DE L’USAGE DES MAXIMES
mêmes. Il en est beaucoup qui sont fausses, d'autres ne sont vraies qu’en partie; la plupart offrent divers sens et ont besoin d’être expliquées (V. suprà, p. lx,) et interprétées. Le danger principal est la forme dogmatique sous laquelle elles se produisent, l’autorité avec laquelle elles s’imposent à notre esprit, surtout s’il n’est pas accoutumé à réfléchir. Par là, si elles sont nécessaires à la science et contribuent à ses progrès, elles peuvent souvent l’entraveret arrêter sa marche pendant des siècles. « La nature a horreur du vide. » Combien cette seule maxime n’a-t-elle pas fait obstacle à la science et retardé ses découvertes? Toute opinion hasardée affecte cette forme et, comme on dit, tend à s’ériger en maxime. C’est le coussin de la philosophie paresseuse. On s’abrite derrière les formules et les maximes consacrées. C’est le bouclier de Vulcain qui rend invulnérable, ou le casque de Pluton avec lequel on devient invisible. (Leibnitz, ibid.) Ces maximes, qu’une science incomplèteou fausse a élevées et que défend la routine, deviennent des forteresses qu’il faut prendre d’assaut ou autrement et ensuite démolir. Si l’on songe que les maximes sont des principes sans cesse invoqués dans la discussion et d’où se tirent des conséquences, on sentira combien il importe de ne pas les accueillir à la légère et d’être sans cesse sur ses gardes envers ceux qui s’en servent. — De là la nécessité de distinguer les vraies et les fausses maximes, de les soumettre à un examen sérieux et à un contrôle sévère. Il faut aussi se défier de l’obscurité calculée de certaines maximes d’une profondeur apparente, les unes vagues, équivoques ou vides, les autres plus claires mais exclusives; de reconnaître celles qui ne sont vraies qu’en partie et avec des restrictions, en un mot de les interpréter, de les discuter, du les apprécier. (V. suprà, p. lvi.) Cela est vrai surtout en philosophie, où la raison non l’autorité décide et où l’examen approfondi des principes est l’objet propre de la science. (V. Précis, p. 180).
QUESTIONS DIVERSES
I. Montrer la vérité de celte proposition : « La plupart des erreurs des hommes viennent bien plus de ce qu’ils raisonnent sur de faux principes que de ce qu’ils raisonnent mal d’après les
principes. » {Lng. de Port-Royal.) — V. Prft-U, p. 386.
II. Pom quoi les paradoxes sont-ils souvent plus difficiles A réfuter
que les erreurs les plus voisines de la vérité? — V. ibid, p.367.
III. Est-il vrai qu’un des principaux services que rend à l’esprit la
logique est d'apprendre a penser à propos à ce qu’on sait ? — Ibid., p. 331.
IV. De la méthode socratique, ses avantages; quel usage doit-on en
faire dans l’enseignement? — Ibid., p. 165, (45.
V. A quoi lient la perfection du langage desmalliémaliques; pourquoi
les autres sciences ne peuvent-elles y atteindre? — Ibid., p. 400,
VI. Que doit-on penserdu projet d’une langue universelle? — Ibid.,
VII. Pourquoi la vérité, dans lesscienc.es morales, est-elle plus diffi-
ci e à démontrer que dans les autres sciences? — Jbid.,p. 443,
VIII. Y a-t-il de véritables démonstrations dans les sciences morales
comme dans les siences mathématiques et | hysiques. — Ibid , p. 443, 543.
IX. Doit-on admettre comme vraie la proposition suivante : « C.e
rcest fias la nature des idées qui fait qu’en général on raisonne moins bien dans les sciences métaphysiques que dans les sieuces physiques. C'est l’imperfection des langues qu'elles parlent. » (Laromiguière, t. I.) — Ibid., p. 183.
X. De l’écriture : quels seivices rend l’écriture alphabétique
comme moyen de fixer la pensée et d’eu régulariser les opérations. — Ibid., p, 173.
AI. Pourquoi les vraies définitions sont-elles si rares et presque toujours contestées en philosophie 7 Pourquoi n’en est-il pas de même dans les antres sciences, en particulier dans les sciences exactes ? — Ibid, p. 19, 318, 401.
XII. Montrer la vérité de cette parole de Plotin : «Quiconque s’élève
au-dessus de la raison risque de tomber au-dessous de la raison. » — Ibid., p. 23.
XIII. Distinguer en philosophie des véritables cercles vicieux les pro-
positions réciproques ou amphiholies légitimes, comme cel csci : •< La connaissance de l'homme conduit à la connaissance de Dieu , la connaissance de Dieu 6 la connaissance de l’homme. — La morale se comprend mieux par la religion, la religion par la morale. — Il faut être honnête homme pour être bon citoyen et bon citoyen pour être honnête homme. — Il faut êlre sage pour aimer la sagesse, etc. » — Ibid, p. 696, 499, 455, 562.
XIV. Le principe qui sert de base à l’induction peut-il lui-même dé-
river de l'expérience ? — Ibid., p. 413.
XIV. Est-il vrai que la certitude historique diminue à mesure que les événements s'éloignent du temps où nous vivons ? — Ibid., p. 467.
AVI. Apprécier et appliquer celte maxime de Goethe : « Tout devient inintelligible pour quia peur des idées. » —Ibid.,p. 429. XVII. Etablir la distinction entre ce qui est inexplicable et ce qui est inintelligible. Eclaircir cette distinction par des exemples tirés des sciences physiques et desscienccs morales. — Ibid., p. 272.