‹ Questions de philosophie précédées des règles de la dissertation philosophique et suivies des sujets donnés aux concours, à la licence et au baccalauréat es lettresChapitre 131 sur 192 · LA. SÉPARATION DES VERTUS · texte numérisé non relu

LA. SÉPARATION DES VERTUS

distinguent des vertus privées et des vertus publiques, des vertus profanes et des vertus religieuses.

Ilsadmettentque le courage peut exister sans la prudence, la justice sans la tempérance, etc. Chez eux, une part plus grande est faite à la différence des natures et des caractères. Kant s’élève contre l’opinion stoïcienne qu’il n’y a qu’une seule vertu. (Doctrine de la Vertu, Introd.)

Il s’agit do montrer comment ces opinions peuvent s'accorder on faisant à chacune sa part légitime et en montrant Je lien qui doit unir les deux principes. La thèse et l’antithèse peuvent très-bien se concilier dans une synthèse supérieure.

Thèse. — La vertu est une. Raisons tirées de l’essence de

la vertu. Nécessité de rapporter au bien toutes nos actions.

De l’idéal d’une conduite sage et réglée La vertu parfaite et

la vertu véritable. Unité du caractère moral.

Antithèse. — Nature complexe de l’homme; diversité de ses penchants et de ses facultés; multiplicité des situations et des caractères ; contradictions de la nature humaine. Exemplesqui prouventque les vertus peuvent être séparées. Enumération et examen des vertus.

Synthèse. — Accord de ces vertus entre elles malgré leur diversité. Comment chacune conserve son caractère propre et néanmoins participe des autres.

Solution de l'antinomie.

QUESTION XVIII

De la séparation des vertus privées et des vertus publiques

PROGRAMME

Quoique comprise dans la précédente, cette question est assez grave pour mériter d'ètre traitée séparément. Ne peuton pas être un bon citoyen, un grand prince, un magistrat intègre, sans être un modèle de l’honnête homme dans la vie privée? N’est-ce pas un principe admis dans les discussions politiques que la vie privée doit être murée? L’histoire ne fournit-elle pas des exemples nombreux qui prouvent que les plus éclatantes qualités s’allient très-bien à des mœurs dissolues ?

MORALE

Telles sont les principales raisons sur lesquelles s’appuie la distinction absolue des vertus privées et des vertus publiques. On est allé quelquefois jusqu’à les déclarer à peu près incompatibles. On réfutera cette opinion sophistique et on montrera que de pareils arguments sont tout à fait insuffisants pour détruire les raisons, beaucoup plus solides, par lesquelles se démontre la thèse antique et toujours vraie de l’unité des vertus, malgré leur diversité.

Distinguer entre ce que la morale démontre comme essentiellement vrai, savoir : l’union étroite et la solidarité de toutes les classes des devoirs ainsi que le danger de les trop séparer, et les fictions que la politique est obligée d’admettre à cause des inconvénients plus graves qu’entraîne la recherche des actions privées. Combien il importe qu'à côté de ces distinctions d’un caractère purement conventionnel la réalité des choses se maintienne intacte dans le domaine de la conscience morale et de l’opinion publique, qui doit rester d’autant plus sévère.

L’histoire elle-même est rarement en désaccord avec la logique ; les vrais modèles sont des hommes qui, malgré leurs imperfections, ont su réaliser le type de l’honnête homme et du bon citoyen. — Conclusion.

QUESTION XIX

La famille est la meilleure école deB vertus publiques.

La famille, suivant le mot de Cicéron, est la pépinière de l’Etat, seminarium reipublicæ (de Off., I); elle est le premierélément et le fondement de la société civile. Il y a plus : dans son étroite enceinte, elle en est comme l’image ou l’emblème. C’est dans son sein que se préparent et se développent les vertus civiles; elle est le sanctuaire des mœurs publiques aussi bien que privées. Il s'agit de mettre en lumière cette vérité.

1° Dans la famille, et seulement dans la famille, peuvent naître et.se développer les affections qui sont la source du vrai patriotisme. — Sans la famille et hors de la famille,

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