‹ Questions de philosophie précédées des règles de la dissertation philosophique et suivies des sujets donnés aux concours, à la licence et au baccalauréat es lettresChapitre 149 sur 192 · IMMORTALITÉ DE L’AME · texte numérisé non relu

IMMORTALITÉ DE L’AME

l’ordre moral, peut-on en métaphysique refuser d’admettre une cause première de l’univers qui elle-même possède la causalité libre ? Peut-on expliquer la liberté dans l’homme comme étant l’effet ou le produit de la combinaison dos forces aveugles et fatales de la nature ?

Telle est la question à examiner et à discuter.

1“ Kst-il vrai que la métaphysique doit avoir pour base et pour point de départ la psychologie ?

2“ L’homme étant reconnu être une cause libre, est-il conforme à la raison de lui assigner pour principe une cause aveugle et fatale?

3e Peut-on, niant le principe de causalité, affirmer que la cause libre est le résultat du développement fatal de la cause première ou universelle qui elle-même agit sans conscience et sans liberté? La liberté sort-elle de la nécessité, l’intelligence de ce qui est inintelligent?

4" Que doit-on penser de ces propositionssupposées fausses en logique, mais vraies en métaphysique : « Les contraires sortent des contraires ; la pensée naît de l 'intlincl, la liberté de la fatalité, etc, ?» — Conclure.

QUESTION X

L’immortalité ds l'Ame est-elle une vérité de pur sentiment?

Est-Il vrai que la solence détruise on affaiblisse les preuves

par lesquelles se légitime cette croyance?

ESQUISSE

Il est des vérités sur lesquelles s’appuie notre vie, qui la soutiennent et la remplissent : Dieu, la liberté, l’immortalité de l'âme. L’homme qui n’a vécu que par les sens et pour les jouissances de la vio sensible, s’est fermé tout accès à la connaissance du divin. Celui qui n’a jamais fait un acte de véritable vertu, croira-t-il au renoncement et au sacrifice? croira-t-il même à la liberté s’il est l’esclave de ses passions? De même le sentiment do la vie éternelle ne s'éveillera pas chez celui qui aura négligé de développer en lui-même les nobles penchants par lesquels l’âme s'élève au-dessus de l’existence présente. En ce sens, il est vrai de dire quo l’immortalité de l’âme est une vérité de sentiment et comme d’expérience intime et personnelle.

TH&OblCltE

On peut dire que cetle croyance, qui par sa nature même ne comporte pas une preuve mathématique, est non le résultat d'un froid calcul, mais plutôt l'effet d’une vie de réflexion riche d’expériences morales. Mais est-il vrai que la science n’ait rien à voir avec elle? C’est une grave erreur. La science est très-propre à fortifier en nous cette persuasion, comme à combattre les raisons par lesquelles la science elle-même cherche à démontrer que cette croyance est vaine et ne peut se concilier avec ses progrès ou ses découvertes. C'est ce dont on se convaincra si l’on examine les preuves que la raison donne de l'immortalité.

Elles se ramènent à trois principales : 1° la preuve métaphysique tirée de la nature même de l’ànie ou de sa spiritualité; 2° la preuve fondée sur la nature de ses facultés, sur ses tendances et ses besoins; 3° la preuve morale que fournit la notion de justice ou la sanction des lois morales.

1° La première de ces preuves est celle qu’a fait valoir surtout l’école cartésienne. Depuis, elle a été attaquée et déclarée insuffisante comme ne donnant qu’une simple possibilité, non la réalité d’une survivance du principe pensant. Elle ne garantit pas, dit-on, l’existence personnelle. — Mais cette thèse, loin d’être abandonnée, est aujourd'hui reprise sur le terrain même de la science la plus récente. En effet, tout dépend ici de l’idée qu’on se fait des véritables substances. Or, l’hypothèse leibnitienno des forces a repris faveur auprès des savants les plus distingués. Ses partisans établissent par des raisonnements et des expériences qui ne sont point à dédaigner, que la personnalité est un attribut essentiel du moi, qu'à ce titre elle peut se voiler, s’effacer momentanément, mais ne se perd jamais. En vain le positivisme déclare ces questions insolubles; il ne peut les soustraire à la curiosité humaine, ni surtout prouver qu'aucune substance périsse dans la nature, ni que la personnalité soit un résultat de la combinaison des substances. Il n'est donc pas vrai que la science contredise ici la croyance du genre humain. Elle s’arrête en face d’un mystère; mais elle dépasse ses limites quand elle nie ce qu’il ne lui est pas donné d’expliquer ni de comprendre.

2® La preuve psychologique, celle qui résulte de l'ob

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