‹ Questions de philosophie précédées des règles de la dissertation philosophique et suivies des sujets donnés aux concours, à la licence et au baccalauréat es lettresChapitre 120 sur 192 · LE GÉNIE ET LA MÉTHODE · texte numérisé non relu

LE GÉNIE ET LA MÉTHODE

n’ont eu auparavant, étant plus pauvres, à en faire de moindres; ou bien on peut les comparer aux chefs d'armée, dont les forces ont coutume de croître à proportion de leurs victoires. » (Descartes, Disc, de la Mélh., 6* partie.)

Pascal exprime la même pensée en comparant les modernes aux anciens. ( Fragment sur le vide.) Les secrets de la nature sont cachés... ; le temps les révèle d'âge en âge.. . Les expériences se multiplient... ; les conséquences en proportion... Les premières connaissances ont servi de degrés aux nôtres, etc.

On développera chacune de ces idées en les appuyant d'exemples tirés de l’histoire des sciences.

QUESTION XXI

Le Génie (dans les sciences) pent 11 se passer de la méthode ?

La méthode pent-elle tenir Heu da Génie ?

ESQUISSE

Le génie, dans les sciences, comme partout ailleurs, se reconnaît à certains caractères : la grandeur et l’originalité, la fécondité, la soudaineté des vues, surtout la faculté d’invention, l’habitude de suivre des routes non encore tentées, une sorte d’intuition et de divination. Aussi le mot de Buffon, « le génie est une longue patience, » ne doit pas être pris à la lettre. Mais le génie, dans les sciences, ne va pas sans une réflexion puissante, patiente et persévérante; il est une des qualités qui distinguent le géniescientifique; c’est la condition des grandes découvertes.

Le génie ainsi conçu peut-il se passer de la méthode, et la méthode peut-elle remplacer le génie ?

1* On montrera que, s’il faut maintenir au génie ses qualités, sa liberté, la spontanéité de ses allures en particulier, on aurait tort de croire qu’il est, comme l’on dit, au-dessus des règlesde la méthode. Ce que l’on prend pour une marche irrégulière est au contraire très-régulier.

Legéniene dédaigne les anciennes méthodes que parce qu’elles sont mauvaises; il s’en crée de nouvelles pour échapper à la routine; ses procédés ne sont que plus con-

formes aux lois de l'esprit humain, jusque-là non observées. Exemples tirés de l'histoire des sciences : Keppler, Galilée, Descartes, Newton, etc.

2° La méthode peut-elle tenir lieu du génie 1 Ce que dit Descartes au début du Discours de la Méthode ne doit pas plus être pris à la lettre que le mot de Buffon. Le génie est toujours le génie; sans méconnaître l'utilité et les avantages de la méthode, on doit maintenir sa supériorité et sa puissance d'invention créatrice. La méthode n’est toujours qu’une manière de s’y prendre pour étudier la vérité. C’est un instrument. L’esprit est la force qui s’en sert, et il a toujours l’initiative. Sans la méthode, le génie peut s’égarer; mais il n’en conserve pas moins ses qualités, sa fécondité, ses ressources, son initiative puissante, sa faculté divinatrice souvent merveilleuse. Il procède par une sorte de synthèse antérieure à l’analyse, ce qui est le contraire des esprits médiocres. Peut-on nier ces privilèges ? Le nivellement des intelligences par la méthode est aussi absurde que l’opinion d’Helvétius, qui soutient que l’inégalité des esprits vient de l’éducation. Ce qui est vrai, c’est que les méthodes une fois trouvées et vulgarisées, les intelligences les plus médiocres peuvent faire des découvertes qui eussent été impossibles au génie à d'autres époques où ces méthodes n'existaient pas.

Développerces raisons et les appuyer par des exemples (1). QUESTION XXII

De l'ueage et de l'abus des maximes (2).

I. Si les proverbes sont la sagesse des nations, il semble que celle des philosophes soit surtout dans leurs maximes. Les premiers sages se bornèrent à déposer le fruit de leurs méditations dans des sentences qui passaient de bouche en

(1) Question a traiter : De l'alliraee du génie ot du bon sens. De U Traie et de la fausse originalité. Le gfnie suit toujours Je3 voies les plus simples. Exemples : etc.

(2) Dans ce qui suit, ce mot est pris dans le sens le plus général, non dans l’acception restreinte où les maximes se distinguent des sentcnçcs , pentees, aphorism i, etc.

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