DE L’ESCLAVAGE
La maxime démontrée, on fera voir que cette soumission, loin d’être une servitude et d’abaisser les âmes, les ennoblit et les élève. Exemples : Socrate restant en prison et refusant d'en sortir pour obéir à la loi qui le condamne même injustement, Régulus, etc.
QUESTION XXII
De l’esclavage. — Réfuter les principaux arguments en faveur de l’esclavage.
PUOOHAMME
L’esclavage, malgré le progrès des idées et des mœurs, conserve encore des partisans. Voici leurs principaux arguments :
1° Argument physiologique. Les esclaves ne sont pas des hommes, ou ils sont d’une race inférieure. La race supérieure doit commander.
2° Argument tiré du droit de la guerre. (V. Aristote, Polit., I.) L’esclave à l’origine fut prisonnier. Il appartient au vainqueur qui lui accorde la vie en échange de la liberté.
3° Argument politique fondé sur la nécessité sociale. Exemple : la société antique ne pouvait subsistersans les esclaves.
4° Argument juridique. Là où la loi a institué l’esclavage, l’esclavage est juste.
o° Argument tiré du droit naturel d'aliénation. L’esclave lui-même s’est donné, ou il a vendu sa liberté.
6° Argument religieux. L’esclavage est une conséquence de la déchéance originelle de l'homme.
7° Argument moral. L’esclave (le nègre) ne sait se gouverner lui-même. 11 est incapable de pourvoira ses besoins. Il est plus heureux de vivre sous un maitre. Celui-ci, dans son propre intérêt, doit le traiter avec humanité.
On réfutera chacun de ces sophismes : 1° L’esclave est un homme. — 2° Le droit de laguerreest le droit de laforce. — 3" Un homme' n’est pas une propriété et ne peut ni se
loi ('tait regardée comme la maîtresse. C’était elle qui établissait les magistrats, qui en réglait le pouvoir et qui enfin cbtuau l®ur mauvaise administration. o (Bot.iuet, Hist. unie., III. v. — Lisez Cicéron, Rép., 1, CXXXIX ; — Platon, Criton, Lois, V ; — Aristote, Polit., III, II.)
MORALE
vendre ni se donner. — 4° La société qui repose sur une injustice est une société mal organisée et doit être changée. — 5° La loi est vaine si elle est injuste. — 6° L'argument religieux est nul et résulte d’une fausse interprétation du dogme. — 7° La charité qui confisque la liberté de l’être moral, sous prétexte de son bonheur, qui anéantit la personne et en fait une chose, est un odieux mensonge. — 8° L’esclavage corrompt à la fois le maître et l'esclave. Il est aussi funeste à l’un qu’à l’autre. — Conclusion. — (Lisez Aristote, Polit. ; Rousseau , Contrat social, liv. Ier, chap. vi ; Montesquieu, Esp. des lois, liv. XV.)
QUESTION XXIII
Le droit de la force et la force do droit.
PROGRAMME
Y a-t-il un droit de la force ? Réfutation de la doctrine qui confond la force avec le droit (Hobbes, etc.). Y a-t-il une force inhérente au droit? Démontrer que le droit, qui est la force morale , seul assure une puissance légitime et durable.
Discussion. 1° On s’attachera à mettre en lumière la distinction des deux idées de force et d o justice comme ayant des caractères opposés aux yeux de la conscience et de la raison humaine. — 2° On réfutera le système qui les identifie. (V. Platon, Gorgias, Rép., l.)Examen desesarguments: La force est la loi universelle des êtres animés; la force gouverne les empires. La force prime le droit; la force indique des qualités supérieures; les meilleurs doivent commander, etc. Distinctions subtiles entre la force intellectuelle ou morale et la force physique. — 3° On montrera que, si la vraie supériorité physique et morale confère des droits, elle y joint des devoirs dont le premier est de respecter la liberté de nos serablablès, de protéger les faibles avant tout, d'agir selon les règles de la plus stricte justice, de ne pas les éluder et les violer en préparant le triomphe de la force par la ruse et les perfidies d’une politique habile et hypocrite. — Ce que vaut l’argument tiré de l’histoire, qui, dit-on, montre que partout et toujours telle a été la conduite des gouver-