‹ Questions de philosophie précédées des règles de la dissertation philosophique et suivies des sujets donnés aux concours, à la licence et au baccalauréat es lettresChapitre 146 sur 192 · DU GOUT · texte numérisé non relu

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fausses ou factices; c’est le premier rôle de la vraie critique en matière d’art et de littérature. '

4° Le second moyen est la comparaison qui , variant et multipliant les expériences, fait voir ce qu’il y a de fixe et de permanent dans les formes de l’art et les jugements du goût aux diverses époques et chez les différents peuples. — Insister sur ces deux méthodes dont l’alliance forme la critique complète appuyée à la fois sur la raison et sur l’histoire.

QUESTION XVH

Examen de la maxime : • On ne peut disputer des aoûts. »

PROGRAMME

Vraie dans une certaine mesure du goût physique, cette maxime l’est-elle également de la faculté qui juge ou discerne le beau? S'il en est ainsi, la critique manque de base comme de règles ; sa tâche se réduit à faire l’histoire des œuvres de l’art et de la littérature. Encore est-il à craindre qu’elle ne se perde dans les détails et ne devienne surtout anecdotique et curieuse. La question a donc une extrême gravité ; c’est le scepticisme littéraire et artistique lui-même qui adopte cette devise. Il importe de montrer qu'il y a quelque chose d’absolu dans les jugements du goût, que tout n’est pas relatif à la manière de sentir et de juger des individus et des peuples, selon les époques, le génie des races, etc. «On peut disputer des goûts, a dit Vauvenargues, et c’est cette maxime qui seule est vraie. Il y a un bon et un mauvais goût. »

— Telle est la thèse à soutenir. On le fera en démontrant les propositions suivantes et en réfutant celles qui leur sont contraires.

1° Si le goût n’est pas une simple forme de la sensibilité, mais la raison elle-même jugeant sur le beau, il n’y a pas lieu de lui faire un sort à part. La raison est la même sous toutes ses formes. On ne peut attaquer l’une sans renverser les autres. La conséquence est le scepticisme absolu. (V. Précis, Scepticisme.)

2* En fait, il y a des principes invariables du goût ou des

règles absolues du beau. Ces règles et ces principes sont indépendants des variations du goût et de la mode, comme des formes de l'art et de la littérature. On le prouvera en citant quelques-uns de ces principes et quelques-unes de ces règles et en faisant voir qu’ils n'ont pas plus varié dans leur essence que les principes métaphysiques et de la science, ou les premières maximes de la morale. — Distinguer ces règles fondamentales des règles particulières ou conventionnelles qui ont dû se prêter à la diversité des genres et des époques, etc.

3» Loin d’être, comme on le dit, au-dessus des règles, le génie les suit toujours, dédaignant seulement les règles étroites et arbitraires.

4° S’il y a une partie relative ou variable dans le goût des peuples et des individus, oette diversité s’explique par les causes physiques, morales et sociales. La critique oonserve encore ses droits même sur cette partie historique; elle reconnaît des changements légitimes, d’autres illégitimes, un bon et un mauvais goût, des progrès et une décadence. Là est le haut intérêt de l’histoire de l’art dont on voudrait à tort bannir la critique (1).

QUESTIONS DIVERSES

I. Que doit-on entendre par vérité dans les œuvres de fart 7 La

vérité est-elle la ressemblance, ou la fidélité de l’imitation? V. Dict. ilessc. phil., article Arts , Hégel, Esthétique, 1. 1. Introd., p. 254.

II. Du réalisme dans l’art. N’v a-t-il pas aussi un faux idéalisme ?

Leur npprécation. Ilégel, Esthétiaue, t. I, p. 126; Sclielling, Écrits philos., Disc., sur les arts au dessin. Ibid. p. 2 ldi.

III. Quel principe doit servir de base à la classification des arts T

V. Hégel, Esthétique, t. III, V. Cousin, du Vrai, du Beau et du Bien.

IV. Quels sont les avantages qui assignent à la poésie le premier

rang parmi les arts T Hégel, t. IV.

V. De l'effet moral de l'art. En quoi il consiste. Explication du mot

d’Aristote sur la tragédie : elle purifie les passions qu’elle excite. ( Poétiq ., VI.) Hégel, Esthétique, t. I, Inlrod., De la Phil. dans i'éduc. classique, p. 160.

VI. Quels sont les principaux caractères qui distinguent l’art antique

et l’art moderne? Hégel, ibid., t. II.

(1) Reid, t. V. pp. 131, 250; — 'Voltaire, Dict. phil,, art. Goût: — le V. André. Essai sur le Beau, 3* dise. ; — Ibid., Dict. des sc. phil,, art. Goût; — Précis, 131, 293, ait).

QUESTIONS DIVERSES 367

VII. La distinction du classique et du romantique est-elle autre chose

que celle des deux grandes époques de l'art T Ibid., t. II.

VIII. Des rapports de l’éloquence et de la poésie : marquer leurs res-

semblances et leurs différences. Hégel, t. IV.

IX. Des rapports de la poésie et de ['histoire. L’historien doit-il être doué d’imagination ? Ibid.

X. Est-il vrai que le génie soit au-dessus des règles ? Hégel, t. II, p. 513.

XL Montrer l’alliance nécessaire de l’imagination et du goût dans les œuvres de l’art.

XII. Est-il vrai que chaque peuple ait son critérium du goût qu’il ap-

plique aux œuvres de l'art et de la littérature ?.Que serait la critique dans cette hypothèse?

XIII. Est-il vrai que la critique littéraire ne soit qu’une sorte d’his-

toire naturelle des œuvres de l’esprit humain ?

XIV. Pourquoi l’étude des œuvres de la littérature ancienne doit-elle

rester la base de l’éducation classique ? V. De la Philosophie dans l'éduc. classique, 2* partie.

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