en le but do votre travail : que tout le reste y conduise ou s’y ramène. Il est clair qu’il fant comprendre la nature de la pensée et de la parole et leur rapport, si l’on veut démontrer l'importance de l’étude des langues sur le développement de l’intelligence; ce sont des prémisses qu’il faut établir clairement et solidement, mais ne vous y arrêtez pas. Le dernier point doit être le corps de dissertation, c’est lui qu’il faudra surtout développer. En arrangeant ainsi votre plan, vous aurez fait preuve d’intelligence et de sagacité ; vous donnez du relief et de l’intérêt à votre travail ; c’est, autrement, une rédaction ou une dissertation banale et hors de toute proportion.

2° Quand le plan n’est pas indiqué, il faut savoir s’en faire un. Ce n’est pas chose facile; mais c'est un grand mérite, et de là dépend en partie le succès de la composition.

Corpment s'y prendre? En analysant le sujet dans ses idées principales et en observant l’ordre naturel ou le lien

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