‹ Questions de philosophie précédées des règles de la dissertation philosophique et suivies des sujets donnés aux concours, à la licence et au baccalauréat es lettresChapitre 132 sur 192 · DES DROITS ET DBS DEVOIRS · texte numérisé non relu

DES DROITS ET DBS DEVOIRS

ces affections se dénaturent et se dégradent. Exemples : Sparte, etc.

2* C’est dans la famille que l’enfant apprend d'abord à pratiquer toutes les vertus qui feront plus tard le bon citoyen : l’obéissance, la justice, l'égalité, le respect de l’autorité, le dévouement, etc.

3° Les exemples que l’on pourrait tirer des sociétés où la famille a été faible ou mal constituée (Sparte, etc.), prouvent en faveur de la thèse au lieu de l’aSaiblir. — Conclusion.

QUESTION XX

De la corrélation des devoirs et des droits. — Tons les devoirs ont-ils dss droits corrélatifs?

PROGRAMME

Le droit naît du devoir. Son origine est l’inviolabilité de la personne morale qui, responsable de ses actes et chargée d'accomplir ses devoirs, doit être respectée dans l’exercice de son activité. En ce sens, tout devoir confère un droit, celui de lo remplir. Ceci étant admis, est-il vrai qu’à tout devoir répond un droit, ou y a-t-il des devoirs qui n’ont pas de droits corrélatifs? — Pour traiter cette question, on devra distinguer le droit dans la personne, qui est le sujet du devoir, du droit dans la personne, qui en est Yobjet, On se trouvera ainsi amené à donner une réponso négative, et à réfuter l'opinion contraire.

On passera en revue les différentes classes de devoirs : devoirs de l’homme envers lui-même, envers ses semblables et envers la Divinité. On fera voir qu’à la seconde seulement appartiennent véritablement les droits inhérents à la personne qui est l’objet du devoir, mais que, dans cette classe même, tous les devoirs n’entraînent pas des droits correspondants. Les devoirs compris dans la justice, seuls,, sont dans ce cas. Les devoirs de bienfaisance ou de charité n’ont pas de droits correspondants (1).

(I' « Tous nos droits impliquent des obligations et sont corrélatifs ii des devoirs. La morale pénètre dans le droit naturel, mais elle conserve son caractère distinct et son domaine n'est pas celui du droit, il est beaucoup plus étendu. La morale individuelle tout entière est en dehors du droit ; les devoirs à l'égard de nous-môme n’éveillent pas l'idée du

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On réfutera l’opinion contraire qui, en établissant de faux droits, détruit les vertus attachées à ces devoirs et tend à supprimer le droit lui-même avec la liberté. — Conclure. (V. Précis, p. 580.)

QUESTION XXI

De l'obAlesance aux lois. — Démontrer la vérité de cette maxime : Legum omm> fer ci sumus ut liberi e»se possimvs. (Cic., Pro C tuent.)

L’obéissance aux lois est la condition première de la liberté du citoyen. La vraie liberté n’est possible que par la soumission volontaire à la loi de tous les membres de la cité. Hors de là, il n’y a place dans un Etat que pour l’anarchie ^et le despotisme. Ce sentiment de la soumission aux lois doit donc avant tout être développé dans l’âme des citoyens (1). Telle est la pensée à développer. On puisera les raisons : 1° dans l’idée même de la société civile, qui n’est possible que sous l’empire de la loi qui y fait régner l’ordre et protège la liberté en lui imposant des limites (2) ; 2° dans l’idée de la loi elle-même, excellemment définie par Aristote « la raison sans la passion (Polit., III, n) ; » d’où naît comme conséquence l’égalité civile, qui est la vraie liberté (3).

droit. Do môme, si j’ai un droit sur les choses, elles n'ont pas de droit sur oia personne. Enfin vis-à-vis de mes semblables eux-mêmes, il est des droits oui ne répondent pas à des droits. Je dois être humain, généreux, bienfaisant. Peut-on dire que je commets une inju^ice lorsque je M’exerce pas ces vertus? Celui qui m’a offensé a-l-il le droit de réclamer le pardon comme un droit? Je vois un homme se noyer, il faudrait exposer ma vie ; je ne le fais pas. je suis un lAohe. non un homme injuste. Le domaine du droit est donc plus limité'; que celui de la morale. Il se borne aux relations humaines ou intervient la notion de justice. » (V. Bentham, Tr. de. Législation civile et pénale )

(l) Le plus grand service qu'on puisse rendre a sa patrie et à ses concitoyens est moins de se signaler aux jeux Olympiques et aux autres combats guerriers ou pacifiques, que d’obéir aux lois et ce s’en montrer toute la vie le fidèle serviteur. (Platon, Lois, V.) — Partout où la loi est souveraine et où les magistrats sont les premiers sujets, avec le salut public, je vois 1 assemblage de tous les biens que les Dieux ont jamais déversés sur les Etats. (Tôid.^

fi) Les hommes mussent nus et vivent habillés, comme ils naissent indépendants et vivent sous des lois. Le habits gênent un peu les mouxemonts du corps, mais ils protègent contre les accidents du dehors : les lois gênent les passions, mais elles défendent l’honneur, la vie cl les fortunes. (Rivarol.)

(3) t La liberté que se figuraient les Grecs était une liberté soumise à la loi, c'est-à-dire à la raison même reconnue par tout lo peuple... I-a

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